Simon Abkarian

acteur français d'origine arménienne From Wikipedia, the free encyclopedia

Biographie

Né en région parisienne en 1962, Simon Abkarian a des origines arméniennes[1]. Il arrive avec sa famille à Beyrouth lorsqu'il a 9 ans. Ils sont installés dans un quartier arménien de la capitale libanaise. Mais en 1975, sa famille doit quitter le pays qui a sombré dans une guerre civile. Il se rend à Los Angeles et y intègre une compagnie théâtrale arménienne dirigée par Gérald Papasian. Puis, arrivant à Paris en 1985, il suit des cours d'acteurs sous l'enseignement de Robert Cordier. En 1993, il obtient[2] la nationalité française. Il entre au Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine et joue, entre autres, dans L'Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, Roi du Cambodge d'Hélène Cixous et dans les pièces du cycle des Atrides, dont Iphigénie à Aulis d'Euripide ou encore Les Euménides d'Eschyle[3].

La consécration, au théâtre, vient en 2001 avec Une bête sur la Lune de Richard Kalinoski, dans une mise en scène d'Irina Brook, pièce relatant la vie d'un rescapé du génocide arménien, qui lui vaut le Molière du meilleur comédien[3]. En 2004, au Festival international du film de Thessalonique 2004, il obtient le prix du meilleur acteur pour Prendre femme, premier volet d'une trilogie de Shlomi et Ronit Elkabetz, avec Les Sept Jours et Le procès de Viviane Amsalem, trilogie dans laquelle il occupe une place importante aux côtés de Ronit Elkabetz.

Ses premiers rôles au cinéma lui sont proposés par Cédric Klapisch, qui l'engage sur les tournages de Ce qui me meut (1989), Poisson rouge (1994) et Chacun cherche son chat (1996)[3]. Les deux artistes collaborent à nouveau sur Ni pour ni contre (bien au contraire) en 2003. En évoquant cette dernière prestation, la réalisatrice Marie Pascale Osterrieth, qui le dirige en 2004 aux côtés de Michèle Bernier dans Le Démon de midi, dit de lui : « Il incarnait plutôt un salaud tout au long du film, puis à la fin, juste avant d'être tué, dans son dernier regard, on découvrait soudain une humanité, tellement de choses, qu'il en devenait bouleversant » (dossier de presse).

Simon Abkarian en 1997.

Son regard sombre, sa stature et plus généralement tout son physique lui permettent par ailleurs de jouer les mauvais garçons dans J'irai au paradis car l'enfer est ici (1997), les repris de justice dans Dans tes rêves (2005), les caïds dans Les Mauvais Joueurs (2005) et les méchants dans le James Bond de Martin Campbell, Casino Royale (2006)[4].

Prenant fait et cause pour l'Arménie, Simon Abkarian manifeste son soutien à la culture du pays de ses aïeux en s'illustrant en 2002 dans Ararat d'Atom Egoyan et en 2005 dans Aram de Robert Kechichian[4]. Remarqué par Michel Deville, ce dernier lui offre l'un des rôles principaux d'Un monde presque paisible, une comédie dramatique ayant pour cadre un atelier de confection tenu par des rescapés de la Shoah dans l'immédiat après-guerre.

Son charisme lui vaut également d'incarner, tour à tour, Mehdi Ben Barka, le célèbre opposant marocain dans J'ai vu tuer Ben Barka en 2005[4], puis son farouche ennemi le général Oufkir dans L'Affaire Ben Barka en 2007.

Simon Abkarian en 2010.

En 2007, il joue le personnage de Dariush Bakhshi, un consul iranien, dans plusieurs épisodes de la saison 6 de la série britannique MI-5 (Spooks).

En 2009, il incarne Nadir Zainoun, patron de boite de nuit, dans la série produite par Canal+, Pigalle, la nuit[5]. La série, ainsi que son interprétation reçoivent un très bon accueil critique[6].

La même année sort L'Armée du crime, film qui retrace le parcours des Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI), dans lequel il joue le rôle de leur dirigeant Missak Manouchian[4].En 2012, il est très remarqué pour sa prestation du colonel Ammanulah dans la série Kaboul Kitchen[5]. La même année il participe au clip musical "On s'en fout" de Carmen Maria Vega[7].

En 2016, il s'implique également dans la musique populaire et le rap en participant au clip de Nador, de Kaaris[8],[9].

En 2020, sa pièce Électre des bas-fonds remporte 3 Molières : Molière du théâtre public, le Molière de l'auteur francophone vivant et le Molière du metteur en scène d'un spectacle de théâtre public[10].

En 2026, il interprète le général de Gaulle dans le diptyque La Bataille de Gaulle d'Antonin Baudry.

Il est le mari de la comédienne et metteuse en scène Catherine Schaub-Abkarian[5].

Prises de position

Il signe en , parmi 1 400 personnalités du monde de la culture, la tribune « Nous ne sommes pas dupes ! », publiée dans le journal Libération, pour soutenir le mouvement des Gilets jaunes et affirmant que « Les gilets jaunes, c'est nous »[11].

En , il adresse une tribune à Ursula von der Leyen, alors présidente de la Commission européenne, diffusée par Le Figaro. Il s'indigne du manque de réaction européenne face à l'offensive militaire de l'Azerbaïdjan en Arménie et des violences et mutilations commise par des soldats azéris durant ce conflit. Pour lui, ce silence serait lié au contrat conclu en entre l'Union européenne et l'Azerbaïdjan qui prévoit de doubler les importations de gaz en direction du continent européen[12].

Filmographie

Cinéma

Télévision

Voxographie

Doublage

Films
Création de voix
Animation
Prise de vues réelles

Théâtre

Comédien

Metteur en scène

Metteur en scène et auteur

Distinctions

Publications

  • 2009 : Pénélope, Ô Pénélope, Actes Sud-Papiers
  • 2012 : Ménélas rapsodie, Actes Sud-Papiers
  • 2014 : Le Dernier Jour du jeûne, Actes Sud-Papiers
  • 2017 : L’Envol des cigognes, Actes Sud-Papiers
  • 2019 : Électre des bas-fonds, Actes Sud-Papiers

Notes et références

Liens externes

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