Palais de justice de Colmar
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Destination initiale | |
|---|---|
| Destination actuelle |
Cour d'appel |
| Style | |
| Architecte |
Kuder et Müller |
| Construction | |
| Propriétaire |
État |
| Patrimonialité |
| Subdivision administrative | |
|---|---|
| Commune | |
| Adresse |
| Coordonnées |
|---|
Le palais de justice de Colmar est un bâtiment construit entre 1902 et 1906 par les architectes Richard Kuder et Joseph Müller pour abriter l’Oberlandesgericht, la cour de justice du Reichsland Elsaß-Lothringen. Après le rattachement de l’Alsace à la France à la suite de la Première Guerre mondiale, le bâtiment devient le siège de la cour d’appel de Colmar.
Contexte
Les instances judiciaires dont la juridiction s’étend sur toute l’Alsace ont depuis le XVIIe siècle leur siège à Colmar, plus précisément place du Marché-aux-Fruits. C’est ainsi le cas du Conseil souverain d’Alsace à l’époque moderne, des cours impériales des premier et second Empires, des cours royales des première et seconde Restaurations, de la cour d’appel pendant la deuxième République et enfin de l’Oberlandesgericht après la conquête de l’Alsace par la Prusse en 1871[1].
Néanmoins, le bâtiment situé au centre-ville de Colmar, qui remonte au Moyen Âge, est inadéquat depuis l’origine. Déjà trop petit à l’époque du Conseil souverain, il est aussi décrit au début du XIXe siècle comme étant assez délabré : certains plafonds menacent ruine et les salles souffrent, selon les cas, d’un manque d’aération ou de courants d’air excessifs. En outre, les combles et les caves sont loués respectivement aux lavandières et aux vignerons, ce qui génère des nuisances, telles que des odeurs, parfois insupportables, de fermentation et de vapeurs d’alcool ou encore des dégâts des eaux[1].
Bien qu’il y ait consensus pour considérer que ce bâtiment n’est pas adapté, aucune décision n’est prise quant à son remplacement avant la fin du XIXe siècle. Il est en effet nécessaire de d’abord régler la question de l’emplacement de l’Oberlandesgericht, certains voulant le déplacer à Strasbourg, puis de régler les questions financières : conserver son tribunal a un coût pour la Ville de Colmar, qui doit céder gratuitement le terrain et avancer les quatre cent mille marks nécessaires[1].
Construction
L’emplacement choisi se trouve au lieu dit Hohlandsbergwall et est occupé par le vignoble expérimental de la société d’horticulture et de viticulture[1]. Un concours est organisé pour trouver les architectes, avec un premier prix fixé à trois mille marks, le deuxième à mille huit cents marks et le troisième à mille deux cents marks. Le jury est présidé par Édouard Rassiga, premier président de l’Oberlandesgericht, et comprend un panel d’architectes et de magistrats. Deux propositions obtiennent la première place à égalité, l’une de l’architecte Paul Bonatz de Munich et l’autre des associés strasbourgeois Richard Kuder et Joseph Müller. Finalement, ce sont ces derniers qui sont choisis pour la construction, bien qu’il leur soit demandé de revoir leur projet sous une forme moins ambitieuse et dispendieuse[2].
Les travaux débutent en , le gros œuvre étant achevé en 1904. La réalisation de la toiture et des aménagements intérieurs est prise en charge par la direction de l’architecture et de la construction de la Ville de Colmar et le bâtiment est livré le [2].
Histoire ultérieure
Le bâtiment est d’abord occupé, comme prévu, par l’Oberlandesgericht. Après le rattachement de l’Alsace à la France par le traité de Versailles, la justice française prend possession des lieux, qui deviennent le siège de la cour d’appel de Colmar. Inopérante pendant la Seconde Guerre mondiale en raison de l’annexion de fait de l’Alsace au Troisième Reich, la cour d’appel est réinstallée le dans ses locaux, en présence du garde des sceaux François de Menthon[2].
Les façades et toitures, ainsi que le hall d’entrée et l’escalier d’honneur sont inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le [3],[4].
Architecture
Disposition générale

Le palais de justice est composé en plan d’un corps central et deux ailes rejoignant celui-ci sur la façade avant. En élévation, l’édifice comporte deux niveaux de grès gris et un niveau de combles, posés sur un niveau de cave en grès rose et un socle de granit[5].
Le bâtiment est de style néo-baroque, avec une inspiration marquée du baroque viennois, la façade arrière étant une reproduction presque identique du palais du Belvédère. L’entrée est similaire à celle du pavillon du Zwinger de Dresde[3].
Extérieurs
L’accès se fait à l’avant depuis l’avenue Raymond-Poincaré, au travers d’une cour dont l’entrée est encadrée de deux obélisques en grès rose surmontée chacune d’un globe. L’allée, délimitée par une balustrade, conduit à l’escalier extérieur au sommet duquel se trouve un imposant portique. Celui-ci compte trois portes au premier niveau, celle du centre étant surmontée d’un masque de Némésis et encadrée de deux colonnes baguées. Ces dernières supportent un balcon, qui dispose lui-même de six colonnes ioniques supportant le fronton. Le balcon donne sur l’intérieur par trois grandes baies en plein cintre surmontées de masques[5].
Intérieurs

L’entrée principale donne accès au hall d’entrée et à l’escalier d’honneur, construit en béton recouvert de marbre rose. Les autres escaliers intérieurs sont en pierre de Champenay, en grès rose ou en granite pour ceux menant au sous-sol[6]. Le volume intérieur est important, mais est largement occupé par des halls et des circulations monumentales, réduisant l’espace pour les salles d’audience et les bureaux[3]. Les encadrements des portes intérieures sont en grès de Mitelberg, rouge veiné de blanc, au rez-de-chaussé et en marbre vert des Alpes et grès des Vosges blanc dans les étages. Les circulations intérieures sont ornées de colonnades et de personnages : têtes de boucs et de monstres, personnages folkloriques, putti, satyres, etc.[6]
