Passager aérien
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Le passager aérien est une personne qui utilise les services d'une compagnie aérienne pour effectuer un déplacement. Il est essentiellement concerné par les aspects commerciaux, confort et sécurité liés au choix de la compagnie aérienne, prestataire principal ou unique du service.
Évènements marquants de l'histoire du voyage aérien[1] :
- 1914 : Premier vol commercial régulier entre Saint Petersburg et Tampa, Floride.
- vers 1920 : Début des services postaux aériens qui ouvrent la voie aux services passagers.
- 1935 : Inauguration par la Pan Am des vols commerciaux trans-Pacifique par hydravions
- 1955 : Début de l'âge d'or du transport aérien. Premiers avions de ligne pressurisés. La barre des 40 millions de passagers est dépassée aux États-Unis
- 1958 : Mise en service du Boeing 707 permettant des vols trans-Atlantique sans escale.
- 1960 : Les services aériens sont contrôlés par les gouvernements. Les compagnies se concurrencent par la qualité du service.
- 1970 : Mise en service du Boeing 747. La barre des 170 millions de passagers est atteinte aux États-Unis
- 1971 : La première compagnie à bas coûts, Southwest Airlines, commence son exploitation
- 1976 : Première législation protégeant les passagers contre les sur-réservations
- 1976 : Mise en service du Concorde. La parenthèse du supersonique durera jusqu'en 2003
- 1978 : Suppression du contrôle commercial des compagnies aériennes aux États-Unis
- 1987 : Début de la concurrence sauvage entre compagnies aériennes entraînant la faillite de nombreuses compagnies
- 2001 : Début de la différenciation de politique commerciale entre la classe économique (service basique et prestations annexes payantes calqué sur les compagnies à bas coûts) et les classes Premium, Affaire, Première (tous services inclus)
- 2013 : Le taux moyen de remplissage des vols atteint 84 % malgré l'augmentation de l'offre de sièges par avion
- 2015 : Seules 4 compagnies majeures sont en concurrence aux États-Unis, contre 25 à la fin des années 1980[2]
Le bon vieux temps - Le voyage aérien avant la dérégulation
La mise en service du Boeing 707[1] par la compagnie américaine PanAm en 1958 est un exemple de saut technologique. Le vol transatlantique entre New York, sur la côte est des États-Unis, et les capitales de l'Europe de l'Ouest telles que Londres ou Paris nécessitait 14 heures de vol auxquelles s'ajoutaient les temps d'escale technique à Shannon, Irlande et à Gander, Terre-Neuve. L'introduction de l'avion à réaction dans la flotte des grandes compagnies aériennes au cours des années 1960 a réduit le temps de vol à 7 heures grâce à l'augmentation de la vitesse et de la distance franchissable sans escale.
Le prix du billet, l'affectation des routes et donc la régulation de la concurrence, étaient contrôlés par les États, en particulier sur les lignes internationales où la réciprocité était habituelle. Les billets émis par les compagnies appartenant à l'AITA étaient transformables et transférables, c'est-à-dire que le billet pouvait être utilisé à n'importe quelle date pendant sa durée de validité et sur n'importe quelle compagnie.
Dans ces conditions les compagnies aériennes qui disposaient d'avions aux cabines passagers quasi identiques concentraient la concurrence sur la qualité du service à bord. Il était alors courant d'être accueilli à bord et installé avec l'aide d'un personnel de cabine souriant. Certaines compagnies ont même supprimé des sièges pour créer un espace bar voire un salon avec piano.
Le revers de la médaille était un taux de remplissage de l'ordre de 60 %[3] et un coût de l'ordre de 3 à 4 fois plus élevé que le coût de base actuel[4].
Les tendances depuis la dérégulation
Fusion en série et réduction de la concurrence
Le contrôle du gouvernement[1] sur l'attribution des dessertes aériennes et sur les prix a cessé aux États-Unis en 1978[5]. La conséquence immédiate a été la création de nombreuses compagnies aériennes, un accroissement de l'offre et une baisse des prix. La concurrence s'est révélée bénéfique pour le voyageur aérien mais a entraîné la faillite de nombreuses compagnies[6] et la fusion de nombreuses autres. L'émergence (en 2017) de 4 compagnies majeures, United, Delta, American et Southwest, s'est faite en 30 ans à partir de la fusion de 25 compagnies.
La baisse du trafic aérien consécutive aux attentats terroristes du 11 septembre a encore accru la tendance vers une concentration de l'offre qui s'est traduite, au moins pour les tarifs de la classe économique, par une diminution du confort et une augmentation des prix.
Rétrécissement des sièges et accroissement des bénéfices
Afin d'accroître le nombre de passagers transportés les compagnies aériennes ont réduit la largeur des sièges à 17, voire 16,5 pouces, ce qui permet sur un avion à deux couloirs des rangées de 10 sièges au-lieu de 9. En 1985, la largeur minimale était de 18 pouces. De même, le pas entre les sièges a été réduit de 1 à 5 pouces et les réductions ont même porté sur le nombre de toilettes disponibles[1].
Les bénéfices ont eux augmenté grâce à un taux de remplissage qui a atteint, aux États-Unis 83 % en 2015 alors qu'ils atteignait à peine 60% en 1980.
Sécurité
Les règlements de sécurité, en particulier celles concernant l'évacuation des passagers en cas d'accident, n'ont pas été modifiées. Toutefois il est évident que la réduction des espaces entre les rangées de sièges a une influence sur le déplacement des passagers[1].
La réduction de la taille des sièges est aussi un facteur aggravant des risques de thromboses veineuses en particulier au cours des vols long-courriers.
Morphologie et physiologie du passager aérien
Le passager aérien de 2015 est différent de celui de 1985. Par exemple, aux États-Unis, le poids moyen d'un homme est passé de 80 à 90 kg et celui d'une femme de 66 à 75 kg. Les compagnies aériennes ont de plus en plus souvent à traiter le cas de passagers qui ne peuvent pas s'asseoir dans le siège devenu le standard de la classe économique. Si la règlementation d'un pays impose de ne pas refuser le transport d'une personne souffrant d'un excès de poids les compagnies sont contraintes d'adapter leur offre : une solution consiste à inciter le voyageur à réserver deux sièges puis à lui en rembourser un[7].
Les compagnies aériennes doivent aussi accommoder des passagers de tous âges dont l'état de santé peut être déficient. Les risques liés aux voyages en cabine pressurisées sont directement proportionnels à ces facteurs.
La plupart des compagnies déconseillent[8], voire refusent au delà de 36 semaines, le transport des femmes enceintes dans les derniers mois de leur grossesse.
Profil du passager aérien
En France[9], l'enquête de la DGAC indique que 71 % des habitants ont pris l'avion au moins une fois, dont 38 % au cours de l'année écoulée. Une très grande majorité, 89 %, ont une bonne image des compagnies aériennes et 70 % ont la même opinion sur les compagnies à bas coûts. Un petit nombre de personnes souffrent d'aviophobie mais 30 % des passagers ont peur des accidents et des attentats tout en considérant, à 98 %. que le transport aérien est sûr.