Oumm al-walad

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Dans l'Arabie préislamique puis dans la loi islamique, oumm al-walad (en arabe : أم الولد, umm al-walad?, « mère de l'enfant ») est le statut particulier d'une esclave qui a un ou plusieurs enfants de son maître. Il diffère de celui de la femme libre, qui est appelée oumm al-banîn mère des fils ».

Époque de l'Arabie préislamique

Au VIe siècle, les Arabes avaient déjà commencé à attacher une plus grande valeur au mariage, privilégiant des femmes libres et dont les parents sont de bonne naissance. La liberté des unions et des concubinages devint moins grande, alourdissant le statut des enfants issus d'une esclave et du maître. Ces enfants sont généralement appelés du nom de leur mère et la reconnaissance par leur père ne permettait pas toujours un affranchissement. Même affranchis, ils ne restaient pas moins discriminés par leur naissance[1].

Pour la femme, la situation d'esclave était difficile. Une femme capturée après une guerre était plus souvent épouse que concubine, les enfants étaient libres mais avaient le nom de leur mère et pouvaient être discriminés, de sorte que plusieurs femmes prisonnières se mariaient par la suite avec le père de leur enfant. La femme esclave et la femme prisonnière de guerre ayant le statut de concubine sont appelées oumm al-walad, « mère de l'enfant », alors que la femme libre ayant le statut d'épouse est appelée oumm al-banîn, « mère des fils »[1].

Époque mahométane

En théorie, le Coran ne fait pas la distinction entre la prisonnière concubine et la femme esclave, le passage spécialement adressé à Mahomet, prophète de l'islam, les décrit comme des prisonnières de guerre. La position de l'oumm al-walad n'est pas définie, mais aucune tradition ne rapporte une modification de sa position et de celle des enfants par Mahomet. La libération par ce dernier de Marie, l'esclave lui ayant donné son fils Ibrahim, est un cas unique et non un cas général, n'ayant reconnu l'enfant qu'après une longue réflexion.[réf. souhaitée]

Un jour, deux hommes revendiquent la garde d'un enfant : le premier le revendique comme enfant naturel de son frère décédé, qui lui avait demandé de l'éduquer ; le second l'a revendiqué comme le fils légitime de son père décédé et d'une concubine. Malgré la ressemblance avec le frère décédé du premier plaignant, Mahomet a déclaré que « l'enfant appartient au lit [légitime] » (al-walad li 'l-firash)[1].

Époque des califes bien guidés

Selon un hadith d'Abou Dawoud et d'Ibn Hanbal, le calife bien guidé Omar ibn al-Khattâb (r. 634-644) est le premier à décréter qu'après le décès de son maître, une oumm al-walad est affranchie automatiquement et qu'elle ne peut plus être vendue ou donnée à un autre. Il n'est pas clair si le décret précède ou succède à la décision du même qu'une esclave est libre dès la naissance de son enfant. Le décret d'Omar ne calme pas les contestations, comme celle d'Ibn Abbas. Les califes Othmân ibn Affân (644-656) et Ali ibn Abi Talib (656-661) prennent leurs distances de cette décision[1].

Dans le débat, plusieurs sources tentent de faire remonter la décision d'Omar à Mahomet lui-même. Ali affirme au contraire que le prophète de l'islam a approuvé la vente d'une oumm al-walad, et que s'il le souhaite, le maître peut décider son affranchissement, qui doit être considéré par l'oumm al-walad comme un cadeau de mariage. Les compagnon Ibn Saad, Ibn Massoud et Ibn Zubayr estiment que l'esclave devait être affranchie, aux dépens de la part dans la succession revenant à son enfant, qui a toujours et unanimement été présumé libre dans le droit musulman[1].

Malgré les améliorations du statut d'oumm al-walad par le droit musulman, le mépris envers elles et les unions avec le maître persistèrent longtemps. L'égalité absolue des enfants, qu'ils soient nés d'un mariage avec une femme libre ou d'un concubinage, finit par s'établir complètement[1].

Dans le droit musulman

Références

Bibliographie

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