Panjagān
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le Panjagān était soit une arme à projectile, soit une technique de tir à l'arc utilisée par l'armée sassanide, par laquelle une volée de cinq flèches était tirée[1]. Aucun exemplaire de ce dispositif n'a survécu, mais il est évoqué par des auteurs islamiques ultérieurs[2], en particulier dans leur description de la conquête perse du Yémen, où l'emploi du panjagān, inconnu des adversaires, aurait été le facteur décisif de la victoire perse.
Le nom de panjagān (qui signifie « quintuple » en moyen persan[3]) a été reconstruit à partir de ses formes arabisées enregistrées par les auteurs islamiques Al-Tabari (بنجكان : banjakān, فنجقان : fanjaqān), Al-Jahiz et Al-Maqdisi (فنرجان : fanrajān)[1]. Le mot banjakiyya (بنجكية, « une volée de cinq flèches »), mentionnée par Al-Jawaliqi, est de même origine[3].
Histoire

Al-Tabari rapporte l'utilisation du panjagān par l'armée sassanide lors de sa campagne du Yémen (en) contre les Aksoumites d'Éthiopie, notant que ces derniers ne l'avaient jamais rencontré auparavant[4]. L'auteur y fait également allusion dans sa description de l'assaut des asāwira perses (descendants de la cavalerie lourde aswārān sassanide) qui tua Mas'ud ibn Amr, le gouverneur de Bassora, en 684 après JC, lors de la deuxième guerre civile islamique. Alors que l'avancée de la cavalerie asāwira, forte de 400 hommes, était stoppée par des lanciers aux portes de Bassora, le commandant perse Māh-Afrīdūn ordonna à ses hommes de tirer avec des « fanjaqān », ce qui leur permit de décocher « 2 000 flèches d'un coup », forçant les lanciers ennemis à battre en retraite[5],[6],[7].