Peter Schwarber
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Peter Schwarber était un bourgeois et homme politique alsacien, Ammeister (équivalent de maire) de la ville libre d’Empire de Strasbourg[1], alors cité-État du Saint-Empire romain germanique, au moment des événements menant au pogrom de Strasbourg du 14 février 1349, auquel il s’opposa sans succès[2],[3],[4],[5],[6].
En mémoire de sa volonté de protéger les juifs et leur statut juridique au sein de la ville de Strasbourg, une rue a été nommée en son honneur dans la proximité symbolique de la Cour européenne des droits de l'homme, qui accueille notamment l’École européenne de Strasbourg[7],[8].
Opposition au massacre de Strasbourg
À partir de janvier 1348, la Peste noire se diffuse depuis le sud de la France pour atteindre la Suisse et l’Alsace au début de l’année 1349. Dans des villes comme Bâle ou Berne, les juifs sont accusés d’empoisonner les sources d’eau, supposée cause de la propagation de la maladie. Une série de pogroms s’ensuit au cours du mois de janvier 1349, notamment à Bâle, Obernai, Colmar ou Sélestat[2],[4].
Le maire de Strasbourg, Peter Schwarber, ne croit pas que les juifs soient responsables de la propagation de la Peste noire[6]. Il estime plutôt que le contact physique pourrait être un facteur probable de diffusion de la maladie (ce qui le conduit à interdire temporairement l’accès à certains espaces publics). Il rappelle également que des lettres de sécurité ont été délivrées aux juifs contre paiement, de sorte que leur statut légal dans la ville devait être respecté[2],[3],[5]. Face à une pression populaire croissante, notamment de la part de plusieurs corporations professionnelles, comme celle des bouchers qui avaient contracté d’importants prêts auprès de prêteurs juifs, il mobilise la garde municipale pour protéger la communauté juive et fait ériger des palissades autour de son quartier[2].
Le 10 février 1349, à la suite de rumeurs selon lesquelles Peter Schwarber et son administration auraient été payés par les juifs, la bourgeoisie et les corporations de la ville renversent son gouvernement. Le 13 février, Schwarber est banni de Strasbourg et ses biens sont saisis[2],[3],[4],[5],[6]. Le lendemain, le quartier juif est pillé par la population, et les reconnaissances de dettes, prêts et documents hypothécaires sont détruits. On estime qu’environ 2 000 juifs sont alors faits prisonniers, dont beaucoup sont brûlés vifs lors d’un vaste pogrom resté dans l’histoire comme le pogrom de Strasbourg.
