Paseo (exécution)

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Paseo ("promenade") est l'euphémisme qui a trouvé son origine dans la Loi des fuites, désignant un ensemble d'épisodes de violence et de répression politique qui ont eu lieu pendant la guerre civile espagnole, spécialement dans le parti nationaliste, bien qu'ils se soient aussi produits dans le parti républicain, et qui ont connu leur apogée entre juillet et décembre de 1936.

On allait chercher les victimes sous le prétexte de les emmener en promenade, promenade qui se terminait par une exécution dans des terrains vagues, souvent la nuit[1]. C'était en réalité une façon déguisée d'assassiner sous la forme de "Loi des fuites". Il arrivait qu'y participent des prisonniers de droit commun.

Indalecio Prieto définirait en 1961 ces paseos, dans Cartas a un escultor comme:[2]

« Des exécutions sans sommation qui se produisirent dans les deux zones d'Espagne et qui nous déshonorèrent, les Espagnols d'un camp comme de l'autre. »

 Indalecio Prieto (1961).

Dans un discours prononcé à la radio le 8 août 1936, il disait déjà:[3]

« “Si dignes de confiance que soient les versions terribles et tragiques de ce qui s'est passé et se passe sur des terres dominées par nos ennemis; bien que tous les jours arrivent, rassemblés en tas, les noms de camarades, d'êtres chers, que l'adhésion à un idéal a suffi à condamner à subir une mort fourbe, ne les imitez pas, n'imitez pas cette conduite, je vous en supplie." »

 Indalecio Prieto (1936).

[4]

Une citation de Serrano et Álvarez explique:

L'un des aspects les plus dramatiques de la guerre civile s'est concentré sur la répression systématique qu'ont exercée les vainqueurs du conflit. Conçue comme une guerre d'extermination contre les vaincus, la mort n'est pas seulement arrivée généreuse sur les champs de bataille mais une autre guerre, la guerre des arrière-gardes, s'est développée simultanément à travers les "promenades" et les exécutions après des jugements plus que sommaires. (p.78)

Maruxa Mallo explique, dans son "Récit véridique de la réalité de la Galice", publié dans La Vanguardia en août 1938, le sens de cette appellation[5]:

Cette façon d'assassiner, ils l'appellent: "Sortir [les personnes] des prisons et des maisons pour les emmener en promenade". "Il ne faut laisser aucun rouge", disent les forces inertes armées avec une profonde rancoeur face à la puissance créatrice du peuple, face à la réalité historique des travailleurs.

Bibliographie

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