Paul Emile Johns
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Père | |
| Mère |
Barbara Tcheszka (d) |
| Conjoint |
Jeanne Emma Favre d'Aunoy (d) (de à ) |
| Enfant |
Lina Johns (d) |
| Parentèle |
Robert Griesinger (arrière-petit-fils) |
Paul Emile Johns, né vers 1798 à Cracovie[note 1] et mort le à Paris, est un compositeur, pianiste et organiste ayant beaucoup travaillé à La Nouvelle-Orléans.
Famille
Il est le fils du graveur Friedrich John (1769-1843) et de Barbara Tcheszka. D'après les registres d'immigration américains, on peut estimer sa naissance entre 1798 et 1800. Il a probablement effectué ses études à Vienne[1].
En 1833, sa première épouse décède. En 1836, il se marie en secondes noces avec Jeanne Emma Favre d'Aunoy. Il est le père de cinq filles et trois garçons dont un par adoption[2]. Son fils aîné Albert Johns est fait prisonnier en 1862 lors la prise de La Nouvelle-Orléans par l'Union[3]. Sa fille Lina naît en 1848 à La Nouvelle-Orléans, elle se marie en avec Robert Griesinger[4], un employé ambitieux de l'industrie du coton de 7 ans son aîné[3]. Ils ont un fils : Adolf Griesinger, père de l'officier nazi Robert Griesinger[4]. En cas de décès, Paul Emile Johns avait désigné August Reichard comme tuteur pour Lina, celui-ci possédait cinq esclaves[5].
Jeanne Emma décède en 1851 et il se marie en troisièmes noces avec Marie Celeste Rose d'Aunoy en 1852[2].
Carrière
Il déménage ensuite à La Nouvelle-Orléans en 1818[6]. Il y est connu pour avoir été le premier interprète de Beethoven en 1819 en jouant un concerto pour piano. Le second enregistrement de Beethoven aux États-Unis n'eut lieu qu'en 1842 à Boston[1].
Un élément atteste de son talent de musicien : en moins d'une semaine, il joue le 2e concerto pour piano de Jan Ladislav Dussek le puis le 3e concerto pour piano de Daniel Steibelt le [1].
Visiteur régulier de Paris, il se lie d'amitié avec Chopin qui lui dédie ses mazurkas Opus 7[1], publiés en novembre 1832. Ce n'est qu'en 1972 qu'on identifie Paul Emile Johns comme étant le dédicataire de ses mazurkas[7]. C'est Camille Pleyel qui introduit Johns auprès de Chopin probablement en 1832, en effet, à cette époque Chopin réfléchit à émigrer aux États-Unis[8]. Chopin décrit d'ailleurs Johns comme un « amateur éclairé de La Nouvelle-Orléans » à Ferdinand Hiller[9].
Il compose l'Album Louisianaise : Hommage aux Dames de la Nouvelle Orléans, co-édité avec Pleyel à Paris, il paraît entre 1831 et 1834. Il comprend six romances (chacune dédiée à une dame de la Nouvelle-Orléans), une valse et une polonaise[1].
En , Johns achète son premier esclave auprès du compositeur George Manouvrier : Reuben, un jeune garçon de 14 ans[note 2],[10].

On connait de sa composition Grand Military March for Orchestra, The Warlike Symphony et l'opéra-comique en un seul acte The Military Stay mais il semble que toutes ces œuvres aient disparu, probablement à cause d'un incendie au bureau de Johns, situé 89 Chartres Street à La Nouvelle-Orléans. Il est également connu pour ses interprétations de Chopin. D'ailleurs, plus tard, dans plusieurs villes américaines et canadiennes, on comparera les pianistes interprétant Chopin à Johns[1]. Henri Kowalski évoque d'ailleurs le fait qu'il est critiqué après un concert car son interprétation de Chopin était très différente de celle de Johns[11],[12].
En 1834, il crée une maison d'édition spécialisée dans la musique[1]. En 1846, il vend sa maison d'édition à William T. Mayo qui la vend ensuite à Philip Werlein (en) en 1854[2]. Dans les années 1840, il devient marchand de coton. Il est également l'organiste de la cathédrale Saint-Louis de La Nouvelle-Orléans[1].
Il meurt à Paris le [1]. A la fin de sa vie, il était consul de Russie à La Nouvelle-Orléans[13].