Partisan (politique)
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Un partisan est un individu qui adhère aux vues d’un parti politique ou qui en épouse la cause avec zèle. Au sein des régimes où s’exerce le pluralisme partisan, ce vocable qualifie plus spécifiquement les personnes qui, faisant preuve d’une fidélité indéfectible à la ligne doctrinale de leur parti, se montrent réfractaires à toute forme de tractation ou de concession envers leurs adversaires.
Aux États-Unis, la sémantique du concept connaît une mutation profonde au cours des six dernières décennies. Antérieurement à l'inauguration de l’American National Election Study en 1952 — dont l’exégèse est assurée par Angus Campbell et ses collaborateurs dans l’ouvrage The American Voter — l’inclination partisane du citoyen se déduit prioritairement de son comportement électoral effectif. Désormais, l’épithète de partisan caractérise l’individu manifestant une allégeance psychologique envers l'une des formations hégémoniques. Selon leurs aspirations doctrinales, les postulants s'agrègent à une structure politique, vecteur privilégié de leur ascension au sein du cursus honorum. Bien que l'échiquier institutionnel américain soit pluraliste, les candidats optent préférentiellement pour l'affiliation partisane au détriment d'une candidature indépendante, quand bien même cette modalité demeure formellement licite.
Au sein du paysage politique des États-Unis, l'appartenance des édiles et des législateurs à une organisation partisane constitue la norme structurelle. Néanmoins, une fraction substantielle des consultations locales, notamment les scrutins municipaux, revêt un caractère apolitique. Dans cette configuration, bien que le postulant puisse revendiquer une affiliation, son étiquette partisane demeure absente du bulletin de vote. Si les candidats indépendants s'immiscent occasionnellement dans des joutes électorales d'envergure, leur succès demeure conjectural et leurs victoires s'avèrent infinitésimales. Dans l'histoire de la magistrature suprême, l'influence de ces figures atypiques culmine avec les candidatures de Ross Perot lors des cycles de 1992 et 1996, ainsi que celle de John B. Anderson en 1980.
Dwight D. Eisenhower observe une neutralité partisane jusqu’en 1952, année de son affiliation au Parti républicain et de son accession à la magistrature suprême. Selon l'historien David A. Crockett, ce détachement du jeu politique revêt un caractère authentique ; il manifeste une aversion pour les méthodes électorales de Harry S. Truman, qu'il juge inconvenantes, et éprouve un profond antagonisme envers les joutes partisanes[1]. Se tenant à l’écart des manœuvres politiciennes coutumières, il délègue à son vice-président, Richard Nixon, la charge de structurer et de pérenniser l’appareil républicain[2]. L’effacement d’Eisenhower dans l’organisation interne favorise l’ascension de Nixon, lequel s’établit, selon Paul Finkelman et Peter Wallenstein, comme le véritable dirigeant national de la formation[3].
La posture délibérément abstentionniste d'Eisenhower à l’égard des luttes partisanes favorise une collaboration fluide avec les figures éminentes du Congrès que sont Sam Rayburn, président de la Chambre des représentants, et Lyndon B. Johnson, chef de la majorité au Sénat. L’historienne Jean Edward Smith corrobore cette analyse[4] :
« Eisenhower, Lyndon B. Johnson et Sam Rayburn ne se faisaient pas entièrement confiance et n'étaient pas toujours d'accord, mais ils se comprenaient et travaillaient ensemble sans difficulté. Eisenhower continuait de rencontrer régulièrement les dirigeants républicains. Cependant, ses réunions hebdomadaires avec Rayburn et Johnson, généralement en soirée, autour d'un verre, étaient bien plus productives. Pour Johnson et Rayburn, coopérer avec Eisenhower relevait d'une stratégie politique avisée. Eisenhower jouissait d'une immense popularité dans le pays. En soutenant un président républicain contre l'aile la plus conservatrice de son propre parti, les démocrates espéraient bénéficier de la popularité d'Eisenhower. »
Marxisme-léninisme
L'article 6 de la Loi fondamentale soviétique de 1977 matérialise la mutation de la partiinost en un système de partisanerie intégrale, parachevant l'institutionnalisation de l'appareil partisan au sein des rouages étatiques. Cette disposition constitutionnelle consacre le Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) comme l'instance directrice de la société et le nucleus du corps politique, étendant son hégémonie à l'ensemble des organismes publics et étatiques[5].