Parti en exil à la suite de la guerre civile de 1997, il revient au Congo en 2014. Opposé au référendum constitutionnel de 2015, il est arrêté pour avoir organisé une manifestation non-déclarée, et est condamné à 2 ans de prison ferme en 2016 pour « incitation aux troubles à l'ordre public ». Soupçonné plus tard de « complicité d'évasion », son emprisonnement est rallongé de plusieurs mois, ce qui pousse Amnesty International à prendre sa défense et à le considérer comme un «prisonnier d'opinion». Il est finalement libéré en , après 3 ans d'emprisonnement.
En 2011, il crée son propre parti politique, intitulé « Unis pour le Congo » (UPC), composé de cadres et d'intellectuels de la diaspora congolaise. Une base militante se développe également à l'intérieur du Congo, mais la direction du parti est dispersée entre plusieurs pays (Royaume-Uni, France, Benelux, Afrique de l'Ouest, Canada,etc.)[2].
Retour au Congo et emprisonnement
Paulin Makaya rentre au Congo le après 17 ans d'exil. Il souhaite alors participer à la présidentielle de 2016 afin de «tenir front pacifiquement au régime de Brazzaville et prendre le pouvoir par des moyens légaux» selon son porte-parole[2].
En , opposé au référendum constitutionnel initié par le gouvernement (qui permettrait à Denis Sassou-Nguesso de briguer un 3e mandat consécutif), il organise une manifestation pacifique non-déclarée, qui tourne à l'affrontement avec les forces de l'ordre[3]. Le , il est inculpé pour « incitation aux troubles à l'ordre public », « complicité d'incendie volontaire » et « détention illégale d'armes et de munitions de guerre » en lien avec cette manifestation. En décembre, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) dénonce cette arrestation et fait part de ses «vives inquiétudes» face aux arrestations en série d'autres opposants au référendum[4]. En , Amnesty International appelle à la libération de Paulin Makaya, ainsi qu'à l'abandon de toutes les charges retenues contre lui, considérant qu'il ne faisait qu'exercer son droit à la liberté d'expression[5]. Il reste cependant incarcéré durant 6 mois sans jugement, avant de passer le devant un juge d'instruction, qui le renvoie devant le tribunal correctionnel, ne retenant cependant que le chef d'inculpation d'« incitation aux troubles à l'ordre public »[6]. Le , il est condamné à 2 ans de prison ferme et à une amende de 2,5 millions de francs CFA (environ 3 000 €). Son avocat, Me Ibouanga, dénonce une condamnation illégale et fait appel[3]. Le , la cour d'appel confirme le jugement en première instance de 2 ans de prison ferme[7].
Ayant purgé sa peine, Paulin Makaya est libérable dès , mais est maintenu en détention durant 9 mois supplémentaires, ayant été inculpé en pour « complicité d'évasion » à la suite d'une fusillade ayant eu lieu en à la maison d'arrêt de Brazzaville[8],[9]. Amnesty International dénonce des accusations infondées et appelle à sa libération, considérant que «Paulin Makaya est un prisonnier d'opinion à qui les autorités congolaises font encore payer le prix fort de l'engagement politique et de l'exercice du droit à la liberté d’expression»[10]. Le , il est condamné à un an de prison pour ces faits, mais est finalement libéré 4 jours plus tard, le , sa peine ayant été considérée comme purgée après 3 ans d'emprisonnement[9],[11].
Opposition
Le 12 octobre 2018, quelques semaines après sa libération, les autorités congolaises l'empêchent de quitter le territoire pour se rendre à Paris (France), Paulin Makaya ayant présenté un passeport britannique et non congolais. Ce dernier dénonce alors «une volonté manifeste de nuire» de la part des autorités[12].
En , lors de sa première prise de parole publique à l'occasion des vœux à la presse, Paulin Makaya appelle le gouvernement à organiser une concertation nationale afin de sortir le Congo de la crise, et exige la libération d'autres opposants incarcérés, tels Jean-Marie Mokoko et André Okombi Salissa[13]. En , son parti l'UPC est exclu de la liste officielle des partis agréés par le gouvernement, car non-représenté sur tout le territoire national, décision que Paulin Makaya conteste[14].
Ayant exprimé des ambitions pour la présidentielle de 2021[15], il renonce finalement à se présenter, dénonçant une «mascarade d’élection»[16].
Le 11 décembre 2021, alors qu'il est malade et souhaite se faire soigner à Londres (Royaume-Uni), il est à nouveau empêché de sortir du Congo par les autorités et voit son passeport confisqué. Cette décision est critiquée par sa famille, notamment son fils Russel Makaya, et par Amnesty International[17],[18]. Il sera finalement autorisé à quitter le territoire le 21 décembre[19].