Située sur la côte ouest de l'île d'Oléron, dans la commune de Saint-Pierre-d'Oléron, La Cotinière est un port de pêche[5] très actif depuis le XIXe siècle. De nos jours, il est au premier rang des ports de pêche de la Charente-Maritime, et au sixième ou septième rang au niveau national[5],[6].
Pour abriter des tempêtes cette activité devenue vitale pour l’économie locale, une jetée est construite entre 1890 et 1900[2]. Il est décidé de la doter d’un phare par une délibération du conseil municipal du 8 mars 1896. Le budget pour sa construction est de 5 000 francs, dont 4 077 francs financés par la commune et 943 francs recueillis par une souscription auprès des marins des villages voisins[4]. Le phare est mis en service en octobre 1899[1]. C’est alors un feu fixe de couleur rouge. Quatre autres feux seront construits jusqu’en 1955 pour baliser le port[4]. À partir de 1939, le feu est alimenté au gaz propane[1],[4].
La jetée est prolongée plusieurs fois à la suite de travaux d’extension du port[1] :
- de 1900 à 1920, le port abrite environ 25 bateaux.
- le 13 août 1914, le quai et l’épi du Colombier sont détruits par une tempête.
- en 1920, le port abrite 45 bateaux.
- en 1922, l’épi du Colombier est étendu à 110 mètres.
- en 1935, un nouvel épi insubmersible est construit.
- en 1947, la jetée est prolongée par un épi de 150 mètres, construit avec l’aide de prisonniers de guerre allemands.
- en 1949, une étude scientifique établit la nécessité de construire un épi de protection du port en prolongement de la jetée. Les travaux débutent en 1955 pour 60 millions de francs, financés par la commune.
- en 1955 le port compte 55 bateaux.
- en 1958 le port compte 97 bateaux.
- en 1978 la jetée est encore prolongée de 40 mètres[4].
En raison de ces travaux d’agrandissement, le phare ne se situe plus à l’extrémité de la jetée comme lors de sa construction, mais dans son coude[1]. Un autre feu, ayant les mêmes couleurs (base blanche, sommet rouge) mais beaucoup moins haut, est alors construit à la nouvelle extrémité de la jetée pour marquer l'entrée du port. Afin de les distinguer, ils portent des inscriptions différentes, en lettres rouges majuscules sur le fût blanc de la colonne : « La Cotinière » et en-dessous « jetée » pour le phare d’origine, et « La Cotinière » et en-dessous « épi » pour le petit feu d’extrémité de l’épi[3]. La lumière du phare d’origine reste rouge, mais devient un feu à occultations[1].