Ouvrez
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| Ouvrez | |
| Auteur | Nathalie Sarraute |
|---|---|
| Genre | Roman |
| Éditeur | Éditions Gallimard |
| Date de parution | 1997 |
| Nombre de pages | 150 |
| ISBN | 2070411095 |
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Ouvrez est un roman de Nathalie Sarraute paru en 1997. Chacun de ses quinze chapitres forme une unité autonome, à l'image d'une nouvelle, mais le fonctionnement de l'univers imaginé par Sarraute se précise au fil du livre.
Comme dans Tropismes et dans « disent les imbéciles... » l'autrice décrit les effets des insultes, des phrases toutes faites et des mots-étiquettes sur la psyché des interlocuteurs. L'originalité de cette œuvre, comparée aux deux autres, tient à ce que Nathalie Sarraute, en focalisation externe, montre les débats et les négociations que tiennent à chaque instant les phrases dans la tête de celui ou celle qui voudrait les prononcer.
Dernière œuvre de l'autrice, elle est absente de ses Œuvres complètes établies en 1996 par la Bibliothèque de la Pléiade. L'œuvre sera ensuite ajoutée à l'occasion d'une réédition en 2011.
L'incipit, qui ne constitue pas un chapitre, explique en quelques lignes le concept simple qui donne naissance aux situations développées dans chacun des chapitres.
« Des mots, des êtres vivants parfaitement autonomes, sont les protagonistes de chacun de ces drames. Dès que viennent des mots du dehors, une paroi est dressée. Seuls les mots capables de recevoir convenablement les visiteurs restent de ce côté. Tous les autres s'en vont et sont pour plus de sûreté enfermés derrière la paroi. Mais la paroi est transparente et les exclus observent à travers elle. Par moments, ce qu'ils voient leur donne envie d'intervenir, ils n'y tiennent plus, ils appellent... Ouvrez. »
Résumé
À l'exception de l'incipit, le texte est dépouillé de toute description et n'est constitué que d'un long dialogue dont les interlocuteurs ne sont pas nommés. La plupart des interlocuteurs, placés du côté de la paroi qui les empêche d'être prononcés, n'ont qu'un rôle de spectateurs, et décrivent avec étonnement ou amusement les réactions des phrases qui, restées du bon côté de la paroi, doivent faire preuve d'habileté et de patience pour accueillir les mots nouveaux, réagir à la trivialité ou à l'agressivité d'un interlocuteur, ne pas céder à la tentation d'ouvrir la paroi à chaque occasion.
Souvent, les phrases que la paroi empêche de venir à la parole tentent de convaincre les phrases du bon côté de la paroi, les « saints », de les laisser sortir. Ils supplient, martèlent la paroi, tempèrent leur pouvoir dévastateur en s'adjoignant des termes plus modérés, comme « je crois », ou « pardon, mais ».
