Paul Cressent
peintre français
From Wikipedia, the free encyclopedia
Paul Cressent est un artiste laqueur et artiste peintre français, né à Paris le et mort le à L'Île-d'Yeu.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Formation |
Spécialisé dans les techniques de la laque et de l'art mural, il réalise plusieurs commandes pour la République française, les paquebots de la Compagnie générale transatlantique et le palais de l'Élysée, et s'est engagé dans l'enseignement des arts appliqués à Paris pendant plus de trente ans.
Famille et formation
Paul Gaston Cressent naît le dans le 18e arrondissement de Paris au domicile de ses parents au 17, rue Capron. Son père, Paul Hubert Hippolyte Cressent[a] est courtier, et sa mère, Andrée Zoé Carré[b], est comptable[1].
De 1939 à 1943, Paul Cressent poursuit des études secondaires au sein de l'École des arts appliqués à l'industrie, rue Dupetit-Thouars . Il entre ensuite comme décorateur dans l'atelier du laqueur P. Bobot, où il perfectionne la technique de la laque de 1943 à 1946. Parmi ses condisciples à l'école des arts appliqués figurent Pierre Potter, Slaves et Darnat[2].
Le à Paris 17e, il épouse Chantal Marguerite Thérèse Marie Serrurier[3] (1926-2023)[4].
Paul Cressent meurt à L'Île-d'Yeu le .
Carrière
Œuvre de laqueur
Dès la fin des années 1940, Paul Cressent est cité parmi les artistes laqueurs reconnus de sa génération. La revue Mobilier & Décoration écrit, en 1949, un article intitulé « Un art précieux — Les laques de Cressent », reproduisant notamment le Portrait de Guy Chenel (panneau de laque), Les Sept Péchés Capitaux (panneau de laque) et L'Hiver et les plaisirs d'après La Fontaine (panneau de laque)[2].
En 1948, il réalise le décor laqué d'un buffet bas commandé par la Maison Dominique (les décorateurs André Domin et Marcel Genevrière) pour le fumoir de l'appartement privé du président Vincent Auriol au palais de l'Élysée. Ce meuble, en noyer verni, laque et bronze dorés, orné d'un décor de chasse représentant une horde de sangliers dans les sous-bois, est conservé dans les collections du Mobilier national[5],[6].
En 1950, il réalise un meuble en laque offert par le président Vincent Auriol à la reine d'Angleterre Élisabeth II[7].
De 1948 à 1961, il décore plusieurs paquebots de la Compagnie générale transatlantique : le Ville d'Alger et le Ville de Tunis sur la ligne Méditerranée, ainsi que l'Île de France, le Liberté, l'Antilles et le France sur les lignes de l'Atlantique Nord. Sur le Ville d'Alger, il œuvre dans la salle à manger des premières classes ; sur le Liberté, dans l'appartement du médecin principal ; sur l' Île de France, dans l'appartement de luxe « Beauvais » réalisé par Michaux-Pigé et Pesquié, et dans l'appartement « Rambouillet » réalisé par Klein, ainsi que dans un ensemble conçu par Domin. Pour ce dernier paquebot, il réalise, en 1949, une œuvre intitulée La Coiffeuse[2].
En 1967, il réalise Ève, panneau de laque présenté à la Galerie du musée de Dijon en 1972 et reproduit dans la presse critique de l'époque[8].
Tapisseries
En 1950, il conçoit les cartons de deux tapisseries pour le Musée des Tabacs de Bergerac, intitulées La pipe et la cigarette et en 1953, le carton de La Chasse et la pêche, tapisserie exécutée par les ateliers d'Aubusson et destinée au Château de Rambouillet[2].
En 1956, il réalise différentes tapisseries pour des particuliers.
Enseignement
À partir de 1956, Paul Cressent enseigne l'art mural à l'École des arts appliqués à l'industrie à Paris. L'établissement situé rue Dupetit-Thouars, fusionne avec l'École des métiers d’art et devient l'École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'art (ENSAAMA) qui s'installe en 1969 rue Olivier-de-Serres. Il enseigne au sein de cet établissement pendant plus de trente ans et transmet les techniques de son art[9].
Peinture et dessin
Parallèlement à son activité de laqueur, Paul Cressent pratique la peinture, le dessin et l'aquarelle. Il expose régulièrement ses œuvres dans plusieurs villes françaises, notamment à la Société nationale des beaux-arts[10].
Expositions (sélection)
- Galerie Chardin, Paris, 1957, 1958, 1959, 1961
- Galerie J. Chalon, avenue Matignon, Paris, 1963
- Moulin de Vauboyen, 1966
- Galerie du Musée, Dijon, 1972
- Galerie Cardo Matignon, Paris, 1970, 1972, 1974, 1976
- Galerie Ror Volmar, 1979
- Galerie J. Marbach, Colmar, 1981
- Exposition de Tokyo, à l'occasion de la visite du Président de la République, 1982
- Maison de la Culture de Tours, 1983
- Galerie d'Art Place Beauvau, Paris, 1987[11]
Distinctions
- Prix des Imprimeurs, 1957[12].
- Prix du département de Seine-et-Marne, Exposition des « 3 S », 1961[13].
- Médaille de l'enseignement technique remise par le ministère de l'Éducation nationale, 1968[14].
- Prix Taylor à la Société nationale des beaux-arts, 1981[15].
- Grand Prix des Hauts-de-Seine, 1981[15].
- Chevalier de l'ordre des Palmes académiques, 1991[14].
Pour approfondir
Bibliographie
- « Un art précieux — Les laques de Cressent » in la revue Mobilier & Décoration, no XI-70, 1949.
- Artistes de Neuilly, 1958, article de Jean Courbeyre
- Paris Normandie, Rouen, 25 décembre 1961
- La France Graphique, avril 1957
- Arts, 1957
- Le Figaro Littéraire, 1970
- La Revue Moderne des Arts et de la Vie, 24 avril 1970, article de Réva Bery
- Spectacles Arts / La Nouvelle République, 17 novembre 1979
- Le Bien Public, Dijon, 1972
- Catalogue Galerie du Musée, Dijon, 1972
- Catalogue d'exposition, Beauvais, 1997
- Abbaye de Tournus, 1998
- Mobilier national, fiche d'inventaire GME-10758-000, en ligne
Articles connexes
- Art déco
- Charles Cressent (1685-1768), ébéniste du roi Louis XV : la presse de l'époque évoque une possible filiation mais sans l'affirmer avec certitude.
Liens externes
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Dictionnaire Bénézit, notice « Cressent, Paul Gaston », [lire en ligne]
- Marie Potard, « À l’Élysée, le mobilier des (p)résidents », sur le site de la revue Le Journal des arts, (consulté le )
- Collection du Mobilier national, « Buffet - Meuble d'entre-deux ou meuble de bar », fiche d'inventaire GME-10758-000.