Parc Bargoin
parc à Chamalières
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Le parc Bargoin est un jardin public à l'anglaise situé à Chamalières, dont l'entrée se trouve 1 chemin de Beaumont. Sur 6,96 hectares[1], vers 450 mètres d'altitude, il occupe une partie des flancs du puy de Gravenoire, d'où l'on aperçoit la ville de Clermont-Ferrand, la plaine de Limagne et les monts du Forez.
| Type | |
|---|---|
| Surface |
80 000 m2 |
| Propriétaires |
Jean-Baptiste Bargoin (- |
| Patrimonialité |
Recensé à l'inventaire général |
| Localisation | |
|---|---|
| Altitude |
490 m |
| Coordonnées |
|---|
Histoire
En 1782, Monsieur Lecourt d'Hauterive fait construire une maison de campagne dans sa propriété de Bellevue[2]. Il émigre en 1789[3] et le tout est vendu nationalement, adjugé à un fermier, Monsieur Gros. Ce dernier la revend à Pierre Chambeau, adjudant-général dans les armées de la République, Maire de Chamalières de 1810 à 1815[2]. Caroline Costaz[4], belle-sœur du compositeur Georges Onslow, en devient propriétaire, puis la vend le 16 août 1870[5] à Jean-Baptiste Bargoin qui avait fait fortune, avec la collaboration d'Henri Lecoq, en inventant, fabriquant et commercialisant une boisson, le « Gland doux », à base de glands torréfiés, de seigle et de chicorée.
En 1877 et 1878, il acquiert des parcelles de vigne et les annexe au terrain principal, puis il achète une concession d'eau à la commune de Royat[5].
Devenu veuf et ayant ses deux fils emportés par la phtisie, Edmond à 25 ans, Louis Albert Jocelyn à 31 ans, célibataires sans enfants, il se retrouva donc sans descendance. Son testament, signé le , déclarait, en citant sa propriété : « Je veux qu'après moi, elle reste intacte et porte mon nom. Elle ne doit donc pas être vendue ou morcelée ». À sa mort en 1885, le département disposait de six mois pour accepter le testament et en appliquer les conditions. Il demandait que les terres arables soient supprimées, les vignes arrachées et remplacées par des pelouses et des arbres ou des arbustes d'ornement et que les voitures de luxe aient le droit de circuler à l'intérieur mais pas les charrettes. Lorsqu'il a légué sa propriété, elle n'avait évidemment pas l'apparence qu'elle a aujourd'hui : la partie haute était paysagère et la partie basse était "rentabilisée" par des vignes, des arbres fruitiers et une cressonnière irriguée comme le reste du terrain par un système d'irrigation souterrain alimenté par l'eau d'une source voisine[6].
Pour lutter contre l'affichage publicitaire en limite du parc [7], par l'arrêté du [1] le site naturel est classé dans le patrimoine national pour son caractère artistique comme l'atteste une lettre du préfet au Ministre de l'instruction Publique et des Beaux-Arts.
Naturellement, les périodes de guerre sont celles des difficultés. En 1915, le jardinier en chef s'émeut de sa tâche rendue impossible par la mobilisation du personnel et pendant la seconde guerre mondiale, un rapport rédigé en 1941 décrit l'état «lamentable» dans lequel se trouve le parc : allées «qui ne se distinguent plus guère des pelouses, et dont le sol devient de véritables bourbiers». La surveillance n'est pas suffisamment assurée : des couples se faufilent dans les pavillons sans portes ni fenêtres et le personnel globalement médiocre, souvent aviné, est incapable de faire respecter le règlement intérieur. Cependant pour les jardiniers et Monsieur le Préfet le potager continue de fournir des légumes frais et les arbres fruitiers, ceux qui échappent au lierre, garnissent la table préfectorale de cerises, pommes et poires [8].
En 1950, le conseil général adopte le vœu de « rendre à cette propriété départementale l'aspect plaisant qu'elle avait avant 1940 ». Les allées sont refaites et de nombreux aménagements permettent de redonner au parc son allure passée avec une attention particulière portée sur la décoration florale.
Le patrimoine
En entrant dans le parc un panneau [9] rappelle des obligations soumises par le légataire au département :
- elle portera mon nom à tout jamais.
- la propriété sera inaliénable et ne saura jamais faire l'objet d'une spéculation
- elle sera totalement transformée en un beau parc qui deviendra une promenade charmante publique pendant la belle saison («surtout pour les étrangers qui fréquentent l'établissement thermal» : ceci n'est pas marqué).
- pour que le Parc Bargoin ne serve pas de prétexte aux parties de plaisir, et qu'il ne tombe pas dans ce qu'on appelle vulgairement le genre guinguette, ce qui ferait fuir cette promenade par les gens paisibles, mon intention formelle est d'y interdire les buvettes et cafés de toutes sortes.
Sur ce panneau ne sont pas mentionnées les trois prescriptions suivantes:
- Les charrettes sont interdites de circulation.
- Les voitures de luxe peuvent accéder au parc avec interdiction de stationner.
- La semaine ou le dimanche la musique dans le parc est permise mais toute espèce de musique ambulante est formellement défendue.
Arbres
Le patrimoine ce sont huit cents arbres et soixante essences : séquoias géants de Californie centenaires, hêtres, érables, tilleuls, calocedrus, cèdres du Liban, cèdres de l'Atlas, platanes (dont un des plus gros du département : 510 cm en 2017)[10], chênes verts, pins, sapins, ifs, cyprès, thuyas, ginkgos bilobas, un épicéa du Colorado etc. Une cépée d'érable sycomore avec sept brins forme une couronne de 850 cm[10] et aurait plus de 250 ans. Le parc abrite un cèdre de l'Atlas de 510 cm de circonférence, un marronnier avec un fût de 360 cm[10]. Beaucoup de ces « monuments » végétaux sont alimentés en eau par de fins tuyaux posés discrètement sur le sol. Ces arbres vont encore grandir et grossir donc leurs étiquettes sont maintenues par des ressorts.
Fleurs
Le patrimoine ce sont aussi les fleurs : des rosiers, des kniphofias uvarias et d'autres fleurs que l'on rencontre le long des allées mais aussi 13000 fleurs réparties dans deux serres. 12000 bulbes sont plantés chaque année[11].
Bâtiments et mobilier
Le patrimoine c'est aussi le pavillon du XVIIIe siècle, parfois appelé « château de Bellevue », un hexagone irrégulier dont la hauteur semble être calculée pour qu'il n'ait pas l'air d'être écrasé par les arbre imposants qui l'encadrent. Il servait de maison de campagne à Jean-Baptiste Bargoin et c'est là qu'il se serait éteint [12]. Gabriel Marc a écrit : « Un mignon châtelet, près des tilleuls tremblants, avec son toit d'ardoise en pointe et ses murs blancs. C'est Bellevue ». Son balcon, accessible aux visiteurs, tourné vers la vallée et la pièce d'eau permet, de profiter de la perspective qu'offrent les aménagements en contrebas. Il n'a pas été emménagé en musée contrairement aux vœux de Jean-Baptiste Bargoin, et jusqu'en 1994 le sous-sol a été aménagé en pisciculture départementale pour produire des alevins de truite[13].
C'est aussi la « tour des deux frères », une fausse ruine sur le monticule Saint-Gilbert, dédiée à ses deux fils morts prématurément de tuberculose pulmonaire. De son sommet, accessible aux visiteurs, on a une vue panoramique de Clermont-Ferrand.
À cela il faut ajouter le pigeonnier, le kiosque à musique, le chalet Edmond dédié au premier fils de Jean-Baptiste Bargoin. Le Chalet Jocelyn a disparu, il n'en reste que le soubassement[13].
Le patrimoine ce sont aussi de nombreux bancs en pierre de Volvic qui sont les bienvenus pour les personnes ayant des problèmes de mobilité car le terrain est assez pentu.
Œuvres d'art
- Le Faune flûteur (avant 1877) : bronze d’après Simon Hurtrelle représentant un faune avec la dépouille du lion de Némée négligemment posée sur son épaule gauche. Le socle est en lave de Volvic en forme de pyramide tronquée. Sur la plinthe on peut lire : « J. J. Ducel, Paris » et sur le socle « École départementale Volvic ».
- La Semeuse ou La Paysanne d'Auvergne (1882) : groupe en bronze représentant une femme portant un enfant sur son dos, un sarcloir sur le bras droit, les mains dans son tablier relevé. Cette sculpture a pour auteur Jean-Ossaye Mombur, par ailleurs sculpteur d'un buste en bronze de Jean-Baptiste Bargoin exposé au Salon de 1882. La statue a été cassée par la chute d’un arbre, sa tête a été recollée dans une posture différente. Sur la plinthe on peut lire ces vers de Gabriel Marc : « Elle revient des champs la jeune et pauvre veuve / Portant un cher fardeau sans en sentir le poids / Et malgré les soucis dont le destin l’abreuve / Elle s’en va superbe en écossant des pois ».
Les aménagements récents
- Depuis quelques années des moutons, 4 actuellement, sont élevés près de la tour des Deux Frères. On a aussi installé un clapier qui pour le moment n'a que deux pensionnaires, un poulailler, des cabanes à insectes et des ruches. Dans le bassin on peut y voir des carpes koïs
- Ce parc est naturellement devenu un lieu visité ou habité par des animaux non domestiqués tels que chouettes, pics-verts, écureuils et par les chenilles processionnaires, extrêmement urticantes, qui ne sont pas les bienvenues. À environ trois mètres de hauteur, on peut voir, à partir de février, contre les troncs de la vingtaine de pins, des sacs de terreau dans lesquels elles descendent pour devenir papillon. Ces pièges sont ensuite détruits.
- En revanche les oiseaux sont les bienvenus : on a installé des nichoirs.
- Si les buvettes et les guinguettes y sont interdites il est quand même possible de s'y restaurer. Il existe des aires de pique-nique et des toilettes.
- L'entretien de ce vaste espace est assuré actuellement par 6 jardiniers et un apprenti sous la responsabilité d'un "régisseur". Celui-ci a déclaré : « Nous enrichissons la terre à chaque plantation, pulvérisons des engrais à libération lente de substrat et d'amendement organique. Nous n'utilisons plus de produits phytosanitaires sauf en serre et nous désherbons à la main aidés par le paillage, la binette électrique »[11]. La fauche est tardive et les prairies sont fleuries afin de permettre aux insectes et aux mulots d'y vivre.
- Kniphofias uvarias
- le pigeonnier
- le château de Bellevue
- le bassin
- le kiosque
- épicéa du Colorado
- tour des Deux Frères
- chalet Edmond
