Ours-roi Valemon

From Wikipedia, the free encyclopedia

L'ours-roi Valemon par Theodor Kittelsen.

L’Ours-roi Valemon (en norvégien : Kvitebjørn kong Valemon) est un conte populaire norvégien.

L’artiste peintre August Schneider (1842–1873) a recueilli ce conte auprès de Thore Aslaksdotter (né en 1832), à l’automne 1870. Thore était ouvrière agricole sur le domaine agricole de Dalen, dans le sud d’Austad, à Setesdal[1].

Bien que Peter Asbjørnsen et Jørgen Moe aient déjà publié une variante de ce conte dans leur recueil Norske Folkeeventyr Anden Deel 1844[2], sous le titre « Østenfor sol og vestenfor måne » [3](A l’est du soleil et à l’ouest de la lune), Peter Christen Asbjørnsen choisit néanmoins d’utiliser le texte de Schneider, intitulé « Hvidebjørn Kong Valemon »[4] comme base pour la reproduction du conte dans la « collection unique » (enesamlingen) Norske Folke-Eventyr. Ny Samling (1871).[5]

Le conte est enregistré sous le code 425 dans le système de classification Aarne-Thompson-Uther. Il appartient à la catégorie « contes merveilleux » (contes avec des éléments magiques ou surnaturels).

Résumé

Le conte raconte l’histoire de la fille d’un roi qui conclut un pacte avec un ours polaire (kvitbjørn, hvitbjørn) pour obtenir la couronne d’or dont elle rêve tant. Dans le château de l’ours, elle découvre que l’animal est en réalité un prince charmant ensorcelé. Ils vivent ensemble durant sept ans et ont trois petites filles, que l’ours emmène loin d’elle.

Lorsque la princesse allume une bougie dans l’obscurité pour le voir dans sa forme humaine, elle enfreint un interdit et le prince est contraint de partir afin d’épouser la vieille sorcière troll qui l’a ensorcelé. La fille du roi se lance à sa poursuite et grâce à l’aide qu’elle apporte à trois jeunes filles, des objets magiques et parvient à grimper jusqu’au royaume de la sorcière troll. Avec l’aide de ces quelques objets magiques, elle trompe la sorcière troll et délivre le prince. Ils vainquent les trolls du royaume de la sorcière et vivent heureux avec leurs trois enfants, qui étaient en réalité les jeunes filles ayant aidé la princesse tout au long de son périple.

Le récit en détails

La plus jeune des filles du roi était à la recherche d’une magnifique couronne d’or qu’elle avait vu en rêve mais aucun orfèvre dans tout le royaume n’était capable de la réaliser.

Mais un jour, la fille du roi apperçu un ours blanc dans la forêt qui jouait avec une telle couronne. L’ours, Valemon, ne voulait la lui donner qu’en échange d’une promesse : celle de le suivre dans son château. Malgré les protestations de sa famille, la jeune princesse était déterminée à obtenir la couronne et accepta d’en payer le prix. L’ours Valemon l’emmena alors dans sa demeure.

La nuit, Valemon se transformait en homme mais retrouvait sa forme d’ours au petit matin. Ils devaient dormir dans l’obscurité car Valemon ne permettait à personne de le voir sous sa forme humaine. En sept ans passées au château, la fille du roi donna naissance à trois filles qui furent toutes emmenées loin d’elle.

Après quelque temps, la princesse commença à avoir le mal du pays et Valemon l’autorisa à rentrer chez elle pour un court séjour en lui conseillant d’écouter son père, mais non sa mère. La reine interrogea sa fille sur son époux et la renvoya là-bas avec une bougie afin qu’elle puisse découvrir l’identité de celui avec qui elle partageait sa couche.

La fille du roi rentra au château de Valemon et, pendant la nuit, alluma la bougie et vit un beau prince endormi à ses côtés. Une goutte de suif tomba sur le front du prince et le réveilla. Avec tristesse, il lui révéla son histoire :

Valemon est un roi ensorcelé, transformé en ours blanc par une sorcière le punissant pour avoir refusé de l’épouser. Si personne ne le voyait sous sa forme humaine pendant sept ans, alors le sort serait rompu. Mais si quelqu’un le voit sous sa forme humaine, alors il devra épouser la sorcière. Or, il ne reste maintenant plus qu’un mois avant la fin de cette période de sept ans, plus qu’un mois à vivre sous cette malédiction.

Hélas, la fille du roi avait suivi le conseil de la reine, sa mère, et Valemon était désormais lié à la sorcière. Il quitta la princesse désespérée, qui se lança à sa poursuite.

En chemin, elle aida jeunes petites filles qui vivaient chacune chez une femme dans la forêt et reçu chaque fois, récompense, des objets magiques (un tissu, des ciseaux, une fiole et des griffes). Grâce à ces objets, elle parvint finalement au château de la sorcière, au sommet d’une montagne. La princesse supplia la sorcière de pouvoir rencontrer Valemon une dernière fois et la sorcière accepta à condition que la princesse accomplisse une épreuve. En tout, la princesse devait réussir trois épreuves et obtiendrait à chaque fois une nuit avec le prince en récompense. Mais la sorcière administrait au prince un breuvage soporifique, rendant impossible quelconque tentative de libération de la part de la princesse. La veille de la dernière nuit, la princesse parvient à avertir Valemon de la potion ensorcelée qui l’endormait et ensemble, ils tendirent un piège à la sorcière et à ses comparses sur le pont du château.

Le plan fonctionna : la sorcière et les autres trolls tombèrent du pont et périrent. La fille du roi et Valemon rentrèrent chez eux avec autant d’or et de merveilles qu’ils pouvaient en transporter. Valemon rend ensuite visite aux trois jeunes filles que la princesse avait aidées auparavant et qui se révèlent être leurs propres filles. Elles avaient vécu cachée chez ces vieilles femmes dans la forêt pour échapper à la sorcière. Tous cinq regagnèrent le château du roi Valemon, qui reprit alors sa dignité royale, et ils célébrèrent leurs noces avec faste et allégresse.

Variantes anciennes

Ce motif est connu depuis l’Antiquité où il apparaît dans le récit de Cupidon et Psyché qui figure dans le roman L'Âne d'or, datant du IIe siècle[réf. nécessaire].

Versions récentes

Le conte d’un ours polaire ensorcelé, ou de la bête et d’une jeune princesse, a connu de nombreuses versions et adaptations différentes.

L’écrivain français Jean Cocteau (1889-1963) s’en inspira pour réaliser son film La Belle et la Bête (1946) tandis que The Walt Disney Company produisit le film d’animation La Belle et la Bête (The Beauty and the Beast) en 1991, fondé sur la même tradition française de ce conte.

L’histoire fut également adaptée au cinéma en 1991 avec un scénario d’Erik Borge et réalisé par Ola Solum.

En 2024 est sorti le film d’animation Kvitebjørn – Østenfor sol og vestenfor måne, réalisé par Mikkel Brænne Sandemose d’après un scénario de Maja Lunde et les illustrations de Hans Jørgen Sandnes, issues de leur bande dessinée sortie en 2022.

Le tableau de Kittelsen

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI