Avant de réaliser ce tableau, à l'âge d'environ 55 ans, Wtewael effectue un dessin - actuellement conservé au musée Albertina de Vienne[2] - qui reprend la position de son Saint Sébastien attaché à un arbre.
Il choisit finalement une position moins ondulée et plus souple pour représenter Andromède[3]. Celle-ci est presque un tableau dans le tableau, tant le personnage est traité comme un nu académique (à la Goltzius[1]), mais empli de sensualité : Andromède qui illustre bien son nom (« celle qui règne sur les hommes » est une des deux étymologies possibles) ne souffre aucunement d'être attachée et semble plutôt s'offrir à la convoitise du regardeur, un pied posé sur un grand coquillage suggestif.
Elle regarde quand même son sauveur, Persée, qui s'apprête à fondre sur le monstre marin (nommé, dans la mythologie grecque, Cetus, mot qui sera utilisé pour créer celui de cétacé). Dans la représentation de celui-ci, le maniérisme de Wtewael s'exacerbe surtout par le bariolage de couleurs (vert, rose, jaune, rouge). Pégase que chevauche Persée est représenté avec des ailes bien réduites (contrairement à ce qu'avait fait Golzius, en 1583[4]).
Le paysage est à la Breughel, et la nature morte de coquillages et d'ossements à la Bosschaert[1].
Le tableau est signé, et daté 1611, à gauche sur le rocher derrière le bracelet de chaîne. La guerre de Quatre-Vingts Ans courant de 1568 à 1648, Wtewael a peut-être utilisé ce thème de Persée secourant Andromède comme une allégorie de la lutte d'indépendance contre l'Espagne. D'autres artistes néerlandais de l'époque l'ont fait explicitement[5].