Outreau, l'autre vérité
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| Réalisation | Serge Garde |
|---|---|
| Sociétés de production | Bernard de La Villardière, Ligne de Front |
| Pays de production |
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| Genre | Documentaire |
| Durée | 92 minutes |
| Sortie | 2013 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Outreau, l'autre vérité est un documentaire français réalisé par Serge Garde, sorti en France le et qui traite de l'affaire d'Outreau.
Le documentaire Outreau, l'autre vérité est financé à 70 % par l'association Innocence en danger[1]. Sous-titré Entre la défense et la vérité, il peut y avoir un fossé, ce film de Serge Garde revient sur l’épisode judiciaire d’Outreau, qui s'inscrit dans la préoccupation de l'auteur à l'égard des victimes de la pédophilie. Le film qui recueille des témoignages de plusieurs protagonistes de l'affaire — en excluant les avocats de la défense[2] — vise à montrer qu'Outreau et ses dysfonctionnements sont d’abord une injustice faite aux enfants. Critiquant le rôle des médias, il se veut « un décryptage d’une manipulation de l’opinion publique » et suggère que l’affaire a fait l’objet d’une « instrumentalisation par le pouvoir politique dans le but de supprimer la fonction de juge d’instruction ». Il voudrait « inciter les acteurs de la justice et les journalistes à réfléchir sur les effets pervers de la médiatisation lorsqu’elle condamne les victimes au silence ». Le documentaire critique également le travail des avocats de la défense, leur nombre et l'influence qu'ils ont eue auprès des médias. Ce film, qui inclut le point de vue des victimes, tient son titre du fait que si la vérité judiciaire s'applique aux adultes acquittés, elle se doit aussi d'être appliquée aux enfants qui ont été reconnus par la justice victimes de viols, abus sexuels et proxénétisme. L'expression « Autre vérité » marque ce double aspect[3][source insuffisante], Serge Garde se gardant bien de se prononcer sur l'innocence ou la culpabilité des personnes acquittées[n 1], contrairement à d'autres[n 2] qui affirment la culpabilité.
Le film contient notamment des entretiens avec l'expert judiciaire Marie-Christine Gryson-Dejehansart, dont le travail d'expertise a été mis en cause lors du procès en appel de 2005, et auteur en 2009 du livre Outreau, la vérité abusée, 12 enfants reconnus victimes (mentionné dans le générique du film, au côté du livre de Serge Garde et Chérif Delay Je suis debout). Maintenant sa position, celle-ci critique à son tour le rôle des avocats de la défense, et met en avant la faiblesse des enfants devant témoigner. Le film interviewe également[4] le juge Fabrice Burgaud, qualifié dans la bande-annonce de « bouc émissaire », l'ancien membre du Conseil constitutionnel Pierre Joxe, l'ancien magistrat Michel Gasteau, qui revient sur le renversement des rôles survenu lors du premier procès d'Outreau à Saint-Omer — les enfants, victimes, sont dans le box des accusés, et les accusés mis dans le public, pour une question de place[5] —, l'avocate de Myriam Badaoui, Pascale Pouille Deldicque, qui affirme que ses confrères de la défense ont « par leurs effets de manches, déstabilisé les enfants », et le journaliste du Point Jean-Michel Décugis, qui « explique comment le pouvoir politique se serait servi de l'affaire d'Outreau pour essayer de remettre en cause la légitimité du juge d'instruction, jugé trop indépendant dans certaines affaires politico-financières sensibles »[6].