Oïdium du chêne
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L’oïdium du chêne est une maladie cryptogamique foliaire affectant surtout les chênes blancs. C'est un des principaux parasites du chêne. Il infecte de très nombreuses espèces du genre chêne. Cette maladie est provoquée en Europe par plusieurs champignons ascomycètes. Les plus communs sont Erysiphe alphitoides et Erysiphe quercicola[1]. Phyllactinia guttata et Erysiphe hypophylla sont beaucoup moins fréquents. Une hypothèse concernant l'apparition de la maladie veut que les formes d'Erysiphales responsables de la maladie aient été introduites en Europe au début du XXe siècle.
Bien que des symptômes d’oïdium sur chênes aient été décrits en Suisse, au Portugal et en Italie précédemment, la maladie apparaît de façon épidémique en Europe en 1907[2],[3]. À partir de 1908, la maladie se propage rapidement en Europe puis sur les autres continents. Il semble actuellement que le champignon présente une aire de distribution mondiale recouvrant totalement celle de ses hôtes[4].
Deux hypothèses majeures ont été formulées quant à l'origine de la maladie :
- la première se basant sur l’introduction d’une espèce parasite exotique, conçue par analogie avec l’apparition d’autres maladies d’origine nord-américaine comme l’oïdium de la vigne[1]. Il semble pourtant que les chênes américains soient peu sensibles, voire résistants, à l’oïdium européen.
- la seconde sur l’augmentation de l’agressivité d’une espèce indigène, originellement non pathogène du chêne, qui aurait ainsi pu s’adapter à un nouvel hôte. soutenue par le fait que les organismes responsables de la maladie chez le chêne semblent être capables d’infecter d’autres arbres comme le châtaignier (Castanea sativa et Castanea crenata) ou des espèces comme les pivoines arbustives (Paeonia lutea)[5].
Taxinomie
L’oïdium du chêne est provoqué par plusieurs champignons.
- Classe : Leotiomycètes
- Ordre : Erysiphales
- Famille : Erysiphacées[6]
- Genre : Erysiphe (le plus commun)
- Espèce : Erysiphe alphitoides, Erysiphe quercicola, Erysiphe hypophylla
La classification des Erysiphales reste encore très discutée et peu claire.
Symptomatologie

La maladie se manifeste principalement par des taches blanches, poudreuses à la surface des feuilles. On peut également observer un mycélium assez diffus à la loupe binoculaire ou même parfois à l'œil nu. Les champignons responsables de l'oïdium du chêne sont des parasites biotrophes. L’infection par ces champignons entraine :
- une diminution du taux de carbone dans les feuilles oïdiées,
- une diminution du taux d’azote de toutes les feuilles des plants infectés,
- une réduction de 15 à 30 % de la conductance stomatique (selon le niveau d’infection des feuilles),
- une réduction de l’assimilation de CO2,
- une réduction de la capacité photosynthétique (en termes de quantité de réaction), du fait d’une réduction des flux d’électrons et de la vitesse maximale de carboxylation,
En cas d’infection sévère et précoce on peut observer des nécroses sur la feuille[7].
L’hypothèse d’une détérioration de la chlorophylle par le pathogène a été émise, elle est soutenue par la démonstration que des chênes mutants déficients en chlorophylle sont plus résistants à l’oïdium du chêne[8].