Paul-Marie Gondjout est un homme politique gabonais, ministre de la Communication et des Médias depuis . Il fut également ministre de la Justice de 2023 à 2025 dans le gouvernement de transition instauré par le putschiste Brice Oligui Nguema.
Par la suite membre de l'opposition modérée, il participe début 2023 à la concertation nationale organisée par le pouvoir. Après la chute d'Ali Bongo, il fait partie des premiers à soutenir publiquement le coup d'État d'.
Pendant l'élection présidentielle de 2016, Paul-Marie Gondjout devient le vice-président de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap). Il quitte cependant cette commission peu avant l'annonce des résultats, dénonçant une fraude massive de la part du président sortant, Ali Bongo. Dans la nuit du au , alors que le pays est en proie à des émeutes post-électorales après la réélection du président, le QG du candidat de l'opposition Jean Ping, où se trouve alors Paul-Marie Gondjout, subit un assaut violent de la part de la Garde républicaine[1],[3]. Paul-Marie Gondjout est alors détenu illégalement avec 25 autres personnalités pendant plus de 36 h par le régime, dans des conditions qu'il qualifiera de précaires et humiliantes auprès du journal français Le Monde[3].
Briguant la présidence de l'Union nationale après le départ à la retraite de son beau-père Zacharie Myboto[5], il est battu par l'ancienne ministre Paulette Missambo en . Le , il annonce la création de son propre parti politique: l'Union nationale initiale (UNI)[1]. Cette initiative lui vaut d'être radié de l'Union nationale le [6].
En , Paul-Marie Gondjout participe à la concertation nationale organisée par le pouvoir, malgré le boycott de l'évènement par une grande partie de l'opposition. Peu après, le , il est reçu personnellement par le président Ali Bongo au palais du Bord de mer. Cette visite donne lieu à une séance photo le mettant en scène aux côtés du Président et de l'opposant Louis-Gaston Mayila. L'initiative de Paul-Marie Gondjout est alors critiquée, certains observateurs spéculant sur son possible ralliement au camp présidentiel[1],[7].
Fin , il annonce que son parti ne participera pas à l'élection présidentielle de 2023. Il critique à cette occasion Ali Bongo, qu'il accuse d'être dans une «course effrénée à la conservation du pouvoir», mais également la coalition de l'opposition Alternance 2023, qu'il ne considère pas comme une alternative viable. Il annonce proposer une autre solution: la proclamation d'une IIIe République, qui unirait majorité et opposition. Il crée à cette occasion l'Alliance politique pour le Gabon (APG)[1],[8].
Ministre de la Justice
Après le coup d'État du ayant mené à la chute du régime d'Ali Bongo, Paul-Marie Gondjout s'exprime moins de 24 h après les faits, faisant partie des premiers à soutenir publiquement les putschistes. Il les encourage alors à réaliser une transition «ni trop courte, ni trop longue» et annonce être disponible pour collaborer avec le CTRI[1],[9].
Quelques jours plus tard, le , il est nommé Ministre de la Justice, Garde des Sceaux au sein du gouvernement de transition, premier de la présidence du militaire Brice Oligui Nguema[10]. Succédant à Erlyne Antonella Ndembet Damas[11], il a alors pour mission de réformer le système judiciaire gabonais et de préparer une concertation nationale prévue pour le printemps 2024[1].
Il est également nommé porte-parole du gouvernement, mais cède sa place dès le lendemain de sa nomination à Laurence Ndong, qui rejoint in extremis le gouvernement[12].
Courant 2025, il acte l'absorption de son parti, l'Union nationale initiale (UNI), au sein de l'Union démocratique des bâtisseurs (UDB), nouveau parti au pouvoir[14]. C'est d'ailleurs sous les couleurs de l'UDB qu'il est investi candidat à Lambaréné lors des législatives de 2025, où il perd avec 47,93% des suffrages face à l'ancienne ministre Madeleine Berre du Parti démocratique gabonais[15],[16]. N'acceptant pas ce résultat, il dénonce des irrégularités pendant le scrutin, accusant sa rivale d'avoir eu recours à de la manipulation et à des pratiques occultes, et annonce son intention de déposer un recours auprès de la Cour constitutionnelle[17],[18].
Vie personnelle
Paul-Marie Gondjout est l'époux de Chantal Myboto et le gendre de Zacharie Myboto[1].