Patrizio Di Massimo
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| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Patrizio Di Massimo |
| Nationalité | |
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| Formation | |
| Lieu de travail |
Amsterdam () |
| Mouvement | |
| Influencé par |
Baroque, Maniérisme, peinture européenne figurative |
| Distinction |
Finaliste Prix Italia Arte Contemporanea (2012) |
The Lustful Turk (2012-2013) The Escalator Cycle (2021) |
Patrizio Di Massimo, né en 1983 à Jesi dans les Marches, est un artiste contemporain italien vivant et travaillant à Londres[1]. Reconnu comme l'un des peintres figuratifs italiens de la scène artistique contemporaine[2], il est connu pour ses autoportraits et ses portraits de proches, mêlant références à l'histoire de l'art européen, culture populaire et introspection personnelle[3].
Formation
Patrizio Di Massimo naît en 1983 à Jesi, ville de la région des Marches en Italie[1]. Il entreprend des études artistiques à l'Académie des beaux-arts de Brera à Milan entre 2003 et 2007[4]. Durant cette période, il délaisse temporairement la peinture pour explorer d'autres médiums[5].
Il poursuit sa formation à Londres, où il obtient un Master of Arts à la Slade School of Fine Art en 2009[4]. Il bénéficie également de résidences artistiques, notamment à De Ateliers à Amsterdam et à la Pinakothek der Moderne de Munich (Kunstzeitraum)[4].
Carrière
Sa carrière internationale débute en 2009 avec sa première exposition personnelle institutionnelle à la Whitechapel Gallery de Londres, dans le cadre du programme Art in the Auditorium[6]. Il y présente Oae, une œuvre vidéo explorant l'colonisation italienne de la Libye, mêlant images documentaires d'archives et séquences tournées dans la Tripoli contemporaine[6].
En 2010-2011, il participe à l'exposition See Reason au Stedelijk Museum Bureau de Amsterdam, premier volet du Project 1975 interrogeant l'art contemporain à travers le prisme du postcolonialisme[7].
En 2012, il est sélectionné comme finaliste du Premio Italia Arte Contemporanea au MAXXI de Rome, aux côtés de Giorgio Andreotta Calò, Adrian Paci et Luca Trevisani[8].
Le projet The Lustful Turk (2012-2013) marque un tournant dans sa pratique. Initié à la Villa Médicis de Rome puis présenté à Gasworks à Londres, ce cycle d'œuvres s'inspire d'un roman épistolaire érotique anonyme publié en 1828[9]. À travers peintures, dessins, sculptures et papiers peints, Di Massimo interroge de manière critique les attitudes orientalistes et les stéréotypes de l'époque victorienne[9].
En 2021, le Castello di Rivoli Museo d'Arte Contemporanea lui commande The Escalator Cycle, un cycle pictural site-specific pour la risalita meccanizzata reliant le centre historique de Rivoli au château[10]. Ce projet, réalisé en collaboration avec les étudiants de l'Académie Albertina, représente une commande publique dans sa carrière[10].
En 2023, une rétrospective intitulée Antologia (2013-2023) est organisée aux Musei Civici di Palazzo Pianetti et à la Fondazione Cassa di Risparmio de Jesi, sa ville natale[11]. Une monographie accompagne l'exposition, avec des textes de Barbara Casavecchia, Ludovico Pratesi et Massimo Vitangeli[11].
En 2025, il présente Between Us à l'Estorick Collection of Modern Italian Art de Londres, une intervention dialoguant avec la collection permanente du musée[12], ainsi que Friends, Foes, Beds and Beaus à la Galleria Gió Marconi de Milan[13].
Œuvre
Style et technique
Après avoir expérimenté la performance, la vidéo et l'installation durant ses années de formation, Di Massimo se consacre exclusivement à la peinture à partir du début des années 2010[13]. Il développe une technique picturale utilisant le gesso non absorbant pour préparer ses toiles, appliquant des couleurs chaudes ou froides selon les besoins compositionnels[14]. Il emploie notamment la technique du glacis[15].
Son esthétique mêle figuration et références à l'histoire de l'art italienne, notamment les tonalités baroques et le portrait dramatique[15]. Ses influences déclarées vont de la Renaissance au Maniérisme, des artistes français du XIXe siècle à la photographie contemporaine, en passant par Otto Dix et Walt Disney[3].
Thématiques
Le portrait et l'autoportrait constituent les sujets centraux de son œuvre[16]. L'artiste se représente lui-même ainsi que son épouse, la curatrice Nicoletta Lambertucci, dans des mises en scène théâtrales[17].
Ses tableaux explorent l'intersection entre fantasme et réalité, entre identité personnelle et collective[18]. Les thèmes de l'intimité, du désir, du pouvoir et de la masculinité traversent son œuvre[14]. Il représente souvent ses sujets dans des situations de violence, d'intimité ou d'abondance, voilées de mystère[3].
L'artiste accorde une importance aux éléments décoratifs — coussins, rideaux, drapés — qui ne relèvent pas du simple ornement mais portent une signification sémiotique et spirituelle[15]. Cette attention au pli fait écho à l'esthétique baroque, telle qu'analysée par Gilles Deleuze[15].
Processus créatif
Le processus créatif de Di Massimo comporte une dimension performative[3]. Il organise des séances de pose photographiques avec ses proches, orchestrant chaque détail pour obtenir l'image désirée[3]. Plusieurs essais sont souvent nécessaires avant d'atteindre le résultat souhaité, dans une action performative pouvant durer plusieurs heures[3].
Réception critique
La critique a souligné la « clarté picturale » de Di Massimo, décrite comme « une loupe capable de regarder dans les plis de la réalité »[3]. Le critique d'ArtReview compare ses peintures à l'huile à des « machines bien huilées de jeu conceptuel », évoquant la commedia dell'arte italienne[17]. Cette théâtralité assumée, où la libido apparaît comme une « prima donna », révèle les implications sadomasochistes de toutes les relations humaines[17].
Le projet The Lustful Turk a suscité des interrogations critiques sur l'ambiguïté de sa démarche. Frieze questionne ainsi : « L'utilisation de tissus et d'ameublement réduit-elle le harem à un scénario essentiellement domestique [...] éludant avec désinvolture ses répressions, son sexisme misérable ? Les lignes confiantes et souples des dessins et peintures de Di Massimo sont-elles trop ludiques, trop faciles, pour contenir un sujet aussi dense ? »[19]. Cette tension entre séduction visuelle et charge critique constitue l'un des enjeux de son travail.
À propos de son exposition à l'Estorick Collection en 2025, la critique note le contraste entre ses « images soignées et détaillées de personnes réelles soigneusement posées » et les œuvres plus troublantes de la collection permanente qui les entourent[20].
Expositions personnelles (sélection)
- 2025 : Between Us, Estorick Collection of Modern Italian Art, Londres[12].
- 2025 : Friends, Foes, Beds and Beaus, Galleria Gió Marconi, Milan[13].
- 2023 : Antologia (2013-2023), Musei Civici di Palazzo Pianetti et Fondazione Cassa di Risparmio, Jesi[11].
- 2023 : Out Like a Light, ChertLüdde, Berlin[15].
- 2021 : The Escalator Cycle, Castello di Rivoli, Rivoli-Turin[10].
- 2021 : Close at Hand, François Ghebaly, Los Angeles[4].
- 2019 : KURA, Fonderia Artistica Battaglia, Milan[18].
- 2019 : Palazzo Ducale, Gallerie Nazionali delle Marche, Urbino[15].
- 2014 : Me, Mum, Mister, Mad, Kunsthalle Lissabon, Lisbonne[15].
- 2013 : The Lustful Turk, Gasworks, Londres[9].
- 2012 : Buzzi's Turandot, Stedelijk Museum, Amsterdam[15].
- 2012 : The Lustful Turk, Villa Médicis, Rome[9].
- 2009 : Oae, Whitechapel Gallery, Londres[6].
Expositions collectives (sélection)
- 2023 : Pittura italiana oggi, Triennale Milano[15].
- 2018 : EVA International, Limerick[15].
- 2017 : Take Me (I'm Yours), Pirelli HangarBicocca, Milan[15].
- 2015 : Triennale de Milan[15].
- 2014 : M HKA, Anvers[15].
- 2013 : Fondazione Sandretto Re Rebaudengo, Turin[15].
- 2012 : Premio Italia Arte Contemporanea, MAXXI, Rome[8].
- 2010-2011 : See Reason, Stedelijk Museum Bureau Amsterdam[7].
Collections publiques
Les œuvres de Patrizio Di Massimo figurent dans plusieurs collections publiques internationales, notamment celle du Centre Pompidou à Paris[1].