Parker 51
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Le Parker 51 est un stylo-plume mis sur le marché en 1941. La firme Parker le promut sous l’appellation « Le stylo le plus recherché au monde », formule qui faisait écho aux restrictions imposées à la production de biens de consommation courante pour le marché civil états-unien durant la Seconde Guerre mondiale. La propagande commerciale assidûment entretenue par la marque tout au long de cette période engendra une pression de la demande qui ne put être intégralement satisfaite que plusieurs années après la cessation des hostilités.
Le porte-plume et l’encrier furent conjointement dénommés « 51 » en commémoration de l’année 1939, correspondant au cinquante-et-unième anniversaire de la maison-mère et à l’achèvement des travaux de développement de l’instrument. En optant pour une numérotation au lieu d’une appellation verbale, la firme Parker se dispensait des écueils liés à la traduction.
Conception et histoire

Le stylo « 51 » constituait une innovation majeure en son temps. Il se distinguait par un ensemble de singularités techniques, dont une plume tubulaire gainée et un collecteur à lamelles multiples, spécifiquement agencés pour s’accommoder d’une encre exclusive, dite « 51 », à siccativité accélérée. Cette configuration permettait à la plume tubulaire de conserver une humidité constante et de délivrer un tracé homogène, tant avec l’encre dédiée qu’avec des encres usuelles. La première version était pourvue d’un mécanisme de remplissage de type Vacumatic : l’actionnement d’un plongeur créait un vide partiel, induisant l’aspiration de l’encre dans le réservoir.
Le dispositif d'alimentation fut remanié en 1948, concomitamment à l'inauguration du procédé de réplétion Aerometric. Ce mécanisme de soutirement opérait par l'action d'une tige de pression sur une poche alvéolaire en polychlorure de vinyle (PVC), dénommée « Pli-Glass ».
En outre, Parker a procédé à la refonte de son encrage 51, lequel a vu son alcalinité décrue et a été pourvu d'une chromatique éclatante, pour être subséquemment désigné sous l'appellation de Superchrome. Ce prédicat liquide partageait avec son antécédent, l'encre 51, une injonction stipulant son usage exclusif au sein du porte-plume Parker 51, nonobstant le fait que cette avertissement fût moins ostensible.
Contrairement à une idée reçue, l'appellation du stylo Parker 51 ne procède pas de celle du chasseur nord-américain P-51 Mustang, bien que les deux objets soient contemporains. Toutefois, la maison Parker sut tirer parti de cette homonymie fortuite en établissant, dans ses supports publicitaires, un parallèle analogique entre l'instrument d'écriture et l'aéronef.
Le Parker 51 est resté en production jusqu'en 1972 avec une série de révisions tout au long de son cycle de production[1].
Encre
Il existait deux versions d'une encre spéciale formulée exclusivement pour être utilisée dans le Parker 51.
Cette encre initiale était très alcaline et, bien qu'à base d'eau, elle contenait également une quantité importante d'alcool isopropylique[1].
Il est lancé 1941, sous la dénomination « 51 », concomitamment à l'introduction du calame Parker 51. Parker prit le soin d'y apposer des mises en garde fort explicites sur les capuchons, les étiquettes et les écrins, précisant que cette potion n'était destinée qu'au seul modèle 51. Sa composition chimique risquait effectivement d'entrer en interaction avec les matériaux de facture (tel le celluloïd) alors usités, entraînant une dégradation irrémédiable des autres plumes d'écriture. En 1948, l'encre « 51 » fut retirée du commerce et supplantée par l'encre « Superchrome », également conçue spécifiquement pour le calame « 51 » et son homologue plus abordable, le Parker 21, car elle demeurait incompatible avec d'autres instruments scripturaux. La fabrication de l'encre « Superchrome » cessa au début des années 60[1]. Quoique la firme Parker n'édite plus ces encres à la formulation originale, la conception du calame tolère néanmoins la plupart des encres actuelles, telle l'encre Quink de Parker.
Héritage
Un commandant de bord fut l’objet de présomptions quant à une altération des inscriptions dans son livret d’aéronautique, dans le but manifeste de majorer son temps de conduite effective. Il aurait notamment consigné, de manière frauduleuse, des heures attribuées à la conduite d’un appareil de type P-51 Mustang[1].
Le modèle 51 jouit d’une grande estime auprès des collectionneurs de stylographes. En 2002, la manufacture Parker en a édité une réplique, désignée sous l’appellation « 51 Special Edition ». Par la suite, en 2004, fut commercialisé le Parker 100. Ce dernier constituait une interprétation aux dimensions et à la masse accrues du 51 originel — sa conception fut confiée à Geoff Hollington, un designer de mobilier ayant antérieurement collaboré avec la firme sur les modèles Sonnet et Insignia[1]. Produit de 2004 à 2007, le Parker 100 fut présenté comme « l’alliance parfaite entre élégance discrète et style affirmé et personnel ». Il était proposé en des finitions bronze, bleue, blanche, argentée et noire[1].
En 2021, une réédition du stylo Parker 51 fut commercialisée. Cette mouture, comparativement à l’archétype de 1941, se distinguait par des modifications ténues, sa longueur totale accusant un accroissement de l’ordre de quatre millimètres[1].
La reine Élisabeth II a fait usage, dès la décennie 1950, d'un stylo-plume de marque Parker, modèle 51, de teinte bordeaux[1]. Cet objet lui est demeuré personnellement attaché pour l'exercice de sa correspondance manuscrite[1].