Pavel Antokolski
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Pavel Grigorievitch Antokolski (en russe : Павел Ґригорьевич Антокольский) est un poète, écrivain et traducteur russe puis soviétique, né le 19 juin 1896 ( dans le calendrier grégorien) à Saint-Pétersbourg et mort le à Moscou.
Son grand-oncle était le célèbre sculpteur Mark Antokolski, son père Grigory Moïsseïevitch était avocat conseiller juridique dans des entreprises privées et sa mère Olga Pavlovna avait suivi les cours de l'Institut Frebelvskie de formation des enseignants pour les enfants d'âge préscolaire. Tout jeune, ses loisirs favoris étaient l'aquarelle et le dessin avec des crayons de couleur.
En 1904, la famille s'installa à Moscou et Pavel débuta sa scolarité dans une école privée puis continua avec l'école secondaire où fasciné par la poésie, le théâtre et la récitation il sortit diplômé. En 1914, il entra à la faculté de droit de l'université de Moscou qu'il quitta avant d'obtenir un diplôme.
En 1915, il commença à travailler pour le théâtre en étant tantôt régisseur, tantôt acteur, tantôt décorateur du groupe théâtral des étudiants que dirigeait Evgueny Vakhtangov. En 1917, pendant la révolution, il quitta l'université pour rentrer dans la milice révolutionnaire, puis dans l'administration municipale de Moscou tout en continuant avec le groupe théâtral devenu Théâtre du peuple ; en 1918, il voyagea avec une troupe sur le front Ouest et on commença à le publier, mais son premier recueil ne fut édité qu'en 1922. C'est aussi pendant cette période que Marina Tsvetaïeva devint son amie.
En 1919, il se maria avec Natalia Chtcheglov avec laquelle il eut deux enfants, Natacha et Vladimir, diminutif Vova. Son épouse donnait chez elle des cours particuliers dans toutes les matières.
En 1920, alors qu'il fréquentait le « Café Poésie » sur la rue Tverskaïa, il fit la connaissance du poète Valéry Brioussov qui aimant ses poèmes les publia en 1921 dans l'anthologie Expression artistique.
De 1919 à 1934, il travailla au 3e MKhT Studio théâtre appelé par la suite Théâtre Vakhtangov où il devint acteur d'abord puis directeur vers le milieu des années 1930. La troupe qu'il dirigeait joua aussi à l'étranger : Allemagne (1923), Suède (1923), France (1928). En 1938, il fit une recommandation couronnée de succès en faveur de Boris Sloutski qui voulait entrer à l'Institut de littérature Maxime-Gorki.
Le , après une réunion à l'Union des écrivains soviétiques, alors que l'Allemagne nazie venait d'attaquer l'URSS, il choisit entre Hitler et Staline en postulant pour devenir membre du PCUS ; sa demande fut acceptée en 1943. Pendant la Grande Guerre patriotique, le , son fils, Vladimir, canonnier, fut tué. En 1943, il exprima sa douleur dans le poème déchirant Le Fils qui émut certainement le jury du Prix Staline qu'il obtint en 1946 pour cette œuvre. Ce deuil ne l'empêcha pas de diriger, sur le front jusqu'en Ukraine et en Pologne, le théâtre aux armées pour lequel il écrivit le poème dramatique Tchkalov, d'être correspondant de guerre, d'écrire des poèmes et des articles pour stimuler la résistance à l'envahisseur.
Le 1er août de cette même année, il fit un discours lors d'une soirée organisée pour célébrer le 30e anniversaire de la disparition de la poétesse Lesya Ukrainka. Au printemps 1945, il mit en scène Roméo et Juliette d'après Shakespeare au théâtre d'art dramatique Tchkalov de l'oblast de Tomsk[1]
En 1949, à la suite d'un article de Nikolaï Matveïevitch Gribachev publié dans la Pravda du où il fut accusé de propager le cosmopolitisme, le formalisme, l'esthétisme, le formalisme, le subjectivisme, le snobisme, il fut licencié de l'Institut de littérature où il animait un atelier de poésie où avaient travaillé Eugène Dolmatovski, Michel Matoussovski, Margarita Aliguer, Constantin Simonov. Exclu des cercles poétiques, non édité, marginalisé, sa situation matérielle devint précaire. Heureusement des amis des autres républiques de l'Union compensèrent en organisant sa diffusion dans les autres états de l'URSS.
En 1956, année où Nikita Khrouchtchev révéla avec le Rapport secret les crimes de Staline, il écrivit Nous tous qui en son nom un poème condamnant le stalinisme qui fut largement diffusé dans le milieu étudiant des années 1950.
Dès la fin des années 1930, son travail de traducteur fut énorme; quelques titres sont indiqués dans la liste qui suit. De l'ukrainien il traduisit Tarass Chevtchenko Nazar Stodolia, Lesya Ukrainka, Léonide Pervomaïski, Mykola Bajan, du français il traduisit Victor Hugo, Arthur Rimbaud, Guillaume Apollinaire, Auguste Barbier, Aragon, Béranger, Paul Éluard, mais il traduisit aussi des œuvres de poètes bulgares, géorgiens, azéris, arméniens. Dès lors, rien de surprenant que la présidence du 1er groupement des traducteurs au sein de l'Union des écrivains lui fut offerte (cf: page 364 d'Histoire de la traduction en Occident par Henri van Hoof).
En 1958, à la suite d'un voyage effectué au Vietnam, il fit paraître des notes de voyage dans lesquelles il témoigne de la fascination qu'il éprouva lors de son excursion dans la baie d'Along. Bien qu'ayant, à plusieurs reprises, soutenu des dissidents, d'une manière non tapageuse cependant, il fut distingué quatre fois.
Pavel Antokolsky repose au cimetière Vostriakovo, à Moscou, à côté de sa seconde épouse, Zoé Constantinovna Bajanova, disparue en 1968, muse et actrice du Théâtre Vakhtangov qui avait été désespérée par l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du pacte de Varsovie. Avec elle, il eut deux autres enfants, dont le dernier, une fillette mourut peu après sa naissance. Il jouissait d'une datcha à Sovietski Pissatel.