Perchoir
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(miniature indienne vers 1610 -Cleveland Museum of Art).
Un perchoir, du mot perche, est un objet, une structure ou un aménagement placé en hauteur pour que des oiseaux, des animaux volants ou grimpeurs puissent s'y tenir et autant que possible s'y comporter comme leur espèce le fait dans la nature.
Dans la nature
Le terme de perchoir désigne tout objet manufacturé ou utilisé par destination par des animaux (branche d'arbre, rocher, piquet, poteau, pylône, monument) afin de pouvoir observer, chasser ou simplement s'y reposer, en grande majorité des oiseaux.
Le terme est d'ailleurs souvent employé pour désigner à l'extérieur tout point élevé régulièrement occupé par des animaux, ordinairement comme observatoire : les arbres morts en comportent généralement plusieurs et peuvent être préservés pour ce rôle[1].

De nombreux oiseaux, à l'instar du gobemouche gris, chassent les insectes en vol depuis un perchoir dominant son territoire. Les insectes sont donc chassés à proximité immédiate des arbres, ce qui explique la nécessité d’avoir des perchoirs dégagés sur le territoire de ce type d'oiseau[2]. Le martin-pêcheur agit de même pour capturer ses proies (alevins, têtards), la plupart des photographes réussissant très souvent à prendre de beaux clichés artistiques lors de l'observation de cet oiseau sur son perchoir, lorsqu'il est en attente de sa proie[3]. Il est possible, pour un amateur éclairé de repérer les lieux habituels (« perchoir piquet » ou « perchoir branche »), utilisés par les oiseaux prédateurs pour repérer leurs proies, notamment les rapaces, grâce à la présence de pelotes de réjection, visibles sur le sol, les « perchoirs piquets » (et uniquement eux) étant couverts de fientes[4],[5].
Les chauves-souris, à l'instar des oiseaux, utilisent des perchoirs naturels pour s'y reposer ou consommer leurs proies. Ces perchoirs sont généralement situés dans des cavités à l'écart de toutes menaces éventuelles, particulièrement des prédateurs[6].
Les primates tels que les callitrichidae (ouistiti, tamarin) sont des animaux utilisant très fréquemment des perchoirs (notamment des branches d'arbres). Les paresseux ou les koalas se suspendent également aux branches des arbres afin d'échapper à certains de leurs prédateurs.
Des insectes telles que les libellules utilisent souvent les feuilles de plantes comme perchoir, l'extrémité de ses pattes étant adaptées pour s'agripper aux tiges. Ces odonates percent d'ailleurs un trou dans ces mêmes tiges pour y déposer leurs œufs[7]. Les chenilles du genre de papillon africain Pseudacraea (en) créent des sortes de perchoirs confectionnés à partir d'une feuille de leurs plantes hôtes[8].
Dans l'aviculture
Le perchoir peut consister simplement en un morceau de bois ou de matière plastique, plus ou moins horizontal, d'une section adapté à l'espèce[9]. Il fait partie des accessoires des cages à oiseaux, dans lesquelles il est souvent suspendu par des fils métalliques ou des cordelettes. On le retrouve également régulièrement sur les mangeoires.
Pour les éleveurs de poules, le perchoir joue un rôle très important. Les poules font partie de cette catégorie d'animaux (gallinacés) qui ne s’allongent pas pour dormir mais qui ont besoin de se percher. Le perchoir est donc un outil et un lieu de repos essentiel à leur bien-être[10].
Dans les volières et autres cages à nombreux occupants, les perchoirs doivent être proportionnés à leur nombre et disposés pour satisfaire les besoins des comportements sociaux et territoriaux.
- Quelques illustrations de perchoirs naturels ou fabriqués
- Oiseau perché au sommet d'un Moaï (gros plan).
- Oiseau perché au sommet d'un Moaï (plan large).
- Martin-pêcheur observant sa future proie.
- Tamarin-lion doré sur une branche.
- Poules perchées dans un poulailler.
Dans la cynégétique
La chasse à la glu est une technique de chasse qui consiste à enduire de colle des baguettes ou des tiges. Ces planchettes, dénommées gluau, sont ensuite installées dans les branchages des arbres ou près de tout autre support servant de perchoir aux oiseaux et permettant aux chasseurs d'attraper des merles noirs et des grives qui serviront d'appelant pour attirer d'autres oiseaux qui seront tirés. Cette pratique a été condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne.

