Phare Ponleu Selpak
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La résilience par l'art pour les enfants et les jeunes les plus vulnérables |
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Formation artistique, soutien social et programmes éducationnels |
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100[Quand ?] |
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Phare Ponleu Selpak (PPSA, en khmer : ហ្វារពន្លឺសិល្បៈ, littéralement : « la Lumière des Arts »), est une association cambodgienne à but non lucratif fondée en 1994. Elle travaille avec des enfants, de jeunes adultes et leur famille, par le biais de formations artistiques (notamment du spectacle vivant), de programmes éducatifs et de soutien social.
PPS trouve son origine dans un cours de dessin fondé en 1986 par Véronique Decrop dans le camp de réfugiés de Site 2, le long de la frontière thaïlando-khmère.
L’association est créée en 1994, à la périphérie de la ville de Battambang,
À partir de 1999, PPS connaît une croissance rapide, portée par l’engagement de ses fondateurs les plus actifs — Srey Bandaul, Khuon Det, Lon Lao, Svay Sareth et Tor Vutha — et par le développement de partenariats structurants, notamment avec l’ong Enfants réfugiés du monde (1997–2000), le collectif Clowns d’ailleurs et d’ici (2000–2015), le Centre culturel français de Phnom Penh et l’association Phare France.
En 2012, l’association crée son premier social business culturel, Phare Performing Social Enterprise.
L'École de Cirque
L’école de cirque de Phare Ponleu Selpak voit le jour en 1998, sous l’impulsion de Khuon Det, grâce à un premier partenariat avec l’École nationale de cirque du Cambodge. Dès son origine, il s’agit d’une école de cirque à caractère social, dont l’objectif est l’intégration d’enfants et de jeunes en situation de vulnérabilité. Le projet accorde une attention particulière à la mixité de genre, à l’intégration des filles dans les écoles d’art et à leur scolarisation.
Dès 1999, des tournées sont organisées à travers le Cambodge afin de permettre aux enfants et aux jeunes de découvrir leur pays. Ces tournées prennent une dimension symbolique forte avec, notamment, un spectacle donné devant les temples d’Angkor, dont Angkor Wat. Ces déplacements constituent à la fois une expérience artistique, éducative et citoyenne pour les élèves.

En 2001, un premier spectacle mêlant théâtre et cirque est créé autour de la prévention des accidents liés aux mines antipersonnel. Il est présenté d’abord à Samlott, puis à Bavel. Ce projet marque l’origine de l’école de théâtre au sein de Phare Ponleu Selpak. Il permet également de garantir aux élèves un premier revenu, tout en assurant des repas à l’ensemble des enfants participant aux activités, renforçant ainsi la dimension sociale et solidaire du projet artistique. À partir de février 2001, l’école se développe avec le soutien du Collectif Clowns d’ailleurs et d’ici, qui met en place des formations sur site avec des artistes internationaux et accompagne la création de spectacles destinés à une diffusion internationale. Ces productions mobilisent l’ensemble des écoles d’art de Phare Ponleu Selpak permettant, avec les intervenants du Collectif, d'accompagner les élèves de PPS à la création de musique de spectacle, de costume de scène et de décors. Cette synergie entre disciplines artistiques contribue au rayonnement des spectacles.
Dès 2003, de nombreuses tournées internationales sont organisées, notamment en Europe, mais aussi en Algérie et au Japon, à l’initiative du collectif Clowns d’ailleurs et d’ici, qui coproduit les spectacles créés au sein de Phare Ponleu Selpak. Parallèlement, l’association développe ses propres tournées au Cambodge et dans les pays voisins, en construisant des partenariats avec la Thaïlande, Singapour, la Corée du Sud, le Viêt Nam, la Birmanie, l'Australie…
Cette dynamique tend progressivement l’association vers un processus de professionnalisation. Et En 2012, Jean-Christophe Sidoit avec Huot Dara créent "Phare Performing Social Enterprise". L’entreprise innove en employant des artistes formés par Phare Ponleu Selpak sous contrats professionnels et reverse ses bénéfices à l’association. Ce modèle de social business culturel, qui sera salué par Muhammad Yunus, constitue un axe structurant du développement local.
Plus de 1 000 élèves sont engagés dans le département des arts de la scène (cirque, musique, théâtre et danse).
La troupe de théâtre
À la fin des années 1990, dans la continuité de l’école de cirque, est créée la troupe de théâtre PPS. Elle réunit de jeunes adultes, femmes et hommes, issus en partie de l’école et des villages autour de Battambang. La plupart étant en situation de grande précarité sociale, l’association les fait accompagner par des professeurs de cirque et des artistes internationaux. La troupe développe ses propres créations et présente des spectacles engagés sur l’ensemble du territoire cambodgien, aussi bien dans les zones rurales qu’en milieu urbain, notamment dans les usines textiles de Phnom Penh. Les œuvres abordent des thématiques sociales telles que les mines antipersonnelles, le VIH/sida, les droits des femmes ou des travailleurs.
À partir de 2007, la troupe établit un partenariat artistique avec le Théâtre du Soleil autour de la recréation en khmer de L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge, écrite par Hélène Cixous. La pièce est créée et présentée au Cambodge avant d’être diffusée à l’international, notamment en France et au Portugal. À partir de 2014–2015, la troupe devient autonome, produit et organise ses propres tournées. Elle collabore avec des organisations nationales et internationales, ce qui assure la rémunération régulière de ses artistes.
L'École d’arts visuels et appliqués
L’origine de l’association prend racine dans des ateliers de dessin. En 1994, elle débute avec la création d’une école fondée sur un enseignement académique exigeant, centré sur l’observation et la précision : paysages, nature et environnement constituent alors le cœur de la formation.
Au fil des années, le projet pédagogique s’enrichit. À la pratique du dessin s’ajoutent des enseignements en histoire de l’art, des séances de dessin sur modèle vivant ainsi que des interventions d’artistes et de graphistes extérieurs à l’association. Cette dynamique renforce la qualité de la formation et favorise l’émergence de structures satellites : un studio de graphisme et d’édition à Sonleuk Thmey, la galerie d’art Romeet, ainsi qu’un studio d’animation produisant des courts-métrages.
À partir de 2015, l’ensemble est restructuré pour devenir une école d’arts visuels et d’arts appliqués. L’établissement propose désormais, d’une part, une formation en arts visuels et, d’autre part, des parcours en arts appliqués, notamment en graphisme et en animation.
Aujourd’hui, l’école accueille environ prés de 300 d’élèves, dont plus de 70 en formation professionnelle. Elle a essaimé à travers de nombreuses galeries et projets au Cambodge, notamment à Battambang. Parmi ces initiatives, le projet Romcheik 5 Art Space accueille des ateliers d’artistes issus de Phare Ponleu Selpak, un musée, un espace de vente d’œuvres ainsi qu’un café-restaurant.
L’École des arts visuels et appliqués (VAAS) dispense ainsi une formation professionnelle facilitant l’accès aux métiers de la création dans une scène artistique cambodgienne en pleine expansion, et contribue activement au rayonnement de Battambang comme ville créative reconnue.
L'École de Musique
L’école de musique est créée en 1996 avec un premier groupe orienté vers les musiques modernes. En 1999, sur décision des fondateurs de l’association, la musique traditionnelle et classique cambodgienne intègre pleinement le projet pédagogique, avec l’arrivée de Ly Vanthet. Cette évolution marque une volonté forte de relier création contemporaine et patrimoine culturel khmer.

Aujourd’hui, l’école accueille une trentaine d’élèves. Les jeunes musicien·nes se produisent régulièrement en concert et participent activement aux créations artistiques de l’association. Ils et elles composent et interprètent des musiques originales pour les spectacles de cirque, de théâtre et de danse, contribuant ainsi à l’identité artistique singulière de Phare Ponleu Selpak. Les musiciens prennent également part aux tournées internationales, diffusant leurs créations bien au-delà du Cambodge.
Plusieurs artistes issus de cette école vivent aujourd’hui de leur art. Certain·es ont acquis une reconnaissance internationale. Cette réussite illustre la qualité de la formation dispensée, à l’image des autres écoles artistiques de Phare Ponleu Selpak, qui ont également permis à de nombreux talents d’émerger et de se professionnaliser.
Scolarisation
Consciente de la nécessité d’intervenir très en amont dans le soutien à la scolarisation des jeunes publics, l’équipe de Phare Ponleu Selpak développe progressivement un programme éducatif structurant. La préscolarisation est pensée à la fois comme un levier essentiel de réussite scolaire pour les plus jeunes et comme un moyen de libérer les grandes sœurs et les grands frères des obligations de garde, afin qu’ils puissent eux-mêmes accéder à l’école et à des activités artistiques, culturelles et éducatives. Le programme scolaire de l’association se construit ainsi par étapes, entre 1998 et 2007, depuis les premières actions parascolaires jusqu’à l’aboutissement du lycée.
Préscolarisation
Le programme de préscolarisation fonctionne comme une école maternelle. Il accueille près de 200 enfants quotidiennement. Les enfants participent à des activités d’éveil, de découverte et d’apprentissage. Le jeu constitue un vecteur essentiel, utilisé comme un outil central du développement de l’enfant.

Ce programme s’est développé à partir de 1998, avec une première étape marquée par la mise en place d’un centre d’animation, avant de s’élargir dès 2002 à un dispositif de préscolarisation[1].
Il s’appuie sur un espace dédié et sécurisé, pensé pour le bien-être des enfants et des équipes éducatives, combinant des espaces intérieurs et extérieurs adaptés aux activités d’éveil et d’apprentissage[1].
École Publique
À partir de 2003, au regard des difficultés rencontrées pour scolariser les enfants et les adolescents du quartier, Phare Ponleu Selpak acquiert plusieurs terrains en vue de l’ouverture d’une école publique, dans un contexte marqué par un très faible taux de scolarisation. En 2005, avec l’appui de l’ambassade du Japon, une école primaire et un collège sont ouverts. En 2007, le lycée voit le jour grâce au soutien de l’ambassade de France. Les terrains et les bâtiments sont ensuite cédés à l’État, qui s’engage à garantir une scolarisation gratuite de l’ensemble des enfants, sans discrimination, conformément à la loi. Le comité du maire de la ville de Torcy, en Seine-et-Marne, apporte par ailleurs un soutien aux enseignants du primaire pendant cinq ans, sous la forme d’un complément de salaire, afin d’éviter toute demande d’argent aux familles et aux enfants. Aujourd’hui, l’école publique de Phare Ponleu Selpak scolarise près de 1 000 enfants du quartier et des environs.
Le festival Tini Tinou
Le festival international de cirque Tini Tinou est un festival de cirque contemporain organisé au Cambodge par Phare Ponleu Selpak (PPS), à Battambang. Créé en 2004, il a été lancé avec le soutien du Centre culturel français de Phnom Penh et de l’Association française d’action artistique (AFAA), avant de s’inscrire dans le cadre du soutien de l’Institut français. Dès sa première édition, il a bénéficié du soutien financier et opérationnel du Collectif Clowns d’ailleurs et d’ici (CCAI). Le festival est une biennale consacrée aux arts du cirque et aux échanges artistiques internationaux. Il attire un nombreux public national et international et participe, à l’instar de PPS, à la dynamisation des villages alentours, offrant aux habitants une expérience artistique et culturelle singulière.
Son nom, Tini Tinou, signifie en khmer « ici et là ». PPS en assure l’organisation, en lien avec Phare, The Cambodian Circus pour certaines éditions récentes.
Le festival réunit des spectacles de cirque contemporain, des ateliers de formation, des rencontres professionnelles, des interventions dans l’espace public et des temps de transmission avec les élèves et artistes de PPS. Il constitue à la fois une plateforme de diffusion pour les artistes cambodgiens et un espace de coopération avec des artistes étrangers.
Depuis sa création, Tini Tinou a accueilli des artistes et compagnies venus de nombreux pays, parmi lesquels le Cambodge, la France, l’Allemagne, l’Australie, la Belgique, le Canada, les Pays-Bas, l’Espagne, le Japon, la République de Guinée, la Corée du Sud, Taïwan, l’Inde, l’Indonésie, le Vietnam, le Laos, Singapour, la Thaïlande, le Myanmar et les États-Unis notamment.
Plusieurs artistes internationaux participent au festival en assumant eux-mêmes tout ou partie de leurs frais de déplacement afin de soutenir les échanges artistiques et la dynamique pédagogique portée par PPS.
Conçu comme une biennale, le festival fait son chemin depuis 2004, avec toutefois, des interruptions liées à des contraintes financières ou à la pandémie de Covid-19. Sa douzième édition organisée en 2024 à Battambang est pour PPS l’une des plus importantes en termes de participation internationale et de fréquentation du public.
