Panokseon

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Maquette de panokseon centrée sur le poste d'observation du capitaine.

Le panokseon est un navire de guerre (navire à « toit couvert » ou à « superstructure ») propulsé par rames et voiles, classe principale des navires de guerre utilisés par la dynastie Chosŏn de Corée à la fin du XVIe siècle. Le premier navire de cette classe est construit en 1555[1]. C'est un solide navire en bois de pin qui joue un rôle décisif dans les victoires sur la marine japonaise pourtant en supériorité numérique pendant la guerre Imjin à partir de 1592. L'amiral Yi Sun-sin (1545-1598) de la marine Joseon les emploie avec beaucoup de succès aux côtés des bateaux tortue.

Ses multiples ponts constituent un élément clé du panokseon. La première plate-forme porte le personnel non-combattant, comme les rameurs, positionnés entre le pont principal et le pont supérieur, à l'abri du feu ennemi. Le personnel combattant est stationné sur le pont supérieur, ce qui lui permet d'attaquer l'ennemi à partir d'un point de vue plus élevé. En outre, une plate-forme surélevée d'observation couverte où se tient le commandant se trouve sur le pont.

Dessin d'un panokseon

En continuité avec la structure traditionnelle des navires coréens, le panokseon possède une coque en forme de U et une carène plate. Cette caractéristique est due à la nature des eaux côtières coréennes qui ont une grande amplitude de marée et des plaines de marée plates et étendues. Une carène plate permet un navire de s'asseoir confortablement sur l'estran quand la marée est basse après son arrivée à terre ou à l'intérieur d'un quai à marée haute. Elle assure également une plus grande mobilité et un faible tirant d'eau et en particulier permet à un navire de faire des changements brusques de direction à court terme. Ce panokseon est l'une des principales raisons pour lesquelles l'amiral Yi a pu employer la formation en aile de grue avec un grand succès à la bataille de Hansando.

Les panokseons sont propulsés à la fois par voiles et par rames. Parmi les deux types de base de voile, carrée et latine, la carrée est efficace au portant mais ne permet pas de bien naviguer au près, alors que la voile latine à l'avant et à l'arrière excelle contre le vent, bien que nécessitant une grande équipe pour la gérer. En Occident, les voiles carrées sont utilisées dans les galères de la Grèce antique et les drakkars scandinaves, et les voiles latines dès les navires dromon méditerranéens du Moyen Âge. Lorsque commence l'époque des grandes découvertes au XVe siècle, les navires à multiples mâts équipés des deux types de voiles font finalement leur apparition. En Corée, les navires équipés de voiles latines sont en usage depuis le VIIIe siècle. Les panokseons et les gŏbuksŏn disposent de deux mâts par défaut et leur position et angle de navigation sont facilement manœuvrables de sorte que les voiles peuvent être utilisées par tous les vents, qu'ils soient contraires ou favorables.

Les navires possèdent deux ou trois niveaux montés les uns sur les autres. Avec plusieurs niveaux, les rameurs au fond sont relativement en sécurité et les marins au sommet disposent de l'avantage de la hauteur sur l'ennemi sur lesquels ils tirent de haut en bas et évitent l'abordage du navire. Sur le pont supérieur est installée une tour au milieu du navire, utilisée pour le commandement et l'observation. Le pont du panokseon est large et plat, le rendant idéal pour l'installation de canons.

Les panokseons se présentent sous différentes tailles, de la version moyenne 20 m de long à la version longue de 30 m. Le navire compte habituellement de 8 à 10 rames de chaque côté, de 50 à 60 rameurs et marins et 125 autres marins (c'est-à-dire des soldats).

Construction

En raison des eaux agitées autour des côtes de la Corée ainsi que des brusques changements de marées et de courants, les bateaux coréens à travers l'histoire ont dû être solides. La tradition de la construction navale coréenne créé donc des navires simples mais structurellement très solides. Tout au long de l'histoire navale de la Corée, c'est la force et la puissance qui sont recherchées plutôt que la vitesse.

Deux types de bois sont utilisés pour construire les panokseons : le pin pour la coque et le chêne pour les chevilles et les mâts. Le chêne est un bois solide mais lourd, de sorte que son utilisation sur les navires est limitée au cadre. Le pin est également solide mais beaucoup plus léger. Le pin est généralement utilisé de façon partielle de sorte qu'il se plie facilement et ne devient pas trop rigide. Malgré ses avantages, le pin a beaucoup de nœuds et doit être coupé dans l'épaisseur et le panokseon est donc construit en utilisant des bois épais. Au lieu de clous de fer, les panokseons sont maintenus ensemble au moyen de chevilles de bambou, d'indentations correspondantes et de dents de verrouillage. Cela signifie que ses planches absorbent l'eau et les éléments de fixation élargis ne rouillent pas, ce qui entraîne une plus grande intégrité de la coque.

Armement

Les panokseons ont à bord plusieurs sortes de canon, comme ceux nommés « ciel », « terre », « noir » et « jaune ». « Ciel » est le plus grand canon avec la plus grande portée et le canon le plus commun sur les navires. « Terre » est un canon plus petit et « noir » et « jaune » sont plus petits encore. Le canon « ciel » tire des daejon (longues et épaisses flèches en forme de fusée) avec une portée de 500 m ainsi que des chŏlhwan (coups de canon) qui peuvent voyager jusqu'à une distance de km. Le wangu, une sorte de mortier qui envoie des obus d'environ 25 cm, est également utilisé par la marine coréenne. Les hwach'as sont également utilisés sur les panokseons.

Un autre aspect remarquable des lourdes armes à feu de la Corée est qu'elles n'ont pas toutes été inventées pour répondre à l'urgence soudaine de la guerre. Ces armes, en fait, apparaissent quelque 200 ans avant les invasions de Hideyoshi de la Corée. Grâce aux efforts de Choi Mu-seon, général et chimiste, la Corée a commencé à fabriquer et développer la poudre à canon et des armes basées sur la puissance. Les canons coréens sont entrés en action en 1380 contre une grande flotte de bateaux de pirates japonais et se sont révélés être un grand succès.

Au XVe siècle, sous la conduite du roi Sejong, lui-même pionnier de la recherche scientifique, les performances de cette artillerie lourde s'améliorent de façon spectaculaire. Après avoir bâti une série de canons à côté de la cour royale et après beaucoup d'expérimentation et d'étude, le roi Sejong augmente enfin la portée des canons de 300 à 1 000 m. Les canons de marine sont également développés à cette époque et, parmi eux, les canons « ciel », « terre », « noir » et « jaune » ensuite utilisés par Yi Sun-sin. Le développement de l'artillerie se poursuit régulièrement après le roi Sejong et voit l'invention de la bigyeokjincholloe, grenade à retardement qui projette des centaines de fragments de métal en explosant et la dapoki, machine capable de tirer de nombreuses flèches à la fois. L'un des types de ces canons lance des flèches avec un tuyau rempli de poudre qui traverse jusqu'à 10 navires effectuant des trous dévastateurs.

Pendant les invasions japonaises de la Corée, cette dernière manque de fusils de pointe mais possède plusieurs types de puissants canons.

Comparaison avec les navires du guerre japonais

Notes et références

Voir aussi

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