Paul Duvigneaud
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P.A.Duvign. |
Paul Duvigneaud, né le à Marche-en-Famenne et mort le à Bruxelles[1], est un botaniste et écologue belge. Professeur à l'Université libre de Bruxelles, à la Faculté des Sciences agronomiques de Gembloux et à l'Université Paris Diderot[2], il publie en 1974 La Synthèse écologique, le premier ouvrage de vulgarisation en français consacré à l’écologie.
Paul Duvigneaud est le fils de Joseph Duvigneaud, ingénieur minéralogiste et des ponts et chaussées, et de Laure Namur[1]. Il est attiré dès l’enfance par l’observation de la nature et des paysages et devient membre de la Société royale de Botanique de Belgique dès 1934. Après deux licences à l’Université Libre de Bruxelles en chimie (1935) et biologie (1937), il obtient son doctorat en sciences botaniques (1940)[1]. Il y travaille ensuite comme assistant jusqu’en 1941 et, après la fermeture de l'université par l'occupant, continue de donner des cours de botanique au sein d'un réseau des cours clandestins. Il est engagé par l’Institut des parcs nationaux du Congo belge pour étudier le matériel d’herbier des lichens du Kivu.
En 1949, il devient chargé de cours à l’Institut agronomique de Gembloux, puis en 1952, professeur extraordinaire à l’Université libre de Bruxelles. Il y enseigne la botanique, l'écologie, la pédologie et la génétique des plantes supérieures à la Faculté des sciences, et est titulaire du cours introduction botanique à la Pharmacognosie à la Faculté de médecine et de pharmacie[3].
Paul Duvigneaud préside la Société royale de Botanique de Belgique de 1957 à 1958.
Il est professeur à l’Université de Paris 7 de 1977 à 1983 où il est fait docteur honoris causa[1].
Il est l'un des fondateurs du Programme biologique international, dont il sera le président du comité belge jusqu’en 1974. Il est membre du comité central du Scientific Committee on Problems of the Environment (SCOPE)[4] où il promeut une approche systémique de l’étude de la biosphère. Paul Duvigneaud est inhumé au cimetière de Neufchâteau[5].
Travaux
Paul Duvigneaud développe une carrière scientifique visant à faire une synthèse entre biologie, écologies et sciences humaines[6].
D’abord spécialiste des lichens, il se tourne vers la phytosociologie, qu’il renouvelle en introduisant la notion de groupes écologiques, prémices de l’analyse des communautés végétales comme bioindicateurs[2].
En 1948, Paul Duvigneaud mène une expédition majeure au Congo belge. En neuf mois, il traverse le Congo méridional de l’Atlantique au Katanga et réunit près de 100 000 échantillons d’herbier. Il y identifie plus de 300 taxons nouveaux pour la science et contribue activement à la Flore d’Afrique centrale et à la Flora Zambesiaca, notamment sur des groupes botaniques complexes tels que Monotes, Cryptosepalum et Humularia. Trois missions complémentaires au Katanga (1956, 1957 et 1960) viennent enrichir cette collection déposée à l’Université libre de Bruxelles. Pendant ces missions, il étudie en particulier la flore des affleurements métallifères du Katanga, dont il décrit en détail la végétation dans son ouvrage majeur Cuivre et végétation au Katanga (1963). Ces recherches l’amènent à explorer les interactions sol-plante et à développer une approche biogéochimique de la végétation.
Dans les années 1950 et 1960, Duvigneaud oriente ses recherches vers l’écologie fondamentale et la dynamique des écosystèmes. Il dirige à Bruxelles le Centre d'Ecologie générale d'abord, puis le Laboratoire de Botanique systématique et Phytosociologie. Il y mène une intense activité de mesure de la productivité et des cycles biogéochimiques dans les forêts du sud de la Belgique (stations expérimentales de Virelles et de Mirwart)[1] aboutissant à une compréhension détaillée du fonctionnement de l’écosystème-forêt, notamment des flux d’énergie et du cycle des éléments minéraux.
En 1962, à la demande du ministère de l’Éducation nationale belge, Paul Duvigneaud publie Documentation 23, un texte pédagogique destiné aux enseignants du secondaire[2]. Remanié et considérablement enrichi de données originales, il servira de base à La Synthèse écologique, parue en 1974. L’ouvrage constitue le premier ouvrage de vulgarisation en français consacré à l’écologie. L'ouvrage associe une synthèse des connaissances scientifiques de l'époque sur l'écologie, et des illustrations de grande qualité réalisées avec la collaboration du dessinateur Isi Goedhuys. Il sera réédité à de nombreuses reprises et traduit dans plusieurs langues, dont le russe[2]. La Synthèse écologique demeure aujourd’hui une référence pour la vulgarisation de la science écologique et la construction d’une représentation globale de la nature.
À partir des années 1970, il développe le concept d’écologie urbaine dont il est un des pionniers[2]. Il applique à la ville — qu’il nomme urbs — la même méthode analytique que pour les écosystèmes naturels : étude des cycles biogéochimiques, des flux d’énergie et de matière, et de l’organisation spatiale. Il montre que la ville constitue un écosystème spécifique, dominé par les apports énergétiques et matériels humains, où la biocénose devient une anthropocénose.
Ses travaux sur Bruxelles aboutissent en 1977 à la publication d’une carte écologique de l’agglomération distinguant une vingtaine de sous-systèmes urbains selon leurs degrés de naturalité et leurs caractéristiques socio-spatiales[7]. Il apporte son soutien aux mouvements associatifs de défense des derniers espaces de vie sauvage en ville[4]. Par cette approche systémique, Duvigneaud ouvre la voie à la pensée écologique appliquée à la gestion urbaine et préfigure les principes du développement durable — « penser globalement, agir localement ».
Plus de quatorze espèces de plantes de la flore d’Afrique lui ont été dédicacées, par neuf auteurs différents[1], depuis (Scleria duvigneaudii) en 1951 à (Sopubia duvigneaudiana) en 2004.
Paul Duvigneaud est l'auteur d’environ 260 publications scientifiques[2], contribuant à de nombreux domaines des sciences naturelles : systématique, phytosociologie, pédologie, foresterie, agroécologie, productivité biologique, pharmacologie et protection de la nature. Militant pour une écologie comme fondement scientifique d’un nouveau projet de société, il est aussi auteur de plusieurs rapports pour l’UNESCO sur l’enseignement de la biologie[2].