Phoros
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Le phoros (en grec ancien φόρος / phóros) désigne un tribut en Grèce antique et plus spécifiquement le trésor de guerre versé à Athènes par les membres de la ligue de Délos.
Histoire
Le terme phoros apparaît dans les sources grecques pour décrire les tributs imposés par des puissances étrangères, comme le roi de Lydie Crésus aux Grecs qu'il a soumis[1] ou les Achéménides aux peuples conquis.
La ligue de Délos, fondée en 478 av. J.-C., réunit autour de nombreuses cités grecques autour d'Athènes à la suite des guerres médiques[2]. Les alliés d'Athènes préfèrent payer un tribut que de fournir des troupues ou des navires, ce qui permet à Athènes de fonder une flotte et de fonder une thalassocratie en mer Égée. Ce fonctionnement engendre un déséquilibre permettant à Athènes d'imposer son hégémonie et de faire de ses alliés des sujets qu'elle peut soumettre s'ils expriment le désir de quitter la confédération.
Le phoros payé par les alliés de la ligue de Délos est fixé annuellement selon un projet proposé par la boulê et voté par l'ecclésia d'Athènes. Il est réparti en cinq districts : Thrace ; Hellespont ; Ionie ; Carie ; Cyclades. Son montant varie selon la richesse des cités ainsi que son degré d'allégeance à Athènes : de 1 talent pour Caunos en Carie à 15 pour Byzance. Le montant global, en général stable, avoisine 400 talents. Il atteint cependant 1 000 talents au cours de la guerre du Péloponnèse.
Le phoros est versé au trésor de la ligue de Délos, initialement conservé au sanctuaire d'Apollon Délien sur l'île de Délos. Il est transféré au Parthénon d'Athènes en 454. À partir de 450-449, ce dernier n'alimente plus que pour moitié la construction et l'entretien de la flotte athénienne, le reste étant voué à soutenir sa politique édilitaire. Il constitue ainsi une partie des financements de l'édification de l'Acropole d'Athènes.
