Persepolis (film)

film de Marjane Satrapi From Wikipedia, the free encyclopedia

Persepolis est un long métrage d'animation français[1] réalisé par Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi, sorti en France le [2]. Le film s'inspire de Persepolis, la bande dessinée autobiographique de Marjane Satrapi[3].

Scénario Vincent Paronnaud
Marjane Satrapi
Sociétés de production TF1 Vidéo
Faits en bref Réalisation, Scénario ...
Persepolis
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Logo du film.
Réalisation Vincent Paronnaud
Marjane Satrapi
Scénario Vincent Paronnaud
Marjane Satrapi
Acteurs principaux Chiara Mastroianni
Catherine Deneuve
Danielle Darrieux
Sociétés de production TF1 Vidéo
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Animation
Autobiographique
Comédie dramatique
Durée 97 minutes
Sortie 2007

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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Présenté dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2007, le film a obtenu le prix du jury ex æquo avec Lumière silencieuse de Carlos Reygadas[4]. Le film a été nommé pour l'Oscar du meilleur film d'animation 2008[5].

Persepolis a été l'objet de plusieurs polémiques et interdictions, par exemple au Liban[6].

Synopsis

Le film s'articule autour de quelques passages en couleur, symbolisant le présent, et de nombreux passages en noir et blanc, symbolisant les flashbacks de Marjane sur sa jeunesse précédant son deuxième exil, pour la France.

Au présent, Marjane est à l'aéroport d'Orly à Paris et s'apprête à prendre l'avion pour Téhéran. Au moment d'embarquer, elle décidera de rester et restera la journée entière à l'aéroport, se remémorant son passé en Iran.

Téhéran, en 1978 : Marjane, huit ans, songe à l'avenir et se rêve en prophète de la galaxie. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les événements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Shah. Avec l'instauration de la « République islamique » débute le temps des « gardiens de la révolution » qui contrôlent tenues et comportements. Marjane, qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire.

Bientôt, la guerre contre l'Irak entraîne bombardements, privations et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère. Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l'envoyer en Autriche pour la protéger. À Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution : l'adolescence, la liberté, les vertiges de l'amour mais aussi l'exil, la solitude et la différence.

De retour chez ses parents, elle se marie pour pouvoir mener sa relation amoureuse au grand jour. Après une année avec cet homme qu'elle connaissait finalement mal, elle réalise qu'elle ne l'aime plus et en est très affligée. Un soir, une fête à laquelle elle participe se termine tragiquement : les gardiens de la révolution interviennent pour réprimer cette fête jugée immorale et pourchassent jusque sur les toits les jeunes hommes qui y participaient. Dans sa fuite, l'un d'entre eux tombe et décède. Cet événement terrible décide Marjane à quitter son mari, sa famille et son pays où elle ne peut vivre comme elle l'entend. Sa famille la soutient dans ces choix difficiles. Marjane part pour la France.

Fiche technique

Marjane Satrapi à une avant-première du film.

Distribution

Voix originales

Voix anglaises

Production

Dès 2003, devant le succès de sa série de bande-dessinée, Marjane Satrapi reçoit de nombreuses propositions, notamment des États-Unis, pour adapter Persepolis au cinéma[7], dont un projet sur le modèle du film Jamais sans ma fille, ou « une série télé à la Beverly Hills qui se passerait en Iran »[8]. Néanmoins, les jugeant irréalistes, elle les refuse tous. En 2004, deux producteurs français, Marc-Antoine Robert et Xavier Rigault, de la société de production 2.4.7. Films[9], la convainquent de passer à la réalisation : associée à l'auteur de bande dessinée Vincent Paronnaud, nommé coréalisateur, elle prend la tête d'une équipe de 90 animateurs et dessinateurs du studio d'animation Je suis bien content[10],[9], pour un projet d'adaptation des quatre volumes de la série en un film d'animation d'1h35[11], une entière liberté de création lui ayant été accordée[7].

Marjane Satrapi annonce la mise en route de la production du film pour [12],[13]. Pendant quatre mois[14], l'illustratrice-réalisatrice et son coréalisateur rédigent une première version du scénario à la main[15]. Auprès des Inrocks, Vincent Paronnaud affirme que Marjane Satrapi et lui ont cherché à adapter au mieux « le côté énergique » de la bande-dessinée, en donnant au film un rythme soutenu. Pour les ellipses, le tandem privilégie ainsi les fondus enchaînés[14]. Afin d'éviter de faire de l'adaptation une œuvre contemplative, le coréalisateur a également demandé à l'auteure de Persépolis de sélectionner les scènes de la bande-dessinée qui lui paraissait les plus signifiantes. L'exil de Marjane Satrapi en Autriche devient ainsi le pivot du film[14]. Selon Vincent Paronnaud, le choix de ne pas retenir toutes les scènes de la bande-dessinée rend le film plus symbolique que l'œuvre originale[8].

Musique

Pour la musique du film, le coréalisateur Vincent Paronnaud fait appel au musicien Olivier Bernet[16], avec lequel il avait déjà travaillé pour son court-métrage, Raging blue, sorti en 2004[17],[18]. Les deux ne sont pas des inconnus : ensemble, ils avaient fondé un groupe de musique, Shunatao, et produit sept albums. Sans expérience dans la musique de long métrage, Olivier Bernet est mis à l'essai pendant un mois, afin de convaincre les producteurs. Il est engagé après avoir proposé de nombreuses démos, qui ne sont pas retenues dans la copie finale du film[17].

Olivier Bernet commence à composer très tôt dans le processus de création du film, dès la rédaction du scénario. Les réalisateurs lui laissent une liberté de création assez large, la principale directive étant « de [ne pas] tomber dans la world music »[17], « façon générique d’Ushuaïa »[8]. Devant faire avec un petit budget, il n'utilise pas un orchestre, mais s'entoure de trois violonistes, une violoncelliste et un contrebassiste. Un spécialiste de percussions iraniennes, tombak et daf, est également sollicité. Pour la scène où Marjane Satrapi écoute du Iron Maiden, Vincent Paronnaud demande à Olivier Bernet de composer une musique proche du style du groupe de metal, le montant réclamé par ce dernier pour 20 secondes d'utilisation étant jugé trop élevé. Les musiques du film sont enregistrées dans un studio situé dans le pays basque, du label Amanita[17].

La bande originale du film sort dans les bacs le [19]. Pour la version CD, les pistes audio 5.1 ont été converties en stéréo, tandis que la durée de certains titres est allongée d'une trentaine de secondes. Une nouvelle version de Eye of the Tiger par Chiara Mastroianni est enregistrée, et l'interprétation d'une chanson iranienne par Marjane Satrapi est ajoutée[17].

Faits en bref Sortie, Durée ...
Bande originale du film Persepolis
Bande originale d’Olivier Bernet
Sortie
Durée 46 min 26 s
Genre Musique de film
Chansons
Format CD
Compositeur Olivier Bernet
Fermer
Davantage d’informations No, Titre ...
NoTitreDurée
1.Persépolis thème2:51
2.Téhéran disco1:32
3.Tout ce qui est à vous m'appartient1:37
4.Manifestations2:05
5.La bonne leçon1:35
6.L'épopée d'Anouche2:20
7.Le prolétariat2:09
8.Va-t'en !0:41
9.La guerre2:08
10.Master of the Monsters (50 Toumans)1:51
11.Dans la vie, tu rencontreras beaucoup de cons2:29
12.Marche persane2:15
13.Balèze1:26
14.Rosen aus dem Süden (Hormones)0:43
15.Musique de merde0:47
16.Frenchie0:53
17.Flower Power1:34
18.Love and Hate2:20
19.Sachertorte2:41
20.The eye of tiger3:26
21.Téhéran2:41
22.Absurde1:51
23.Clair de lune1:52
24.Adieu2:39
46:26
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Accueil

Réception critique et publique

Après sa sortie le , le film attire au total plus d'1,2 millions de spectateurs dans les salles. Selon le webzine ActuaBD, Persepolis réalise un très bon démarrage avec 1 996 entrées pour 23 copies lors de sa première journée de diffusion à Paris[20]. Il franchit le million d'entrées le [21].

En , Persepolis reçoit le prix du jury à Cannes, lors de la 60e édition du festival[22], ce qui suscite l'indignation de la présidence iranienne, qui juge le métrage anti-iranien et islamophobe[23]. Pour la 33e cérémonie des César, Persepolis est nommé pour le prix du meilleur film, de la meilleure adaptation, du meilleur premier film, du meilleur film d'animation et de la meilleure musique[24]. Le film gagne le César du meilleur premier film et celui de la meilleure adaptation[25],[26]. Le , le Centre national de la cinématographie annonce que Persepolis est sélectionné pour représenter la France à la 80e cérémonie des Oscars, en [27],[28]. Nommé pour l'oscar du meilleur film d'animation[25], le film de Marjane Satrapi ne remporte finalement aucun prix lors de la cérémonie[26].

Exploitation vidéo

Persepolis connaît une première édition en DVD, publiée le [29]. En plus du film, le DVD contient des bonus, dont un making-of intitulé La Face cachée de Persépolis, des scènes du film commentées par Marjane Satrapi, deux teasers et deux bandes-annonces[30],[29]. Pour Aurélien Ferenczi, journaliste de Télérama, tandis que les bonus « mettent en évidence le choix d'un travail à l'ancienne [...] la qualité du DVD rend justice à la stylisation esthétique : les noirs sont profonds comme des fusains ». Il regrette néanmoins « qu'une interview de fond n'accompagne mieux la richesse géopolitique [du film] »[31].

Après une ressortie en salle le , une version remastérisée en 4K devient accessible au format Blu-ray UHD à partir du [32].

Polémiques et interdictions

Mariane Satrapi durant la première Persepolis

La république islamique d'Iran s'est inquiétée de la sélection de ce film présentant ce qu'elle estime être « un tableau irréel des conséquences et des réussites de la révolution islamique » et en a diffusé une version censurée[33]. Persepolis fut également interdit de diffusion au Liban fin [34] durant un temps, avant que la polémique nationale n'aboutisse à la levée de cette interdiction[35].

À la suite de la diffusion du film en Tunisie, le , environ 200 salafistes ont tenté de brûler l'immeuble qu'occupe la chaîne de télévision Nessma[36] avant de s'attaquer au domicile de son PDG, Nabil Karoui, quelques jours plus tard[37].

Programmé à la Cinémathèque de Tanger qui accueille les 25 ans de la fondation Groupama Gan pour le cinéma, Persepolis avait reçu le visa d'exploitation du Centre cinématographique marocain (CCM) et devait être projeté à trois reprises en . Toutefois, et sans la moindre explication, la Cinémathèque de Tanger a annulé les projections prévues du film de Marjane Satrapi. Le long-métrage est remplacé par Séminaire du manifeste des voleurs et Une vie de chat. Le film a disparu du site Internet de la Cinémathèque de Tanger[38].

Distinctions

Notes et références

Voir aussi

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