Patan (Inde)
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Cette cité historique était sans doute arrosée dans l'Antiquité par le fleuve Sarasvati mentionné dans les Védas[1], depuis longtemps disparu. Patan est aujourd'hui reliée par le train à Ahmedabad : les deux gares sont distantes de 108 km. On peut aussi se rendre à Patan depuis Ahmedabad via Chansama ou Unjha par bus ou en taxi[2].
Démographie
Au recensement fédéral de 2001, Patan comptait 112 038 habitants, dont 53 % d'hommes et 47 % de femmes ; 11 % de la population a moins de 6 ans. Le taux d'alphabétisation y est de 72 %, sensiblement plus que la moyenne du pays (59,5 %) ; les hommes sont alphabétisés à 78 %, les femmes à 65 %.
Économie
Sur le plan économique, c'est une plaque tournante pour l'agriculture. Le sari patola, l'un des plus réputés de l'Inde, reconnaissable à ses motifs sophistiqués, est une spécialité de l'artisanat de Patan. Selon la complexité des motifs, il faut de 4 à 6 mois pour confectionner un sari patola de 5 ou 6 mètres de longueur.
La ville compte de nombreux établissements scolaires, et Patan est le siège de l’Université Hemchandracharya du Nord-Gujarat.
Avec près de 200 professionnels de santé, c'est également un centre de soins important pour le nord de l'État.
Histoire

Anhilpur Patan, place-forte médiévale, fut fondée en 745 par Vanraj Chavda, le plus célèbre souverain du royaume Chavda. La ville porte le nom du berger Anhil, grand ami du monarque et premier ministre du royaume. Elle apparaît dans la littérature sanskrite sous différents noms : Anahilpatak, Anahipattan, Anahilpur, Anahilvad Pattan, Pattan etc.
Ces rajputs de la lignée des Tchaloukya combattirent de nombreux adversaires pour s'assurer la suprématie sur l’Inde septentrionale : les Paramâra de Mâlvâ, les Chauhans de Sakambhari et les Chandellas de Kalandjar et Mahoba. Au faîte de leur puissance, les frontières du Gujarat s'étendirent à l'ouest au-delà de la péninsule de Saurashtra et du Kutch, de Lata au sud, de la région de Mâlvâ à l'est et du Rajasthan méridional au nord. D'après l’historien T. Chandler[3], Anhilwara était vers l'an mil la dixième ville la plus peuplée au monde, avec environ 100 000 habitants.
Lorsqu'avec Muhammad Ghûrî les musulmans tentèrent au milieu des années 1180 de conquérir le Gujarat, les armées de Mularadjah II, roi-enfant de Patan, menées par la régente Naikidevi leur infligèrent à Kayadra (près du mont Âbû) une telle défaite que Patan demeura en paix pour plusieurs décennies. Finalement, en 1206, le général Qûtb ud-Dîn Aibak (qui devait devenir sultan de Delhi) mit la ville à sac avant qu'elle soit incendiée près d'un siècle plus tard par Alâ ud-Dîn Khaljî (1298).
L'actuelle ville de Patan prit naissance au milieu des ruines de la médiévale Anhilwara. De 1304 à 1411, Patan fut le siège du suba, gouverneur envoyé par le sultanat de Delhi, avant de venir à la fin du XIVe siècle, après la chute du sultanat de Delhi, capitale du sultanat du Gujarat. Les subas édifièrent de nouvelles fortifications, dont il subsiste de nombreux vestiges et même quelques portes. Du vieux fort de la période hindoue, il ne subsiste en revanche qu'un pan de muraille situé sur la route menant de Kalka au Rani-ki-Vav. En 1411, le sultan Ahmed Shah transféra la capitale à Ahmedabad.
Du milieu du XVIIIe siècle jusqu’à l’indépendance de l'Inde en 1947, Patan faisait partie de l’État marathe de Baroda ; alors Baroda fut rattachée à l'État de Bombay, qui en 1960 fut à son tour subdivisé en deux États, le Gujarat et le Maharashtra.

