Paraphylax
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Le paraphylax (en grec byzantin παραφύλαξ), littéralement le « gardien en chef », est le titre porté par des officiers ou des fonctionnaires de rang inférieur dans l'administration provinciale de l'Empire byzantin. Il apparaît en Asie Mineure au IIe siècle av. J.-C. Son rôle est d'abord de parcourir les campagnes environnant la ville afin de s’assurer de la défense du territoire. Ensuite, après la conquête romaine, dans le courant du IIe siècle, le paraphylax gagnent de nouvelles responsabilités. Le paraphylax devient une magistrature romaine, probablement intégrée au cursus honorum des cités. Ainsi, son rôle change par la même occasion. Il devient un magistrat responsable de l'ordre public dans l’ensemble des campagnes de l’Asie Mineure. Au IIIe siècle, cette magistrature semble disparaître puisqu’elle est de moins en moins mentionnée, jusqu’à ce qu’elle ne le soit plus du tout. Elle réapparaît toutefois dans l’Empire byzantin au VIIIe siècle. Cela est causé par la création des thèmes et des armées thématiques. Il n'est plus question d'une magistrature romaine, mais il s'agit plutôt d'un titre honorifique garantissant au paraphylax certaines fonctions dans la ville. Il devait s’assurer de la défense de la ville et de son territoire, dirigeant les opérations. Il pouvait aussi s’occuper de commander des forces irrégulières dans les villes provinciales ou de superviser l’ordre public. Le titre de paraphylax apparaît sur plusieurs sceaux, datant du VIIIe siècle jusqu’au XIe siècle, notamment en Crète, à Thessalonique, Nicée et Abydos, où ils combinent fréquemment les titres et les fonctions[1].
Durant l'époque attalide
L’origine du paraphylax est antérieure à l’époque byzantine. Durant l’Antiquité, il est d’abord un fonctionnaire responsable du territoire rural des cités orientales gréco-romaines. Une fois regroupé, il constitue une force armée qui doit défendre les campagnes de la cité. Le premier témoignage de l’emploi de ce mot date de 133 av. J.-C.[2]. Mais le paraphylax fait partie d’une institution plus large : la paraphylakie. Cette institution est originaire du royaume de Pergame au IIIe siècle av. J.-C. Avant l’arrivée du paraphylax, les premiers fonctionnaires de la paraphylakie sont les paraphylakitai. Leur rôle est aussi, bien sûr, d’assurer la sécurité des campagnes de la cité. Cependant, ils sont plus de simples gendarmes des campagnes que des fonctionnaires. Avec le temps, ces derniers disparaissent et ils sont remplacés par les paraphylakes (pluriel de paraphylax). Il est aussi probable qu’ils n’aient pas été remplacés, mais que le mot ait plutôt changé dans la langue populaire, pour être ensuite utilisé par les fonctionnaires. Néanmoins, les paraphylakes comme les paraphylakitai occupaient un rôle important dans la protection des cités et de leur territoire[3].
Durant l'époque romaine
Après la conquête de l’Asie Mineure par les Romains, la paraphylakie subit quelques changements. De multiples postes douaniers sont créés. En même temps, les paraphylakitai cessent d’être mentionnés dans les sources. Et l'on ne trouve plus que des mentions du paraphylax. Mais il ne s'agit pas seulement d’un changement de nomenclature, puisque leur rôle change aussi. Les Romains transforment ce fonctionnaire en véritable magistrature. Le paraphylax devient responsable de la police des campagnes des cités. D’ailleurs, en tant que magistrat, il est intégré au cursus honorum de sa cité. Il ne doit plus uniquement agir en tant que simple gendarme, mais il doit aussi s'acquitter de tâches en lien avec ses nouvelles compétences de premier plan en ce qui a trait au commerce ou à la surveillance du territoire. Il peut aussi s’occuper des douanes ou d’autres tâches. Leur rôle est très varié selon les régions. Pour parcourir les vastes étendues des territoires ruraux des cités, le paraphylax montent un cheval et il est équipé d'un glaive, d'un bouclier et quelquefois d'un bâton[4]. Il est aussi possible de retrouver un paraphylax s'occupant de quelques hommes sous ses ordres pour s’acquitter de sa tâche. À l’intérieur des villes, des paraphylakes commandaient parfois de petits groupes de jeunes hommes, soit des neaniskoi, soit des hippokômoi. Il les occupent alors en leur faisant construire des bâtiments dédiés à des divinités[5].
Au cours du IIe siècle, le banditisme est devenu de plus en plus fréquent dans les campagnes d’Asie Mineure. Pour remédier à cette situation, les autorités romaines décident d’augmenter le nombre de paraphylax. Ainsi, dans les places fortes, on les trouve commandant des diôgmitai (littéralement: poursuivants) pour assurer la défense du territoire contre les bandits[6].Mais cette solution ne permet pas à elle seule de régler le problème du banditisme en Asie Mineure et les Romains réduisent dès lors les effectifs. Il semble que le paraphylax et l’institution de la paraphylakie entrent en déclin à partir du IIIe siècle, alors que les soldats romains prennent de plus en plus de place en Orient en tant que force policière. À partir de cette époque, le paraphylax est un magistrat de moins en moins présent en Asie Mineure, mais le succès qu’il a aux siècles précédents aura permis la diffusion de cette magistrature partout en Orient. On les retrouve en Grèce, en Thrace, en Syrie, en Égypte, en Mésopotamie[7]. Malgré cette présence, ils disparaissent tout de même durant quelques siècles, et on ne les voit réapparaître que bien plus tard, occupant un tout autre rôle dans l’Empire byzantin.

