Padroado

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Padroado (mot portugais pour Patronage) était un arrangement complexe de droits et obligations concédés, ou formellement imposés, par les papes aux souverains et royaumes du Portugal et d’Espagne (le Patronado) pour promouvoir et coordonner l’évangélisation des territoires nouvellement découverts et colonisés.

Progressivement en vigueur à partir du XVIe siècle, l’Église catholique y mit fin effectivement au XIXe siècle. Formellement, le Portugal accepta sa disparition seulement au XXe siècle.

Les origines anciennes du Padroado remontent au XVe siècle lorsque, après la suppression de l’ordre du Temple, ses biens sont transférés à un ordre portugais de substitution, l’ordre de la « Militia Christi » (en 1319) chargé de lutter contre les Maures.

En 1415, la prise de Ceuta par les chevaliers de l'ordre sous le commandement de Henri le Navigateur est suivie de l’érection du diocèse du même nom en 1417 par Martin V. On ne parle pas encore de Padroado mais la création d’une première structure ecclésiastique suit de près le début de l’aventure coloniale portugaise.

Expansion

La bulle Dum diversas de Nicolas V (1452) est plus explicite : puisque le roi Alphonse V de Portugal a entrepris la conquête de l’Afrique pour la gloire de Dieu et que son intention est de conduire à la foi chrétienne les ennemis du christianisme il obtient pour lui-même et ses successeurs le droit de propriété sur les terres païennes et musulmanes. Ce droit est confirmé et étendu à l’Asie méridionale et orientale par le même pape, le (bulle Romanus pontifex).

Premières juridictions

Lorsque la Guinée est conquise par Henri le Navigateur, juridiction ecclésiastique est accordée par Calixte III, à la Militia Christi sur toute la région conquise et à conquérir tout le long de la côte africaine (1456).

Léon X, le , soumet à la 'Militia Christi' la juridiction ecclésiastique de toutes les terres conquises depuis la précédente bulle, et peu après érige un premier diocèse colonial, à Funchal, ville principale des îles Madère (). De Funchal, premier diocèse géré sous le régime de Padroado, dépendent ecclésiastiquement tous les territoires conquis au sud de la Mauritanie, du Brésil à l’Inde et la Chine. Le roi du Portugal en est le « patron » et protecteur par la bulle Praecelsae devotionis () de Léon X.

Définition des principes

Lorsque Goa est détaché de Funchal et érigé en diocèse (pour toute l’Asie), pour la première fois les droits et devoirs du Padroado sont explicités. Dans la bulle d’érection Aequum reputamus du , Paul III écrit :

  1. le roi a l’obligation de construire et d’entretenir les églises, couvents et oratoires pour ce qui concerne le ministère des âmes ;
  2. il a le droit de présenter des candidats aux bénéfices ecclésiastiques ;
  3. il prend en charge les frais du culte et soutient financièrement tous ceux qui y sont employés, de l’évêque au sacristain ;
  4. il fournit un nombre suffisant de prêtres pour le service divin et le ministère pastoral (avec monopole missionnaire).

Il en sera ainsi, grosso modo, pour les diocèses du Padroado créés par après. L’évangélisation des non-chrétiens n’est pas explicitement mentionnée mais il est probable que, la propagation de la foi était considérée comme une obligation quasi naturelle de toute conquête. L’exacte extension territoriale de la juridiction est souvent débattue mais jamais réglée. Les missionnaires travaillant dans les royaumes indigènes voisins sont-ils également sous la juridiction du Padroado ?

Lorsque les diocèses de Cochin et Malacca sont érigés en 1558 (et faits suffragants de Goa), Paul IV laisse au roi du Portugal le soin d’en délimiter les frontières. Le pouvoir du Padroado est encore élargi. Aucun changement ne peut être introduit dans l’organisation religieuse des nouveaux territoires, aucun prêtre ne peut y être admis, sans le consentement du roi. Le Padroado est ainsi arrivé à son développement ultime. Les nombreux diocèses créés par la suite le seront suivant les mêmes principes.

Histoire

Le « Patronato » espagnol

Voir aussi

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