Parc national des Rhodopes

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Pays
Ville proche
Superficie
1 749,92 km2
Parc national de la chaîne des Rhodopes
Géographie
Pays
Coordonnées
Ville proche
Superficie
1 749,92 km2
Administration
Type
Catégorie UICN
VI
WDPA
Création
2009
Site web
Localisation sur la carte de Grèce
voir sur la carte de Grèce

Le parc national de la chaîne des Rhodopes (en grec moderne : Εθνικό Πάρκο Οροσειράς Ροδόπης) est un parc national de Grèce situé à l’extrémité sud-est des Rhodopes, dans la région de Macédoine-Orientale-et-Thrace. Créé en 2009, il est caractérisé par une grande diversité de formations végétales et une densité de population très faible.

Emprise du parc national de la chaîne des Rhodopes avec la zone cœur en vert foncé et la zone périphérique en vert plus clair.
Cascade dans la forêt du Fraktó
Vue sur la forêt d'Elátia à l'automne

Le parc national de la chaîne des Rhodopes s'étend des pentes nord-est du Falakró, situé au nord de la ville de Dráma, jusqu'au district régional de Xánthi à l'est. Il est délimité au nord par la frontière entre la Grèce et la Bulgarie tandis que le fleuve Nestos constitue pour partie la limite de son emprise méridionale. La zone cœur de 549,29 km2, à la réglementation stricte de protection de la nature le long de la frontière bulgare, est entourée au sud par une aire d'adhésion de 1 200,63 km2 à la protection moindre.

La région des Rhodopes grecques fut densément occupée par des populations musulmanes du XVIe siècle aux années 1920[1]. Les Saracatsanes, confrérie de bergers nomades hellénophones, y pratiquèrent l'agriculture sur brûlis. Pendant la deuxième guerre balkanique, la zone connut les pillages et le conflit armé. Depuis les déplacements de population consécutifs au traité de Lausanne, la région isolée proche de la frontière gréco-bulgare connaît une phase de dépeuplement manifeste qui s'est accélérée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale[2].

De nos jours, la région est très faiblement peuplée et la couverture forestière représente environ 84 % de la superficie du parc. Au moins trois espaces naturels boisés présentent des caractéristiques notables[3] :

  • la forêt vierge du Fraktó (el), réserve intégrale depuis 1980, est connue pour la densité et la diversité de son couvert forestier. Située entre 1 500 m et 1 950 m, à l'écart de toute action anthropique autre que scientifique, la forêt du Fraktó est l'un des écosystèmes naturels les mieux préservés des Balkans[4]. Plusieurs espèces animales et végétales communément présentent dans les milieux boréals trouvent dans cette zone un habitat unique en Grèce[2].
  • la forêt d'Elátia (el), l'une des plus grandes du pays (environ 700 km2), est en partie constituée de la population autochtone d'épicéas la plus méridionale d'Europe[5]. Sur sa partie ouest, c'est également la seule forêt de bouleaux sur le territoire grec.
  • la forêt du Chaïdoú (el), déclarée réserve naturelle intégrale et « monument naturel » par l'État grec en 1980, est couverte de hêtres centenaires de plus de 30 m de haut. Elle est située dans le massif du Koúla (el), à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville de Xánthi.

Protection

Deux zones de protection spéciale (ZPS) pour les oiseaux et cinq zones spéciales de conservation (ZSC) des habitats naturels du réseau Natura 2000 sont présentes au sein du parc[6],[7]. Le long de la frontière gréco-bulgare, plusieurs zones d'une étendue de 27 km2 sont définies comme réserves naturelles intégrales où seul l'accès à des fins scientifiques est autorisé. Officiellement classé en tant que parc national depuis 2009, l'ensemble du territoire actuel est toutefois reconnu comme aire protégée depuis 2002[8]. Le parc figure également à l'inventaire des zones importantes pour la conservation des oiseaux de l'ONG Birdlife International[9].

Le parc est confié à l'Organisme de gestion du parc national de la chaîne des Rhodopes (Φορέας Διαχείρισης Οροσειράς Ροδόπης), entité à statut privé implantée dans le village de Mesochóri dont le président est un représentant du ministère de l'environnement et de l'énergie[10].

Faune

Invertébrés

180 espèces[11] de papillons sont recensées au sein du parc, en particulier 3 espèces menacées telles que définies par la liste rouge de l'UICN (Parnassius apollo, Lycaena ottomanus, Pseudochazara orestes) et 2 espèces quasi menacées (Phengaris arion, Hipparchia fagi). A noter que 4 espèces sont endémiques des Rhodopes (Polyommatus dantchenkoi, Polyommatus eleniae, Polyommatus nephohiptamenos, Pseudochazara orestes) et plusieurs autres menacées en Grèce ou très localement distribuées dans le pays (Carterocephalus palaemon, Coenonympha glycerion, Coenonympha rhodopensis, Cupido argiades, Cupido decoloratus, Erebia aethiops, Erebia cassioides, Erebia oeme, Erebia rhodopensis, Limenitis camilla, Limenitis populi, Lycaena dispar, Minois dryas, Neptis rivularis, Neptis sappho, Nymphalis xanthomelas, Pontia chloridice)[12],[13].

Mammifères

La liste des mammifères du parc comporte 57 espèces, dont des chauves-souris quasi menacées (Barbastella barbastellus, Miniopterus schreibersii, Myotis bechsteinii, Nyctalus lasiopterus et Rhinolophus euryale) ou menacée selon l'UICN (Myotis capaccinii). La Loutre d'Europe (Lutra lutra), le Loup gris (Canis lupus), le Chamois des Balkans (Rupicapra rupicapra ssp.balcanica) et l’Ours brun d'Europe (Ursus arctos arctos) figurent également parmi les espèces emblématiques du parc[14],[15].

Oiseaux

139 espèces d'oiseaux ont été observées à ce jour dans le parc. La zone constitue un habitat permanent ou temporaire pour plusieurs rapaces, dont le Percnoptère d'Égypte (Neophron percnopterus), une espèce menacée selon l'UICN. Plusieurs autres espèces sont par ailleurs rares ou menacées en Grèce, comme le Grand Tétras (Tetrao urogallus), le Rollier d'Europe (Coracias garrulus), l'Alouette calandre (Melanocorypha calandra), la Tourterelle des bois (Streptopelia turtur), le Pipit farlouse (Anthus pratensis), la Grive mauvis (Turdus iliacus) et la Perdrix bartavelle (Alectoris graeca)[16],[17].

Autres espèces

20 espèces de poissons sont présentes dans le parc, parmi lesquelles Chondrostoma vardarense (en) est une espèce quasi menacée inscrite sur la liste rouge de l'UICN[18].

14 espèces d'amphibiens sont cataloguées, dont le Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris) et la Grenouille rousse (Rana temporaria) menacées en Grèce. S'ajoutent 26 espèces de reptiles, dont la Tortue grecque (Testudo graeca, menacée à l'échelle mondiale), la Cistude (Emys orbicularis), la Tortue d'Hermann (Testudo hermanni) et la Couleuvre à quatre raies (Elaphe quatuorlineata), ces trois dernières espèces étant quasi menacées selon l'UICN[19],[20].

Flore

827 espèces et 288 sous-espèces de plantes ont été recensées à ce jour dans le parc, dont 211 espèces rares ou menacées et 50 espèces endémiques des Balkans[21].

Le riche catalogue floristique comprend notamment :

Notes et références

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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