Elle est la fille d'Ali el-Bethary[2]. Sa famille est issue de la branche Mahalli des Boutouïa[1] et est l’une des principales familles de la tribu des Boutouïa qui avaient été confédères et alliés de la famille Mérinide de Hammamma-Ibn-Mohammed[3].
Lorsqu'elle était une jeune fille, elle vit en songe la lune se lever de son sein et monter au ciel, d'où elle répandit sa lumière sur toute la terre[4]. Elle raconta aussitôt ce rêve a son père qui s’empressa de se rendre chez le cheikh Abou Othman el-Ouaragly. Celui-ci lui répondit : « Si tu dis vrai, le rêve de cette jeune fille signifie qu’elle enfantera un grand roi, saint juste, qui couvrira ses sujets de bienfaits et de prospérités [2] ». Le fils d’Oum el-Iman l’émir Abu Yusuf Yaqub ben Abd al-Haqq fut effectivement un souverain illustre dans l’histoire du Maroc[2].
Vers 1210, elle épouse l’émir Abou Mohammed Abd al-Haqq[2]. En la donnant en mariage, son père dit à son beau-fils en devenir : « Ma fille est bienheureuse, et elle fera ton bonheur en te donnant un fils qui sera un grand roi qui couvrira ta nation de gloire jusque dans les derniers siècles[2]. » Le couple eut au moins un enfant, l’émir Abu Yusuf Yaqub qui naquit entre 1210 et 1212[2]. Tous les parents d'Oum el-Iman jouissaient d’une haute faveur auprès de son fils le sultan Abou Youcef[3], tant a cause de l’affinité qui existait entre eux et lui que de la grande influence qu’ils exerçaient dans leur tribu[3].
Femme d’une grande piète, elle fit le pèlerinage de la Mecque (le Hajj)[3] en l’an 643 de l'hégire (1245-6)[3] et revint en Maghreb en l’an 647[3]. Cinq années plus tard, elle partit pour l’orient une seconde fois, et fit un pèlerinage de surérogation (Oumra)[3]; puis ayant repris la route de son pays[3], elle mourut au Caire, l’année suivante[3].