Au printemps 1988[2], lors de la première intifada, un poème de Mahmoud Darwich circule parmi les manifestants palestiniens. Il s'agit de « Passants parmi des paroles étrangères ». Le poète est accusé de vouloir « répandre la haine » et « chasser les Juifs de la région[3] » par la classe politique israélienne[2].
En réponse, le poète « souligne d’abord que les appels au départ lancés dans son poème ne concernent à ses yeux que les territoires occupés après 1967 » et qu'il exprime une aspiration de son peuple, « le rêve de retrouver un pays qu’ils ne peuvent s’empêcher de considérer comme le leur, intégralement, même s’ils savent devoir se contenter d’une fraction[3] ».
Son éditeur, Jérôme Lindon, souhaite réinstaurer « le droit fondamental qu'a tout écrivain d'être lu dans son authenticité » et « la liberté pour les Palestiniens de revendiquer la Palestine pour patrie[4] ».