Paul Natali
homme politique français
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Paul Natali est un homme politique français, né le à Saint-Geniès-de-Malgoirès. Il est originaire d'Omessa en Haute-Corse. Il meurt le à Bastia.
| Paul Natali | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Sénateur français | |
| – (6 ans, 5 mois et 18 jours) |
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| Élection | 27 septembre 1998 |
| Circonscription | Haute-Corse |
| Prédécesseur | Jean-Baptiste Motroni |
| Successeur | François Vendasi |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Saint-Geniès-de-Malgoirès |
| Date de décès | (à 86 ans) |
| Lieu de décès | Bastia |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | RPR, UMP |
| Profession | Administrateur de sociétés |
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Biographie
Chef d'entreprise insulaire, Paul Natali fut président de la CCI de la Haute-Corse[1]. Il est Président du Sporting Etoile Club de Bastia de 1973 à 1980, souhaitant donner à la Corse une grande équipe de football. Comme en politique ou en économie, il avait fait du Sporting une machine huilée et savamment orchestrée, en recrutant des stars, comme Džajić ou Johnny Rep, Rijsbergen, Larios, Lacuesta, Krimau. Le Sporting Etoile Club de Bastia (SECB) parvient en finale de la Coupe UEFA durant la saison 1977-1978.
En 1985, il est élu Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Haute-Corse. Son objectif est d'en faire un outil d’accompagnement des politiques publiques au service de l’économie de l’île. Dans un livre qui fête les 150 ans de la Chambre de Commerce et d’Industrie, qu’il fera éditer en 1993, il exprime son sens politique, son sens économique, son attachement à l’humain, à l’identité et aux racines :
Il définira la politique de la CCI, basée sur des valeurs :
Sous sa présidence, la CCI se structure et consolide sa situation financière : « Il s’agissait notamment de relever les taxes des ports et des aéroports, de renégocier les emprunts, d’obtenir le concours de la région pour ces emprunts, de lancer des programmes européens. »
L’autre action est de rénover les concessions portuaires et aéroportuaires : « Avant son arrivée à la CCI en 1986, le Port de Bastia était une poubelle ! » dit un ancien collaborateur, « Il était ouvert à tous les vents, tout était sale. La première action a été de nettoyer en profondeur le port et de le fermer. Il y avait aussi des silos de ciment vétustes qui polluaient le quartier de Toga. Toute la population de Toga est venue remercier le Président car il avait entrepris d’ériger des silos dignes de ce nom. Il y avait sur les docks, des installations très anciennes. Paul Natali avait décidé de lancer un grand programme d’aménagement en gagnant du terrain sur la mer pour y créer des parkings. »
La formation
L’autre grand dossier est celui de la formation. Il veut la développer, donner à la jeunesse insulaire les moyens de se former en Corse, de disposer d’un enseignement qualifiant et trouver ensuite un emploi sur place ou ailleurs… La formation répondait aussi aux besoins de développement du tissu entrepreneurial. Entièrement financée par l’Union Européenne, la construction de l’Institut Méditerranéen de Formation, à Borgo, en 1990, matérialisera cet engagement. Durant quatorze années, il s’efforça de conduire une politique d’investissements à travers de grands travaux et de grands projets pour doper l’économie insulaire. La CCI est entièrement orientée vers l’action : « C’était au-delà de notre président, un très grand manager. Il nous avait inculqué une véritable culture d’entreprise. Nous ne comptions pas nos heures, c’était une période hyper dynamique ! » note une de ses collaboratrices.
En dépit des crises sociales de 1989 et de 1995, la CCI assure le sauvetage et le redressement des entreprises grâce aux grands travaux au port de commerce de Bastia et à l’aéroport de Poretta, à l’extension du palais consulaire, la création de la Foire de Bastia, la création de l’Institut méditerranéen de formation à Borgo et des zones d’activités de Purettone et de Tragone au sud de Bastia.
L'instauration de la Zone Franche
L'économie Corse lui doit l'instauration de la Zone France. Henri Apicella, ancien cadre à la CCI, raconte :
Le Plan de Développement Régional de 1993
Ministre de l’Intérieur et des Collectivités Locales dans le gouvernement d’Edouard Balladur, Charles Pasqua soumet une nouvelle tentative de relance économique en Corse avec le Plan de Développement Régional, institué le 1er octobre 1993 et élaboré par le Conseil Exécutif de Corse.
En tant qu’outil de développement économique, la CCI de la Haute-Corse a participé aux grandes lignes de ce Plan. L’objectif de ce PDR, qui doit se poursuivre dans les 15 années à venir, est le développement de la Corse en valorisant les ressources humaines et naturelles de l’île. Tous les secteurs d’activité, et pas seulement le tourisme, même si celui-ci a un poids particulier, doivent participer. La Corse doit s’intégrer à l’Europe en construction et ne plus se contenter de solutions sectorielles.
Le plan s’articulait autour de quatre axes : en premier, les transports, les équipements et l’aménagement en infrastructures et la diversification équilibrée des liaisons maritimes et aériennes, afin de rechercher une baisse du coût des transports vers l’extérieur ; le second volet concernait le tourisme, l’industrie, l’artisanat, les services, des activités nouvelles, l’agriculture et la forêt. Le troisième axe était l’environnement et l’aménagement du territoire. Enfin, le quatrième concernait la formation, l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche, la culture, les sports, les activités sanitaires et sociales.
Le Président Natali considère qu’il s’agit d’un « bon document » mais que ces orientations demeurent trop générales. Il est l’un des premiers élus de l’île à mettre en avant la nature du problème insulaire, qui est d’abord fiscale : « Il conviendrait sans préjuger des négociations à conduire en cette matière de se fixer un délai maximum – qui ne devrait pas aller au-delà du 31 décembre 1994 – de disposer d’un texte adapté aux besoins de l’île, dérogatoire au droit national et au droit communautaire. » Le principe d'un statut fiscal particulier était posé !
Initiatives multiples pour redresser l’économie insulaire
Quand on lui demandait, en fonction des périodes, la manière à employer pour sortir d’une crise économique et sociale, Paul Natali répondait : « La crise ? En Corse, on est en crise permanente ! »
Fataliste dans le propos, il savait se montrer pragmatique. Sous sa présidence, la CCI de la Haute-Corse multiplia les initiatives, les projets, les programmes comme la création des parcs d’activités de Purettone et de Tragone à la fin des années 80.
L’objectif était de réindustrialiser la Corse, premettre aux entreprises d’accéder, dans un premier temps, au foncier. Au sud de Bastia, la plaine dispose d’importantes surfaces de nature agricole. Il envisageait d’aménager ces espaces comme le fer de lance d’une industrialisation abandonnée entre la Première et la Seconde Guerre Mondiale. Ces terrains de Purettone et de Tragone se vendent rapidement. Henri Apicella l'explique :
Agir, moderniser, professionnaliser, ce triptyque va structurer l’économie insulaire durant ses quatorze années de présidence. Les actions menées ont pour enjeu de se positionner sous l’angle de la transversalité. Paul Natali avait la vision d’une économie circulaire et locale, tout en ouvrant la Corse sur de nouveaux horizons comme l’Europe, la PACA, la Ligurie et la Toscane.
Dès le début des années 90, il conçoit l’organisation des premières assises du commerce et du tourisme. Elles se dérouleront à Taglio-Isolaccio. La parole sera donnée aux socio-professionnels du département ; leurs réflexions serviront à l’élaboration d’un livre blanc, plan de développement économique et social. L’événement bénéficiera du soutien de l’Assemblée Nationale des CCI de France et sera parrainé par le journaliste économique, Emmanuel de la Taille, un des spécialistes de la construction européenne. Le général De Gaulle dira de lui : « Au moins, il connaît ce dont il parle et on comprend ce qu'il en dit. »
Ayant lieu avant la mise en œuvre du statut particulier de la Corse de 1992, les assises feront valoir l’influence des socio-professionnels au niveau politique. Le Livre blanc du commerce et du tourisme insulaires va définir un cap, en abordant notamment la principale des problématiques, celle des transports.
Toujours en 1991, la CCI de la Haute-Corse déclenche un vaste plan d’aménagement, de l’ordre de 278 millions de francs, soit plus de 42 millions euros aujourd’hui. Il s’agissait d’un programme d’équipement pour préparer la Corse au passage à l’an 2000. L’effort financier fut important pour le volet infrastructures portuaires et aéroportuaires. Le volume d’investissements prévoyait une répartition basée comme suit : Assemblée de Corse (58 millions de francs), Communauté Européenne (43 millions de francs), Conseil Général de la Haute-Corse (5 millions de francs), la Chambre de Commerce apportant, de son côté, un autofinancement de 152 millions de francs. Les travaux concerneront le port de commerce de Bastia, à hauteur de 124 millions d’euros, afin d’améliorer l’accueil et la rapidité d’accostage comme la réalisation des terminaux actuels et la création d’un huitième poste à quai. 90 millions de francs seraient investis pour l’aéroport de Bastia-Poretta, 42 millions de francs pour l’aéroport de Calvi-Sainte Catherine et enfin 22 millions de francs pour le port de commerce de L’Ile-Rousse.
L’aménageur du bassin de vie de la Marana
Au début 1988, un an avant les municipales de Bastia, il sortira vainqueur de l’élection du canton de Borgo qui regroupait à l’époque, les communes de Biguglia, Lucciana, Borgo et Vignale. Dans la foulée, il est élu Président du SIVOM de la Marana, créé en 1949, rassemblant les communes de Biguglia, Borgo, Furiani, Lucciana, Monte, Olmo et Vignale ayant mutualisé leurs moyens pour assumer les compétences en Eau et en Assainissement. Cet outil d’aménagement du territoire s’est révélé indispensable pour l'attractivité économique.
Les accords de Castirla et l’accession à la présidence du Conseil Général
En 1992, la gauche détient le pouvoir départemental depuis la mise en œuvre de la bi-départementalisation de 1976. François Giacobbi assure la présidence du Conseil Général de la Haute-Corse depuis ses origines. En 1988, une nouvelle génération d’élus de droite, rassemblés sous la bannière de Paul Natali, obtient ses premiers succès électoraux. Certains cantons basculent de gauche à droite, les forces se rééquilibrent à partir de 1988. L’année 1992 sera déterminante pour la droite insulaire. En mars, les premières élections territoriales issues du statut Joxe se dérouleront en même temps que les élections cantonales. Toujours divisée, la droite part divisée à l’élection territoriale. Plusieurs listes s'affrontent, dont celles de Jean-Paul de Rocca Serra en binôme avec Jean Baggioni, et celle de Paul Natali. Sa présence était le moyen d’empêcher la Corse d'être partagée entre Jean-Paul de Rocca Serra au sud et François Giacobbi au nord, ce « tango insulaire ». Le 31 mars 1992, la petite commune de Castirla deviendra le cadre de la nouvelle organisation institutionnelle et publique de l’île. Les accords de Castirla sont ratifiés en l’espace de quelques heures au sein de l’établissement Chez Jacqueline. En contrepartie du vote des cinq élus du groupe Natali en faveur de Jean Baggioni pour la présidence de l’Exécutif, les conseillers généraux de la famille libérale s’engagent à soutenir la candidature de Paul Natali à la présidence du Conseil Général.
1992-1998 : Président du Conseil Général de la Haute-Corse
Paul Natali était libéral ; faire reposer sur les impôts l’atténuation du chômage de masse n’était pas une saine politique publique. Au contraire, la force publique doit pouvoir attirer des investissements afin d’organiser l’économie.
Durant ses six années à la tête de l’institution départementale, il favorisera le soutien au monde rural, via la réalisation d’un grand programme de réfection, de rénovation et de création des routes. Améliorer l’accès, fluidifier la circulation, créer la mobilité, l’idée était de connecter tous les territoires de la Haute-Corse, de lier le littoral à la montagne. La richesse produite dans les stations balnéaires et touristiques devait se répartir et inonder le monde rural.
Les programmes sont lancés, les initiatives se multiplient. Parmi ses grandes mesures, il y a la « Coupole ». Siégeant dans les locaux de la Préfecture de la Haute-Corse, Paul Natali entrepris dès son arrivée la construction de l’hôtel du département. L’architecte du projet est Franck Beaucé, un des grands architectes en France. Il réalisa de nombreux édifices et travailla pour la Principauté de Monaco. L’esthétisme et la longévité sont les critères retenus. Il est aujourd'hui le siège de la Chambre des Territoires et un bâtiment annexe de la Collectivité de Corse. il est cité en exemple pour son infrastructure. Pour ses élus, la salle des délibérations est la plus belle et la plus fonctionnelle de Corse. La « Coupole » a son cachet et s’est ancrée dans l’imaginaire des bastiaises et des bastiais.
Il sera élu sénateur de la Haute-Corse de 1998 à 2005.
En décembre 2003, il est condamné par la cour d'appel de Bastia à 2 ans d'inéligibilité et 20 000 euros d'amende pour prise illégale d'intérêt et usage de faux[2]. Il doit démissionner de ses mandats en 2005.
Il meurt le , à l'âge de 86 ans, à la clinique Maymard de Bastia, des suites d'une longue maladie[3].
Détail des fonctions et des mandats
- 1988 - 1994 : conseiller général du canton de Borgo
- 1994 - 2001 : conseiller général du canton de Borgo
- 2001 - 2005 : conseiller général du canton de Borgo
- Mandat parlementaire
- - : Sénateur de la Haute-Corse
