Paul Ferry

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Décès
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MetzVoir et modifier les données sur Wikidata

Paul Ferry ou (beaucoup plus rarement) Ferri ( - ) est un pasteur et théologien protestant français. Il est pasteur de l'Église réformée de Metz, de 1612 à 1669.

Fils du conseiller du maître échevin Jacques Ferry et d’Élisabeth Joly, sœur du procureur du roi en ville, Paul Ferry[1], naît à Metz, le [2]. Issu d'une famille de notables réformés messins, Paul Ferry étudie d'abord dans des États allemands, puis à La Rochelle et devient enfin étudiant en théologie à l'Académie réformée de Montauban. Il y gagne un peu de notoriété en publiant un recueil de pièces poétiques[2].

En 1611, Paul Ferry est appelé pour succéder au pasteur François Buffet, alors qu'il a à peine 20 ans. Il reçoit l'imposition des mains le , du pasteur messin Théophile Le Coullon (1580-1652). Son ministère dans sa ville natale dure 58 ans. Avec ses 3 ou 4 collègues ordinaires, il exerce au sein d'une communauté puissante (entre la moitié et le quart des 20 000 habitants de la cité), et particulière du point de vue ecclésiastique (car indépendante des Églises réformées de France). Dès la fin des années 1610, son réseau de correspondance est étoffé et il semble être le leader spirituel de son Église. Il est en contact avec tous les grands noms du protestantisme francophone de son temps, que ce soit dans le royaume ou dans les communautés de l'étranger (Provinces-Unies, États allemands, etc.), profitant ainsi de la position de Metz. Son influence spirituelle reste cependant relativement limitée, puisqu'il ne publie que cinq sermons tout au long de son ministère. Mais il est souvent reconnu comme un médiateur. Au niveau local, il est en première ligne des principales affaires qui mettent aux prises les réformés et les catholiques (par exemple la confiscation du temple de la rue de la Chèvre au profit des jésuites, qui de ce fait deviennent les voisins de Ferry). De ce fait, il est très régulièrement choisi pour prononcer des harangues aux représentants du pouvoir de passage à Metz, y compris Louis XIII et Richelieu eux-mêmes en .

Au temple de la Horgne, il épouse Esther de Vigneulles, en 1613[2]. Veuf en 1636, il se remarie en 1637 avec Suzanne Lespingal[2]. Il a au total 12 enfants, dont seulement deux lui survivent. Par sa fille aînée, Suzanne, il est le grand-père du pasteur aveugle Jacques Couët du Vivier (1634-1666), arrière-petit-fils de Jacques Couët (en) (1546-1608), pasteur de Paris et Bâle.

En 1625, il réplique par un opuscule critique au livre du poète catholique Alphonse de Rambervillers intitulé Les actes admirables en prosperité, en adversité, et en gloire du bienheureux Martyr Sainct Livier, Gentil-homme d'Austrasie[3]. À partir de 1642, Paul Ferry se lance dans des recherches historiques plus développées, qui restent inachevées à sa mort. Son but était de réfuter un ouvrage de controverse fondé sur l'histoire, écrit par le théologien franciscain et évêque suffragant de Metz (1629-1644), Martin Meurisse. Il est surtout connu pour sa controverse avec Jacques-Bénigne Bossuet. À l'origine de cet échange de vue, il y a la conversion au catholicisme d'un avocat réformé adversaire de Ferry, Gaspard de Lalouette, dans la cathédrale de Toul en 1653, à l'initiative de Bossuet, puis un ouvrage du pasteur messin, publié en 1654 à Sedan et intitulé Catéchisme général de la Réformation prêché dans Metz. Bossuet s'empressera d'y répliquer par une Réfutation du catéchisme du sieur Ferry, ministre de la Religion prétendue réformée[4]. À la suite de cet échange, les deux hommes restent en contact et dialoguent en 1666 à propos d'une réunion des catholiques et protestants: ces discussions ont souvent été considérés comme une preuve de sa modération, mais il ne fait aucune concession à son jeune interlocuteur, alors chanoine de Metz.

Les dernières années de sa carrière sont consacrées à des recherches pour réunir calvinistes et luthériens: il s'intéresse alors de près aux travaux de John Dury.

Paul Ferry meurt à Metz le [note 1].

Son œuvre

Notes et références

Annexes

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