Phare de Nantouar
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| Coordonnées | |
|---|---|
| Localisation |
| Construction |
1859-1860 |
|---|---|
| Automatisation |
Non |
| Gardienné |
Non |
| Visiteurs |
Non |
Le phare de Nantouar est un phare en France. Il se trouve sur la plage de Nantouar, dans la commune de Louannec, arrondissement de Lannion, canton de Perros-Guirec, dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne[1],[2]. Il se situe à proximité du phare de Kerjean, qui est à 660 mètres au sud-est du phare de Nantouar[3]. Les deux phares formaient jusqu'en 1976 (date de l’extinction du phare de Nantouar) un alignement signalant la passe ouest de la rade de Perros-Guirec[1],[2].
Le phare de Nantouar se trouve sur le front de mer, sur le rivage de l'anse de Nantouar[4], en contrebas et au nord de Louannec, à l'extrémité sud-est de la rade de Perros-Guirec. Le phare se trouve à moins de 10 mètres en arrière de la laisse des plus hautes marées[1],[2],[4].
C’est une maison-phare[4] de forme carrée construite en maçonnerie, qui servait de logement (sur deux niveaux) au gardien de phare et à sa famille. Au rez-de-chaussée, le bâtiment principal se compose d’une salle commune et de deux pièces plus petites, servant respectivement de chambre de veille pour le gardien et de magasin pour l'huile et le matériel du fanal. Afin d’agrandir le rez-de-chaussée, un appentis en maçonnerie, moins haut que le bâtiment principal, a été ajouté sur le mur pignon opposé à la mer. Son toit à une seule pente s'appuie sur le mur pignon. Cette quatrième pièce[1],[2] est à usage de cuisine indépendante[5]. Un escalier permet d’accéder à l'étage, où se trouvent deux chambres mansardées[1],[2] (hauteur sous plafond maximale : 1,95 m)[5]. Le toit du logement est à double pente, avec une couverture en ardoise[1],[2]. On accède à la maison par un petit perron, muni d'une balustrade, et une porte d'entrée au milieu de la façade principale, tournée vers le nord-ouest. Elle est encadrée par deux fenêtres identiques.
La partie « phare » est une tourelle cylindrique[6] supportant l'appareil d'éclairage, d’une hauteur de 4,20 m (du sol jusqu'au-dessus de la corniche)[1],[2] et d’un diamètre de 1,60 m[6], à demi encastrée dans le pignon de la maison faisant face à la mer. Elle est couverte d’un toit conique en granit. La tourelle ne possède pas de porte d’entrée, on y accède par une des petites pièces de la maison. Deux fenêtres rectangulaires placées l'une au-dessus de l'autre, du côté de la mer, fournissent un éclairage naturel à l'escalier intérieur à vis. Au sommet de la tourelle, juste sous la corniche, s’ouvre un œil-de-bœuf devant lequel était placé l'appareil d'éclairage. Les murs de la maison et la tourelle sont en moellons ordinaires, recouverts d'un enduit au ciment blanchi à la peinture. Le socle de la tourelle, son sommet et les encadrements des ouvertures sont en pierre de taille. Il en va de même, dans la maison, pour les chaînes d'angles, l’entourage des portes et des fenêtres. La pierre de taille (du granit) provient des carrières de l'île-Grande[1],[2]. Le nom du phare « NANTOUAR » est écrit en lettres noires majuscules sur le fond blanc de la tourelle, entre l’œil-de-bœuf et la fenêtre supérieure.
Le phare de Nantouar était un feu de guidage (ou feu directionnel) jusqu’en 1976. Il était le feu antérieur d'un alignement avec le phare de Kerjean, alignement qui indiquait la passe de l'Ouest donnant accès au port de Perros-Guirec[1],[2],[6], situé au fond de l'anse de Perros. Pour entrer dans le port par cette passe, il faut :
Historique
Dès 1856, les ingénieurs des Ponts et Chaussées, sous l’autorité du directeur des Phares Léonce Reynaud, conçoivent le projet de quatre feux sur le littoral pour signaler les deux passes de la baie de Perros-Guirec, permettant ainsi aux navigateurs d’accéder au port même de nuit[8]. De jour il y avait des amers, mais ils étaient jugés insuffisants de nuit[9]. Cette même année 1856, le lieutenant de vaisseau Charles Émile Guépratte, commandant le cotre Lévrier, effectue les travaux de relèvements permettant de déterminer l’emplacement idéal des feux[8]. Ce seront quatre petits phares de 4e ordre, les feux d’alignement de Nantouar et de Kerjean, de Kerprigent et du Colombier[8],[9],[4]. Tous les bâtiments sont construits à partir de 1860 sur un même type (maison-phare), sur des plans dessinés par les ingénieurs Dujardin et Delarue[1],[2],[8],[10]. Un bâtiment annexe (parfois accolé à la tour) constituait l'habitation des gardiens de phare[8].
Pour la construction du phare de Nantouar, l'administration des Phares et Balises a acheté en 1857 le passage situé sur la parcelle de Tachen ar Couin, long de 47 m[1],[2]. La construction elle-même a été réalisée entre 1859 et 1860[1],[2],[4],[6]. Grâce à la situation à terre du phare, les travaux n’ont rencontré aucune difficulté. Ils ont été confiés par adjudication à l'entreprise Prigent, qui y employa 24 maçons et 30 manœuvres[1],[2]. Le feu est allumé le 1er août 1860. Ce n’est alors qu’un feu fixe blanc, en pignon de la maison du gardien[6].
En 1882, un rapport propose la transformation des feux de Nantouar et de Kerprigent[1],[2]. En effet, ces deux feux étaient composés d’une simple lanterne suspendue à l'extrémité d'une potence placée dehors devant la maison. Les soirs de grand vent, elle pouvait s’éteindre[11]. Il en résultait un danger pour la navigation de nuit[1],[2]. Les ingénieurs ont donc proposé de placer les feux dans une tourelle cylindrique à demi-encastrée dans le pignon des maisons-phares[1],[2],[6],[11]. Ce type de tourelle est semblable à celui du feu de Kerjean, offrant une grande facilité de visite et d'allumage. Au sommet de la tourelle, le feu serait placé derrière une ouverture en œil-de-bœuf. Le toit et l'escalier de la tourelle seraient réalisés en granit, matériau qui ne demande que très peu d'entretien. De plus, cette modification permettrait d’agrandir le logement du gardien (assez petit) de la chambre de service située dans le grenier de la maison. Le projet est accepté par le Ministre des Travaux publics en février 1883, et les travaux sont réalisés dans le courant de l’année 1883. Cela nécessite de démolir une partie du mur pignon de la maison de gardien, et de la reconstruire pour venir se raccorder à la tourelle. Les tourelles sont terminées en janvier 1884, et les nouveaux appareils d’éclairage sont mis en place[1],[2].
Une autre transformation architecturale intervient en 1889, à la suite d’un nouveau rapport qui recommande la construction de magasins à huile séparés du logement dans différents phares à terre des Côtes d'Armor : phare du Rosédo, phare du Paon, phare de Coatmer, phare de Port-la-Chaîne, phare de Saint-Antoine, le Colombier, Kerprigent, Kerjean, phare de Ploumanac'h et Nantouar. En effet, ce magasin à huile, placé à l'intérieur du logement de famille du gardien, pouvait amener des accidents entraînant la destruction de la maison et du phare lui-même. De plus, pour les phares du Rosédo, du Paon, de Coatmer, de Nantouar et du Colombier, le projet prévoit aussi la construction de lieux d'aisance, qui faisaient jusque-là complètement défaut. Le projet est approuvé dans le courant de l'année 1890, aboutissant à la construction de l’appentis placé contre le pignon opposé à celui de la tourelle, pouvant servir de cellier et de buanderie, et augmentant ainsi d’une pièce la surface habitable du logement[1],[2].
En 1911, le fanal fait l’objet d’une modification pour renforcer son éclairage. Le réflecteur de 0,29 mètre d'ouverture, associé à une lampe à une seule mèche, est remplacé par un feu catoptrique avec réflecteur de 0,50 mètre d'ouverture, muni d'une lampe à deux mèches[1],[2].
Le feu est électrifié en 1937[4],[6] (ou 1946 selon d’autres sources[1],[2]). L’appareil d'éclairage est détruit en 1944 par les troupes d'occupation allemandes lors de leur repli de France. Il est rallumé après la Libération, en 1946[1],[2]. Le phare de Nantouar est définitivement éteint en 1976[12], après la modification du feu de Kerjean[1],[2],[4],[6] qui est transformé en feu à secteurs, rendant inutile l’alignement de deux feux. Depuis cette date, le feu de Kerjean est le seul à indiquer la passe[13] et le dernier gardien est parti[1],[2],[6].
De 1976 à 1994, la maison-phare reste la propriété des Phares et Balises. En saison touristique, elle est occupée par des pensionnaires du comité des œuvres sociales de la Direction départementale de l'Équipement (DDE)[1],[2].
Bien que le phare lui-même soit en bon état de conservation, comme il était construit très (trop ?) proche du littoral, il était directement menacé par la montée des eaux et le recul du trait de côte, les tempêtes répétées chaque année ayant fragilisé le front de mer. Sous la pression des vagues, son mur d'enceinte avait commencé à céder. La commune avait donné l'alerte, mais le coût estimé des réparations, nécessitant des travaux d'enrochements, était beaucoup trop onéreux pour la commune et la DDE. Cela obligea à mettre le phare en vente[1],[2],[4],[11],[12].
Une vente aux enchères s'est déroulée à la mairie de Louannec le 7 février 1994. La maison-phare fut rachetée aux Phares et Balises par un particulier, un architecte de Rennes[1],[2],[11],[12], plaisancier de longue date, pour tenter de sauver ce phare qui a guidé les navires pendant 116 ans, de 1860 à 1976[11]. Le nouvel acquéreur s'est engagé à réaliser à ses frais les travaux d'enrochement prévus par la DDE[1],[2]. Le pari était risqué, car il fallait du temps pour organiser ces travaux, en espérant que la mer n’emporterait pas l’édifice entre-temps. Les travaux ont lieu à l’automne 1994 et ont permis de protéger le phare des tempêtes de la fin d’année[11].
Propriété privée, le phare de Nantouar ne se visite pas en temps ordinaire. Exceptionnellement, il a ouvert ses portes au public du 25 juillet au 3 août 2025, à l’occasion de l’exposition « Amers » des oeuvres du sculpteur Yves Privé[11],[12].
Notes et références
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 Guy Prigent, « Phare, feu de Nantouar (Louannec) », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 Guy Prigent, « Phare, feu de Nantouar (Louannec) », sur Inventaire Général du Patrimoine Culturel, (consulté le ).
- ↑ (en) « Phare de Nantouar », sur Mapcarta (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 « Phares des Côtes-d’Armor : Histoire et Visite », sur Chtipecheur, (consulté le ).
- 1 2 « Le phare de Nantouar - Gîtes de France à Louannec 22700 (Route de Nantouar): Adresse, horaires, téléphone », sur 118000.fr (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Perros-Guirec - Nantouar », sur Phares & Feux des côtes de France (consulté le ).
- ↑ Erwan Landreger, « Port de Perros Guirec », sur Ports & Marées - https://www.breizhou.ovh – Bretagne (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 Guy Prigent, « Phare, feu de Kerjean (Louannec) », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, (consulté le ).
- 1 2 « Près de Lannion, les histoires du phare de Nantouar attirent les visiteurs », sur Le Télégramme, (consulté le ).
- ↑ « louannec - photos patrimoine histoire », sur bretagneweb.com (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 Séverine Breton, « "Un coup de cœur, ça ne se discute pas". À la découverte du phare de Nantouar », sur France 3 Bretagne, (consulté le ).
- 1 2 3 4 Rédaction Lannion, « Côtes-d'Armor. Le phare menacé de Nantouar exceptionnellement accessible pour une exposition », sur actu.fr, (consulté le ).
- ↑ (en) The Shaldives, « Phare de Kerjean », sur Flickr, (consulté le ).