Pagode Daqin

From Wikipedia, the free encyclopedia

La Pagode Daqin (chinois simplifié : 大秦塔), que l'on peut traduire littéralement par Tour romaine, est une pagode bouddhiste du VIIe siècle située dans le Xian de Zhouzhi, à Xi'an (anciennement Chang'an), dans la province du Shaanxi[1], en Chine, à environ deux kilomètres à l'ouest du temple de Louguantai. Des chercheurs pense que cette pagode aurait appartenu à l'Église nestorienne Chinoise dès la Dynastie Tang[2], mais aucune preuve concluante n'est venue étayer cette hypothèse[2],[3].

La Pagode Daqin en 2003.

Étymologie

Daqin ou Da Qin (chinois : 大秦 ; EFEO : Ta Ts'in) est le nom chinois utilisé jusqu'au XVIe siècle pour désigner l’Empire romain ou, selon le contexte, le Proche-Orient ou la Syrie[4]

Histoire

La pagode Daqin est mentionnée pour la première fois en 1065, lorsque le poète chinois Su Dongpo s'y rend et écrit un poème célèbre à son sujet, intitulé «Le temple de Daqin». Son frère cadet, Su Zhe, rédige également un poème qui fait «écho» à celui de son ainé et parlant des moines du temple. Un tremblement de terre endommage gravement la pagode en 1556, qui est abandonnée. À cause de ce séisme, de nombreuses chambres souterraines du complexe ne sont plus accessibles.

Apparence

Cette pagode en brique de forme octogonale et haute de sept étages mesure environ 34 mètres de haut. Chaque côté du premier étage mesure 4,3 mètres[1].

Hypothèse du temple Chrétien

La pagode Daqin reçois la visite de Mgr Mar Awa Royel, évêque de l’Église assyrienne d’Orient, en 2012, dans le cadre d’une visite faisant suite à celle effectuée en Chine en 2010, à l’invitation de la Jingjiao Fellowship et de son directeur, M. David Tam[5].

Dans son livre controversé intitulé "The Jesus Sutras" paru en 2001, Martin Palmer, traducteur de plusieurs ouvrages populaires sur la sinologie, notamment le Zhuangzi et le I Ching, présente la pagode comme un monument lié à une forme de christianisme et datant de la dynastie Tang, Selon Palmer, l'église et le monastère ont été construits en 640 par les premiers missionnaires de l'Église nestorienne. Daqin est le nom donné à l'Empire romain par les autorité chinoises dans les documents en langue chinoise, suite aux premiers contacts des Ier et IIe siècles[6]; et au milieu du IXe siècle, ce terme est également utilisé pour désigner les églises missionnaires des chrétiens syriaques[4].

Les partisans des thèses de Palmer mettent en avant des détails suggérant que le monastère était autrefois une église chrétienne, notamment une représentation supposée de Jonas devant les murs de Ninive, une crèche (représentation de la naissance de Jésus) et des graffitis en syriaque. L'orientation vers l'est du complexe est également avancée comme preuve de son origine chrétienne, car les temples taoïstes et bouddhistes chinois sont orientés vers le nord ou le sud[7].

Les affirmations de Palmer, susceptibles de stimuler le secteur touristique de la région, ont été largement relayées par les autorités locales, mais ont également reçu l'approbation d'universitaires chinois. L'extérieur de la pagode et ses environs ont été présentés dans le premier épisode d'une l'émission de la BBC de 2009 intitulée "A History of Christianity"[8]. L'émission comprend également une interview de Palmer réalisée par le présentateur, le professeur Diarmaid MacCulloch.

Malgré la publicité dont elles ont fait l'objet, les affirmations de Palmer sont controversées. Ainsi, Michael Keevak, auteur de *The Story of a Stele*, et David Wilmshurst, auteur de *The Martyred Church: A History of the Church of the East*, rejettent totalement cette théorie[9].

James Morris, de l'université de St Andrews, déclare à propos de la pagode que « tant qu'une analyse archéologique plus détaillée du site n'aura pas été entreprise [...] nous devons nous contenter d'affirmer qu'il n'existe aucun vestige archéologique direct prouvant la présence du christianisme pendant la période Tang[3]. »

Voir également

Notes

Bibliographie

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI