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En 1868, Paul Eltzbacher naît à Cologne, chef-lieu du district de Cologne (Regierungsbezirk Köln), situé dans la Province de Rhénanie, une région du Royaume de Prusse. Alors qu'il a 22 ans, Paul Eltzbacher commença sa carrière d'avocat pour les zones régionales des cours de Cologne et de Francfort, il continua cette activité jusqu'en 1895. Son travail fut interrompue par une année de service militaire de 1891 à 1892. En 1899, il obtint son doctorat en écrivant un traité sur l'anarchisme, raison pour laquelle il a pu accéder au professorat à partir de 1906. Dès cette époque, il a concentré ses travaux sur les droits civiques et en particulier sur ce qui concerne le droit commercial. Ses écrits sur l'anarchisme restent malgré tout la principale cause de sa popularité.
Précurseur du « national-bolchévisme »
Eltzbacher est souvent considéré comme l'un des précurseurs du national-bolchévisme qu'il a théorisé, par réaction à ce qu'il a vécu comme une humiliation de l'Allemagne lors de la signature du Traité de Versailles. Il a ainsi suggéré que les intérêts vitaux de l'Allemagne seraient mieux servis par une alliance plus étroite avec l'Union soviétique afin de contrer l'emprise du «capital américain et anglais.»[1] Dans son deuxième ouvrage phare, Der Bolschewismus und die deutsche Zukunft, paru en 1919, il écrivait en conclusion:
«Mais quoi qu’il puisse nous arriver par le bolchevisme – désordre, guerre civile, famine –, nous devons l’accepter de bon gré pour échapper à l’esclavage de l’Entente et donc au mal de loin plus grand. Ce que le bolchevisme peut causer chez nous, même si les pires craintes des pessimistes se réalisent, ne menace que la génération actuelle; l’esclavage de l’Entente, en revanche, anéantit l’avenir de nos enfants et petits-enfants (…) Tout ce qui provoque des souffrances inutiles et fait donc apparaître le bolchevisme comme brutal et cruel, nous pouvons l’éviter en Allemagne, et nous devons également éviter les erreurs que l’on a commises d’abord en Russie et que l’on a ensuite reconnues comme telles (…) Nous voulons réaliser le bolchevisme à notre manière, mais nous devons le réaliser sans réserve. Cela implique avant tout que nous nous décidions aussi à ce qui est le plus désagréable pour les classes possédantes: la socialisation sans indemnisation (…) Nous devons réaliser en Allemagne un bolchevisme aussi libre que possible de scories, animé de l’esprit d’humanité et fondé sur les expériences russes (…) Le bolchevisme nous impose de grands sacrifices, il ne serait pas digne de nous de nous leurrer à ce sujet. Les gens aisés devront faire des sacrifices de fortune. Les sacrifices de sang nous seront difficilement épargnés. Nous devrons sacrifier bien des chères traditions. Nous allons vers un avenir incertain. Mais cela ne doit pas nous effrayer.»[2]
Il déclarait également que «même si la dictature du prolétariat était bien plus terrible qu’elle ne l’est en réalité, elle signifie au moins que l’Allemagne sera gouvernée par des Allemands. Qui ne préférerait se soumettre à la dictature de ses frères allemands plutôt que de se laisser asservir et exploiter par des Anglais au sang-froid et par des Français assoiffés de vengeance?»[1]
Eltzbacher était fasciné par la «puissante ardeur idéaliste» et la brutalité dont faisait preuve le bolchevisme. Celui-ci était entièrement exempt de «considération exagérée pour la liberté de l’individu et de tendresse sentimentale», et reconnaissait pleinement que «l’État représente la contrainte»[1]:
«Avec une détermination impitoyable, [le bolchevisme] contraint l’individu à subordonner ses intérêts à ceux de la collectivité. Il a le courage d’agir et possède donc un pouvoir créateur.»[1]
Eltzbacher estimait que l’adoption du bolchevisme ouvrirait la voie à une alliance russo-allemande, protégeant ainsi l’Allemagne du danger polonais et lui permettant de conserver la rive gauche du Rhin[1].
En tant que député nationaliste du Reichstag, Eltzbacher a participé en à la discussion sur une nationalisation totale de l'économie sans compensation. Le Deutsche Tageszeitung a ainsi utilisé la notion de national-bolchévisme pour nommer la nouvelle théorie d'Eltzbacher, bien que ce dernier n'ait pas utilisé ce terme lui-même.
Il meurt en 1928 dans la ville de Berlin, capitale de la République de Weimar, à l'âge de 60 ans.
Publications
Über Rechtsbegriffe. 1900.
Der Anarchismus. 1900. (réédition 1977 et 1987; traductions: espagnol 1901, français 1902, néerlandais 1903, russe 1906, anglais 1908, yiddish 1909, japonais 1921, italien 1921)
Die Handlungsfähigkeit nach deutschem bürgerlichem Recht. 1903.
Die deutsche Volksernährung und der englische Aushungerungsplan. 1914.
Der Anarchismus. In: Handbuch der Politik. Berlin / Leipzig 1914.
Totes und lebendes Völkerrecht. 1916.
Die Presse als Werkzeug der auswärtigen Politik. 1918.
Der Bolschewismus und die deutsche Zukunft. 1919.
Die neuen Parteien und ihre Programme. Ein Wegweiser im Wahlkampf. 1920.
Deutsches Handelsrecht. 1925.
Aus der Geschichte meiner Familie. 1928.
mit Otto Wille Kuusinen, Alexander von Senger: Kritische Schriften über den Bolschewismus[3].
Notes et références
12345Abraham Ascher et Guenter Lewy, «National-Bolshevism in Weimar Germany: Alliance of Political Extremes Against Democracy», Social Research, vol.23, no4, , p.450-480 (lire en ligne)
↑Paul Eltzbacher, Der Bolschewismus und die deutsche Zukunft, Jena, (lire en ligne), p.41-43
↑Paul Eltzbacher, Ueber Rechtsbegriffe, Inaugural-dissertation... von Paul Eltzbacher,..., J. Guttentag, (lire en ligne)