Pain d'abeille

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Pain d'abeille multicolore sur un rayon de couvain au sein d'une ruche d'Abeille mellifère.

Le pain d'abeille est un mélange de pelotes de pollen, de nectar et de ferments lactiques qui sert de nourriture de base aux larves des abeilles sociales et solitaires de la super-famille des Apoidea.

Alors que le nectar est la fraction glucidique de la ration alimentaire, le pollen contient des vitamines et des acides aminés qui couvrent les apports protéiniques des larves. Le pain d'abeille une fois fermenté en une quinzaine de jours comporte moins de protéines que le pollen, mais est plus facilement assimilable[1]. En plus du nectar et du pollen, le pain d'abeille contient des sécrétions glandulaires qui contribuent elles-aussi à la nourriture des larves ainsi qu'à la conservation de l'aliment[2].

Deux grands types d'utilisation du pain d'abeille pour nourrir le couvain se dessinent : l'alimentation progressive chez les abeilles sociales et l'approvisionnement en masse chez les abeilles solitaires.

En apiculture, sa production, son utilisation et sa consommation restent marginale en Europe de l'Ouest alors qu'elles se sont développées en Europe de l'Est.

Chez l'Abeille mellifère

Pots de stockage de pain d'abeille et de miel (en brun foncé) à côté des cellules de couvain (en brun clair) chez la Mélipone Melipona quadrifasciata.

Certaines abeilles nourrissent progressivement leurs larves en croissance, à intervalles réguliers et stockent le pain d'abeille avant transfert aux larves. Les seules à avoir ce comportement sont les espèces d'Apis (les abeilles à miel à proprement dit) dont le stockage se fait dans des cellules ressemblant beaucoup aux cellules de couvain des ouvrières ; la plupart des espèces d'Allodapini, qui ne fabriquent pas de cellules et dont le pain d'abeille est stocké sur les parois des terriers de nidification alors que le nectar est stocké en grosses gouttes sur le corps des larves ; les Bourdons et les Mélipones qui stockent le pain d'abeille dans des pots différents des cellules de couvain, ceux des Bourdons étant généralement fabriqués à partir des anciennes cellules de couvain[2].

Chez l'Abeille mellifère, les butineuses récoltent le pollen à l'aide de leur langue, des poils de leur corps, des peignes et des brosses des pattes. Humectés avec la salive et le nectar, les grains de pollen sont tassés en pelotes sur les pattes postérieures, dans les corbeilles à pollen. Ces butineuses rapportent à la ruche les pelotes qu'elles déchargent dans des alvéoles à demi remplies généralement à proximité du couvain. Les nourrices les enduisent ensuite de nectar régurgité, de salive et de sécrétions glandulaires puis tassent le tout avec leur tête. Enfin, les alvéoles ne sont pas operculées avec une fine couche de cire comme pour le miel, mais recouvertes par une fine pellicule de miel[3],[4].

Les conditions anaérobique ainsi créées combinées à l'ensemencement par des ferments lactiques et des bactéricides produits par les enzymes issus des régurgitations des abeilles, le tout dans la température ambiante haute et stable de la ruche (36,5°C), aboutissent à la fermentation lactique du mélange pollen-nectar qui permet différentes modifications chimiques : le pH du pollen baisse aux environs de 4, ce qui permet sa conservation pluriannuelle ; le développement des bactéries pathogènes est stabilisé, ce qui interdit la décomposition du pain d'abeille et l'intoxication des larves ; le pouvoir germinatif du pollen est arrêté ; les sucres du nectar sont transformés en acide lactique ; la quantité de vitamine K augmente ; l'exine et l'intine conservent leur forme originale ; les protéines sont hydrolysées en acides aminés et la digestibilité du pollen est améliorée. L'ensemble du processus est complété au bout de quinze jours en moyenne[5],[4].

Chez les Bourdons

Les Bourdons présentent deux stratégies d'alimentation distinctes qui varient avec la saison, la caste et l'espèce[6] :

  • le type magasinier, où le pain d'abeille est stocké séparément dans d'anciennes cellules de couvain transformées en pots. Chaque larve y est nourrie progressivement une à une avec soin. La taille des adultes une fois émergés est homogène. C'est le cas du Bourdon terrestre.
  • le type meunier, où le pollen frais est déchargé dans un pot collectif qui est en contact direct avec plusieurs larves par l'intermédiaire d'une trémie qui passe en dessous du couvain. Le pollen n'est alors pas fermenté et les larves se nourrissent collectivement sans gestion individuelle de la part des ouvrières, les larves les plus près du pot de stockage étant mieux nourries que les plus éloignées. La taille des adultes une fois émergés est hétérogène.

Approvisionnement en masse

Usages en apiculture

Notes et références

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