Paul Troubetzkoy

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 71 ans)
PallanzaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Paolo Petrovich TroubetzkoyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Paolo StahlVoir et modifier les données sur Wikidata
Paul Troubetzkoy
Valentin Serov, Portrait de Paul Troubetzkoy,
localisation inconnue.
Titres de noblesse
Prince
Prince
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 71 ans)
PallanzaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Paolo Petrovich TroubetzkoyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Paolo StahlVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Famille
Père
Pierre Troubetzkoy (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Pierre Troubetzkoy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Autres informations
Maîtres
Genre artistique
Œuvres principales
Monument à Alexandre III (d), Buste de Francesco Filippini, Statue of Eleftherios Venizelos, Chania (d), My wife (d), Mother and child (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Paul Troubetzkoy
Signature
Plaque commémorative

Paolo Petrovitch Troubetzkoy, dit Paul Troubetzkoy (en russe : Павел Петрович Трубецкой), né le à Intra sur les rives du lac Majeur et mort dans la commune voisine de Pallanza le , est un sculpteur et peintre italo-russe. D’ascendance russe mais né et élevé en Italie, il se forme et débute à Milan avant de mener une existence cosmopolite et une carrière internationale entre l’Europe, la Russie et les États-Unis. Portraitiste mondain du tournant du XXe siècle, il applique à la sculpture une esthétique proche de l’impressionnisme. Ses rencontres avec des personnalités des capitales européennes et américaines nourrissent une œuvre principalement consacrée au portrait.

Enfance et formation en Italie

Paolo Troubetzkoy est le fils du prince russe Piotr Petrovitch Troubetzkoy (1822-1892) et de la cantatrice américaine Ada Winans (1835-1917). Son père, issu d’une famille aristocratique (maison Troubetzkoy), est diplomate. Sa mère est la fille d'un négociant de New York. Ses parents se rencontrent à Florence en 1863 alors que Pyotr Petrovitch, qui est déjà marié, a rejoint un poste diplomatique sans sa femme restée en Russie, et que Ada Winans séjourne en Italie pour parfaire sa formation musicale[1]. Trois enfants naissent de cette union illégitime entre 1864 et 1867 et sont d’abord déclarés sous le nom de Stahl, sous lequel leur père, pour des raisons de convenance, s’était déclaré à l’état civil italien avant la dissolution de son précédent mariage en Russie[2]. Piero (peintre) né en 1864, Paolo en 1866 et Luigi (ingénieur) en 1867. Une fois le divorce avec Varvara Iourievna Troubetzkaïa prononcé en 1870, Pyotr Petrovitch se marie avec Ada et reconnait ses trois fils, qui prennent le nom de Troubetzkoy. Troubetzkoy semble avoir gardé toute sa vie l'empreinte de cette complexité d'origine. Il mène une existence cosmopolite, multipliant les séjours à l'étranger parfois pour de très longues durées.

Il grandit dans la Villa Ada, résidence familiale fréquentée par des artistes de la Scapigliatura comme Giuseppe Grandi, le compositeur Alfredo Catalani, ainsi que les peintres Tranquillo Cremona et Daniele Ranzoni, dont il resta proche. À partir de 1884, les trois frères Troubetzkoy s'installent à Milan avec leur mère[2].

Dès son plus jeune âge, Paolo Troubetzkoy manifeste une personnalité exubérante, indépendante et réfractaire aux études rigides. En 1884, il commence un apprentissage auprès des sculpteurs Donato Barcaglia et Ernesto Bazzaro à Milan, mais l’abandonne rapidement pour travailler seul[1]. Ses premières œuvres sont de petites statuettes d’animaux (chevaux, chiens, éléphants). En 1886, il expose Un cheval à l’Académie de Brera. Vers 1890, il participe à des concours pour monuments publics (Garibaldi, Dante, Amédée VI de Savoie). Certaines de ses œuvres sont alors acquises par des musées en Italie et à l’étranger, comme la Galerie nationale d'Art moderne et contemporain de Rome et pour le musée des Beaux Arts de San Francisco.

À Milan, Troubetzkoy trouve ses principaux commanditaires parmi des figures de la noblesse lombarde (les comtes Durini et Visconti di Modrone et le marquis Cesare Piantanida), mais il jouit aussi de faveur auprès des noms de la grande bourgeoisie industrielle (Ernesto de Angeli, Corrado Cramer et les banquiers Gustavo et Aldo Weill-Schott)[2].

Russie et premiers succès

À la fin des années 1890, après la mort de son père et le départ de son frère Pierre pour l’Angleterre, Troubetzkoy part pour la Russie, où il vit jusqu’en 1906, tout en séjournant ponctuellement en France et en Italie[1].

En 1899, il rencontre Léon Tolstoï à Iasnaïa Poliana. Marqué par ses idées humanistes, il devient végétarien[1],[3] et réalise l’œuvre Les Mangeurs de cadavres (aujourd’hui au Museo del Paesaggio, Verbania)[4].

Durant ces années russes, il se lie avec des peintres comme Valentin Serov et Ilia Répine, avec lesquels il partage l’intérêt pour le portrait et certains commanditaires de la haute société. Bien accueilli par les élites locales, il réalise de nombreux bustes de personnalités politiques et aristocratiques russes ; des portraits de jeunes femmes comme la princesse Gagarine[4], aux imposants bustes tel celui du prince Meshchersky commencé en Italie, les grands-ducs Pavel Alexandrovitch et Andrej Vladimirovič, le ministre comte Sergej Witte, ou le prince Lev Galitzin[2].

Sa participation à l’Exposition universelle de 1900 à Paris marque sa consécration. Présent tant dans le pavillon russe que dans l’italien[2], son Tolstoï à cheval sur Délire obtint le Grand prix et est acquis par l’État français pour le musée du Luxembourg (aujourd’hui au musée d’Orsay). Cette distinction propulse sa carrière et lui assure une renommée internationale[1].

Nommé professeur à l’Académie de Moscou, il encourage ses étudiants à travailler d’après nature[4] et devient chef de file de la « Nouvelle école de sculpture de Moscou ». En 1900, grâce au soutien de la famille impériale, Troubetzkoy est déclaré vainqueur du concours pour le monument au tsar Alexandre III à Saint-Pétersbourg. Cette commande suscite une vive polémique : aux yeux des sculpteurs russes, l’artiste reste « un étranger », peu doué de surcroît pour la statue monumentale. L’hostilité des artistes locaux, les changements répétés de programme et l’éclatement concomitant de la guerre russo-japonaise retardèrent l’achèvement du monument pétersbourgeois, dont l’inauguration n’eut lieu qu’en 1909[2] en l’absence du sculpteur qui a quitté la Russie trois ans plus tôt pour ne plus y revenir. Démontée en 1937, cette statue sera restituée en 1990.

Paris et carrière internationale

À partir de 1906, Troubetzkoy s’installe à Paris avec sa compagne Elin Sundström, rencontrée à Stockholm, et leur fils Pierre (décédé en bas âge). Durant cette période parisienne, la manière stylistique du sculpteur put se définir de façon plus nette grâce à la confrontation directe avec Auguste Rodin – fréquenté dans le cadre de la Société nouvelle de peintres et de sculpteurs – et avec des peintres comme Albert Besnard, Jacques-Émile Blanche, John Singer Sargent et Giovanni Boldini[2]. L’allure piquetée et les vigoureux coups de spatule de la période milanaise commencèrent à céder la place à une pâte plus fluide et polie, sensible, spécialement dans les portraits féminins. Sa carrière atteint alors son apogée. Outre des personnalités en vue dans le milieu artistique et littéraire (Rodin, Besnard, Paul César Helleu, Anatole France et, à Londres en 1908, George Bernard Shaw), pendant cette période, il fit également les portraits des barons Henri et Robert de Rothschild, du comte Robert de Montesquiou[2].

En 1911, invité par Archer Milton Huntington, il expose à la Hispanic and Numismatic Society de New York[1]. À cette occasion, il retrouve son frère Pierre, installé en Amérique. La famille Vanderbilt l’introduit dans la haute société américaine.

Séjour aux États-Unis (1914-1921)

En 1914, la Première Guerre mondiale le contraint à rester aux États-Unis, où il demeure jusqu’en 1921. Après les débuts new-yorkais suivirent des expositions à Buffalo (1911), Chicago, St. Louis et Toledo (1912), Philadelphie (1915), Détroit (1916), Los Angeles et San Francisco (1917). Tandis qu’en Italie Giolli (1912) lance un appel pour que le sculpteur fût valorisé par une salle personnelle à la Biennale de Venise de 1914, en Amérique l’attention, dans ses œuvres, pour « the glance of the eye », rendu dans toute la « vitality and grace » (Borgmeyer, 1911, pp. 17, 32), lui assure des commandes faciles de la upper class (parmi lesquelles les familles McCormick, Crane, Rockefeller). En 1919, l’artiste remporte le concours pour le monument à la mémoire du général Harrison Gray Otis à ériger à Los Angeles. L’atelier qu’il fait construire sur un terrain acheté à Hollywood devient une destination populaire de célèbres stars du cinéma, qui se font portraiturer (Mary Pickford, Enrico Caruso, Douglas Fairbanks, Sessue Hayakawa, Charlie Chaplin).

Retour en Europe

En 1921, il revient en Europe, partageant son temps entre Paris et sa résidence d’été de la Ca’ Bianca, à Suna sur les rives du Lac Majeur, où il retrouve le décor enchanteur de son enfance. En 1923, il réalise le Monumento ai Caduti de Pallanza, dédié aux morts de la Première Guerre mondiale.

En 1931, il expose une dernière fois à la galerie Colnaghi de Londres. Après son divorce d’avec Rhoda Muriel Somerville, il retourne définitivement en Italie en 1932. Il continue à exposer, effectue un voyage au Caire pour réaliser des portraits de notables égyptiens.

Dernières années

À partir de 1932, il délaisse progressivement la sculpture pour la peinture à l’huile. Il meurt en 1938 à Verbania. Selon son testament, ses héritiers donnent au Museo del Paesaggio de Verbania les moules en plâtre conservés dans ses ateliers de Neuilly-sur-Seine et d’Italie.

Style

Troubetzkoy applique une esthétique impressionniste à la sculpture : modelage rapide, accent sur la lumière et le mouvement, plus que sur la précision anatomique. Son œuvre se concentre sur les portraits de l’élite européenne et américaine du début du XXe siècle.

Œuvres dans les collections publiques

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI