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Oyaricoulet

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Les Indiens Oyaricoulets, également connus sous le nom d'Akurios, pourraient être les descendants de la tribu des Amicouanes qui peuplaient au XVIIIe siècle une partie méridionale de la Guyane[1].

D'une taille supérieure à celle des Indiens et du fait de leur peau pâle, les Oyaricoulets ont été surnommés les "Indiens blonds aux yeux bleus", ou encore les "Indiens longues oreilles" parce qu'ils allongeaient leurs lobes au moyen de pendants progressivement alourdis[2]. Ces Indiens, que l'on disait cannibales, étaient réputés pour leur férocité, n'acceptant aucune violation de leurs territoires et refusant tout contact avec l'extérieur, y compris les Indiens. La prononciation de leur nom suffisait à terroriser les habitants du sud-ouest de la Guyane.

Ne connaissant pas le tissage, les hommes ne portaient pour tout vêtement qu'un pagne d'écorces battues, et les femmes un cache sexe en graines. Ils ignoraient également la vannerie et n'utilisaient pas de canots. Ils ne possédaient aucun outil en métal, et n'étaient équipés que de haches de pierre et d'arcs et flèches. Géophages, pour compenser les carences en sels minéraux, ne cultivant aucune plante, ils se nourrissaient de gibier et de la cueillette de fruits et baies sauvages. Ils se déplaçaient sans cesse à l'intérieur de la forêt, dormant dans de petits hamacs en fibre végétale ou à même le sol, sous des abris de branches recouvertes de feuilles[3].

Ils ont été localisés au XIXe et XXe siècles essentiellement au sud-est du Surinam, sur les affluents de la rive gauche de l'Itany, les rivières Oulémali, Loué (ou Aroué), Coulé-Coulé, Ouaramapane. La crique Oyaricoulet, également située sur la rive gauche l'Itany, donc au Surinam, renvoie au mythe ou à l’histoire de cette communauté indienne éponyme. Fin du XIXe, Henri Coudreau signalait leur présence près du Canal des Hollandais[1]:

Depuis qu’ils ont fait fuir les Trios, les Oyaricoulets occupent tout le versant occidental, inférieur et moyen de l’Itany : Oulemary, Aroué et tous les affluents de gauche intermédiaires depuis Laoua Mofou Tabiki jusqu'à Grand Soura. [...] Un peu plus haut, le canal des Hollandais, bras de la rivière récemment élargi. Quand il était plus étroit, on y trouvait fréquemment embusqués, des canots Oyaricoulets qui guettaient au passage Boni et Roucouyennes.

Contacts

Dans les archives, on ne trouve aucune allusion à leur existence avant 1840 et le conflit qui les opposa aux Noirs Boni, faisant plusieurs victimes de part et d'autre.

En 1903, un groupe d’orpailleurs avait surpris un village d'environ 150 Oyaricoulets, situé sur la crique Pikin Fity (affluent de l'Oulémali), l’avait attaqué et fait fuir ses occupants. Les orpailleurs avaient ensuite brûlé les huttes et ramené comme butin un jeune Indien de 9 ans qui fût baptisé et scolarisé à Saint-Laurent du Maroni sous le nom de James Reynald. Ce dernier mourut de la grippe espagnole et repose au cimetière de Saint-Laurent du Maroni[4].

Dans les années 1920, l'amiral hollandais Kaiser, en exploration dans le sud du Surinam, raconte avoir trouvé sur un sentier en forêt une flèche avec la pointe fichée en terre, ce qui signifierait "zone interdite". Ayant déposé à cet endroit des cadeaux et s'étant retiré, il constata le lendemain que les cadeaux avaient disparu et que la flèche était plantée dans l'autre sens, la pointe en l'air. Des Indiens apparurent en faisant de grands signes mais refusèrent de se laisser approcher. L'explorateur n'insista pas et fit demi-tour[2].

Malgré plusieurs expéditions, dont une menée en 1938 sur les affluents surinamiens de l'Itany[5], menées par les Hollandais avant l'indépendance de la colonie, aucun témoignage crédible ne fut recueilli. De rares Indiens Wayana affirmèrent les avoir rencontrés ; l'un d'eux, Yanamalé, fit part en 1952 de ses souvenirs à l'explorateur Francis Mazière[3].

En 1968, André Cognat (Antecume de son nom indien), accompagné de quelques Indiens Wayana, parvint à les rencontrer. Isolés dans la forêt, non loin de la rivière Ouaramapane (affluant de l'Itany, au Surinam), une vingtaine d'Oyaricoulets vivaient, en nomades, dans un campement de huttes très sommaires. Ce premier contact, pacifique, était néanmoins très tendu. Deux mois plus tard, André Cognat retrouva la moitié du groupe sous l'emprise d'Indiens Trios, convertis et chargés de les évangéliser. Les missionnaires évangélistes américains, basés sur la rive gauche du Haut-Itany au Surinam, les ramenèrent dans leur base pour les convertir. Finalement, les derniers membres de cette tribu disparurent, décimés par les maladies contre lesquelles ils n'étaient pas immunisés[6].

Nul ne sait aujourd'hui si un ou des groupes d'Oyaricoulets survivent, isolés, dans la forêt encore inexplorée qui borde les deux rives du Haut-Itany. En 1952, on estimait leur nombre à 200[3]. Edgar Maufrais, jusqu'à sa mort, resta persuadé que son fils Raymond, disparu en 1950 dans le centre de la Guyane, avait été emmené et gardé prisonnier par des Indiens Oyaricoulets[7].

Dénominations

Leur nom pourrait signifier "les Indiens Oyaris de la rivière Coulé-Coulé"[4]. L'orthographe des Indiens Oyaricoulets varie selon les auteurs: Oyacoulets, Oayakulé, Oyacoulé, Oryacoulets, Arycoulets.

Les Oyaricoulets sont également appelés : Akurio, Akoerio, Akuliyo (ce qui signifie Hommes Agoutis), Akuri, Akurio, Akurijo, Akuriyo, Triometesem (ce qui signifie Ami des Trios, la langue de ces deux groupes étant très proche), Triometesen, Wama, Wayaricuri.

Légendes

Le portrait dépeint de ces Indiens "sauvages" au XIXe siècle est assez pittoresque :

La tradition veut qu'ils aient de grandes oreilles, semblables à celles des ânes, des pieds d'une longueur démesurée, une musculature surhumaine, des arcs gros comme le bras, [...]. Les Oyaricoulets ont la haine de l'étranger et le sacrifient sans pitié. Ils s'élèveraient, dit-on, dans les arbres avec une agilité de quadrumanes, seraient totalement nus et extrêmement velus par nature, contrairement aux autres Indiens qui ont le système pileux très peu développé. Ils dédaignent de se peindre au roucou et paraissent avoir la peau blanche. Leur regard a la fixité du vautour et leur nez est long et crochu comme le bec des gros aras[8]. Ils sont encore à l'âge de la pierre, ne savent point confectionner de canots et naviguer. Ce sont des brutes absolument féroces ; aussi, malheur à quiconque s'aventure dans leur région[9].

La peau blanchâtre des Oyaricoulets était peut-être due au fait que, restant toujours confinés au sein de la forêt vierge et évitant les rivières, ils n'étaient que très rarement exposés au soleil. D'autres ont pensé qu'ils étaient des descendants de colons hollandais métissés avec des Indiens. Parmi les rumeurs, les histoires fantastiques et les légendes, voici l'une des plus originales[10] : un explorateur, dénommé Patrice, à la fin du XIXe siècle, s'aventura avec sa jeune femme - ou sa secrétaire, selon d'autres sources - sur le terrain de chasse des Oyaricoulets et furent capturés. Pour avoir la vie sauve, l’homme aurait offert sa compagne, blonde aux yeux bleus, comme ‘épouse sacrée’ au chef de la tribu. Revenu seul, il déclara qu'elle avait succombé à la malaria ; ainsi naquit cette légende d'une descendance de métis au teint pâle[11].

Témoignages

Bibliographie

Références

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