Paul Soullard

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Paul Soullard est un collectionneur nantais de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Sa collection, agrandie par son fils Marcel, est aujourd'hui exposée au musée Dobrée de Nantes.

Décès
(à 91 ans)
Nantes (France)
Nom de naissance
Paul Marie Philomène Soullard
Paul Soullard
Biographie
Naissance
Décès
(à 91 ans)
Nantes (France)
Sépulture
Nom de naissance
Paul Marie Philomène Soullard
Nationalité
Formation
Collège des Frères de Bel-Air (Nantes)
Activité
Autres informations
Propriétaire de
Hôtel Montbert (Rue du Château, Nantes)

Origines

Paul Soullard naît en 1839 à Nantes, de parents de la classe moyenne artisanale. Son père, Jean-François Soullard, est marchand tailleur tandis que sa mère Pauline Joséphine Bresdon est marchande. Les origines de sa famille sont floues, mais il la décrit comme venant du Poitou. Il fréquente le collège des Frères de Bel-Air de Nantes (rue de Bel-Air) avant d’arrêter ses études, sans aller au lycée ou à l’université[1].

Activité professionnelle

Il travaille longtemps comme commis, avant de fonder une “manufacture de plumes et duvets, crins frisés, laines”, dont l’atelier et le magasin se trouvent dans son hôtel de Montbert de la rue Basse du Château où il réside[1]. L’entreprise prospère, ouvrant deux autres adresses à Nantes. Il fournit les particuliers et remporte des marchés publics, fournissant par exemple la literie du Lycée de Nantes (actuel lycée Georges-Clémenceau). En 1898, à 59 ans, il se retire des affaires et vit de ses rentes, sous la forme de loyers tirés de plusieurs appartements et de placements à la Caisse d’Epargne. Il se consacre alors pleinement à son activité de collectionneur et de savant[2].

Collectionneur et savant

Paul Soullard est très rapidement actif dans les cercles érudits locaux. Il adhère à la Société Archéologique de Nantes en 1862, à 23 ans, dont il devient un membre très actif jusqu’à sa mort. Il y rencontre Fortuné Parenteau, numismate et conservateur du musée de la société archéologique, qui devient son mentor en l’introduisant dans la Société[3]. Il devient archiviste et bibliothécaire de la Société archéologique de Nantes, il pratique le dessin et s’intéresse à l’archéologie (sans participer lui-même à des fouilles). Il est également membre de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, et entretient des contacts avec Adolphe Dieudonné, numismate du Cabinet des Médailles. Numismate reconnu par ses pairs, il est élu à la Société française de Numismatique en 1904[2].

Il participe également à des études et publications, notamment l’étude de presque tous les trésors monétaires médiévaux mis à jour en Loire-Atlantique[2]. Il permet également, par ses talents d’épigraphe, d’identifier une châsse en plomb découvert dans l’hôtel de Châteaubriant, rue de Briord à Nantes et de l’attribuer à la dame Françoise de Dinan, préceptrice d’Anne de Bretagne et dame de Châteaubriant[2]. Malgré sa riche activité, il ne publie aucun ouvrage mais de nombreux articles et contributions à des livres et aux inventaires du musée Dobrée. Il donne de nombreuses conférences à la Société archéologique, largement inédites[1].

Matrice de sceau en forme de navette avec une inscription sur le pourtour et une image de Jean II priant devant une Vierge à l'enfant.
Matrice du sceau de Jean II de Pontron, retrouvée par Paul Soullard.

Il collectionne passionnément et acquiert des objets variés, notamment des monnaies et jetons, des sceaux, des livres et “vieux papiers” sur Nantes et la Bretagne. Passionné, il ne dépense cependant pas beaucoup d’argent dans l’achat de nouvelles pièces, notamment lors de l’instabilité suivant la Première Guerre mondiale qui affecte ses revenus. Il parcourt les brocantes et sauve des pièces de la destruction chez des fondeurs nantais, avant de présenter ses trouvailles à la Société archéologique, la matrice du sceau de Jean II, abbé de Pontron jusqu’en 1360, qu’il trouve chez un fondeur de cuivre[4]. Il participe aussi à quelques ventes aux enchères, comme celle de la vente de la collection Richard à Drouot du 10 au 16 juin 1904.

Paul Soullard meurt le 13 octobre 1930, dans sa ville natale et est enterré au cimetière Miséricorde. Il meurt de manière inattendue, sans avoir pu anticiper le devenir de ses collections[1].

La collection Soullard

Paul Soullard est introduit aux jetons dès l’enfance, qui suscitent son intérêt et le début de sa collection : en effet, des membres de sa famille étaient auditeurs à la chambre des comptes de Bretagne et autres institutions nantaises. Ils en ramenaient des jetons de présence, qu’ils utilisaient en jouant à des jeux[5]. Agrandissant sa collection pendant plus de 80 ans, il a rassemblé une collection de plusieurs milliers de pièces, sans grande valeur commerciale mais avec une valeur historique très importante pour l’histoire de Nantes, de la Bretagne et de l’ouest de la France, notamment des jetons des grandes institutions publiques bretonnes comme les maires de Nantes et de Rennes et les États de Bretagne[1].

La constitution de sa collection connaît deux grandes périodes[1]. Avant la Première Guerre mondiale, il constitue un ensemble très cohérent de monnaies et de jetons, tandis qu’il achète des objets beaucoup plus variés après la guerre, portant une attention particulière aux sceaux et cachets. Il apporte aussi un grand soin à sa collection de monnaies ducales bretonnes, avec certaines monnaies uniques comme l’écu d’or à la cordelière de François II[2],[6]. Sa collection a donc une valeur très importante pour l’histoire monétaire de la Bretagne et l’organisation de son administration. En plus de ces axes majeurs, sa collection est également riche en monnaies féodales françaises, gauloises, jetons en général, monnaies romaines et de nécessité (notamment nantaises)[2]. Il rassemble également un ensemble d'une trentaine de monnaies byzantines qui constituent le noyau de la collection de monnaies byzantines du musée Dobrée de Nantes[7]. Il ne collectionne cependant pas ou peu de monnaies grecques ou mérovingiennes, et pas du tout de billets[1].

Son fils Marcel Soullard hérite de sa collection à sa mort en 1930. Lors de la Seconde Guerre mondiale, une bombe tombée sur l’hôtel de Montbert, où se trouvait la collection, endommage la collection et rend aujourd'hui impossible de savoir exactement combien de monnaies celle-ci comptait[1]. Marcel Soullard fait don de la collection de son père au musée Dobrée en 1967 et 1968[8].

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

Articles connexes

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