Paradoxe du crocodile
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Le paradoxe du crocodile est un paradoxe auto-référentiel de la même famille que celui du menteur.
On peut énoncer le paradoxe ainsi :
Un crocodile s'empare d'un bébé et dit à la mère : « si tu devines ce que je vais faire, je te rends le bébé, sinon je le dévore. »
En supposant que le crocodile tienne parole, que doit dire la mère pour que le crocodile rende l'enfant à sa mère ?
Une réponse usuelle de la mère est : « Tu vas le dévorer ! »
Si le crocodile dévorait l'enfant, la mère aurait deviné juste et le crocodile devrait rendre l'enfant.
Si le crocodile rendait l'enfant, la mère se serait trompée et le crocodile devrait le dévorer.
Dans les deux cas, le crocodile ne peut pas tenir parole et se trouve face à un paradoxe.
Selon Lewis Carroll[1], le crocodile mangera l'enfant, car c'est dans sa nature. Ce paradoxe a été raconté par Lucien de Samosate, qui le met dans la bouche du stoïcien Chrysippe, dans le dialogue Les sectes à l'encan.
Ce sophisme crocodilien est rapporté par Quintilien dans son Extrait d'Institution oratoire, auteur latin du Ier siècle.