Piero Domenichelli
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Piero Domenichelli (ou Pietro), né à Arezzo, est un instituteur, journaliste et écrivain italien.
Biographie
Instituteur socialiste en Toscane
Instituteur, Piero Domenichelli milite dès 1910 au sein du Parti socaliste italien (PSI) en Toscane, région où il donne plusieurs conférences de propagande. De culture mazzinienne, il publie de nombreux articles et ouvrages[1]. En 1911, la municipalité d'Arezzo le nomme instituteur, et une grande partie de son travail fut consacrée à la publication de manuels scolaires[1].
L'interventionnisme et le retour à la nation
Fervent interventionniste, il quitte le PSI en 1914 et, la même année, commence à collaborer avec Il Popolo d'Italia et à L'Appennino[1]. Avec ses camarades, il constitue également le « Fascio di Azione rivoluzionaria » à Arezzo pour soutenir l'entrée en guerre de l'Italie et lutter contre les neutralistes. Domenichelli, désormais âgé, est enrôlé comme lieutenant[1].
En 1918, il publie La Guerra: Lettere di un Socialista ai suoi figli, volume rassemblant les lettres envoyées à ses enfants (Rina, l'aînée, et Tìti, la cadette) pendant la période de guerre, de 1915 à après Caporetto. Ses lettres « diffèrent sensiblement des lettres habituelles ; elles semblent prôner, à distance, le nationalisme, l’amour de la patrie et une haine quasi raciale envers les Allemands et les Autrichiens. Son socialisme paternaliste est lié aux figures de Mazzini et de Garibaldi. Ses lettres expriment clairement sa désillusion face à l'internationalisme après la décision des socialistes allemands de soutenir la guerre »[1].
Dans sa longue lettre datant de la fin août 1917, il exprime son sentiment sur les relations entre guerre, patrie et socialisme, voyant un lien indissociable entre les trois :
« Pourtant, je lisais aussi ces récits avec une âme socialiste, et je m’approchais de mon jeune public avec toute ma foi socialiste. N’était-ce pas de cette conscience de socialiste que jaillissaient avec force l’attachement à sa propre terre, la fierté de sa propre indépendance nationale, le sens de sa propre nationalité ? Et ne sentions-nous pas qu’elle était bénie, cette guerre qui tentait de secouer le joug de la servitude nationale ? N’étions-nous pas précisément, nous les socialistes, ceux qui ressentions comme la plus pesante et la plus insupportable cette tyrannie, et qui — tout en donnant notre activité et notre cœur à la cause des libérations prolétariennes face à la domination patronale du capitaliste — éprouvions une haine égale pour la tyrannie autrichienne ? Nous la pensions révolue pour toujours, c’est vrai, nous rêvions de fraternités internationales, mais au plus profond de nous-mêmes — en évoquant le temps de l’asservissement et du martyre — nous formulions les résolutions les plus fermes de reprendre les armes chaque fois qu’elle se déchaînerait à nouveau pour nous ravir notre liberté et notre rêve »[1].
Dans la suite de sa lettre, il évoque son désarroi face à l'attitude des « prolétariats mêmes que nous avions rêvé de racheter avec le nôtre » qui étaient redevenus « des étrangers, et s’unissaient, sans aucun mouvement sérieux de rébellion, à la guerre de leurs empires, à la violence la plus barbare »[1]. Ainsi, sa désillusion face à l'internationalisme s'accompagne d'un regain pour ce « socialisme romantique et héroïque » issu de la tradition risorgimentale :
« Nous sommes venus au socialisme, il est vrai, plutôt que par conviction doctrinaire, par ce mouvement impétueux du cœur qui nous rendait prêts à la lutte pour toutes les justices, pour toutes les libertés, contre toutes les dominations, toutes les oppressions [...] C’était ce socialisme qui ne discutait pas et ne ratiocinait pas, mais combattait toujours : il ne savait être neutraliste en rien, il s’interposait toujours entre le mal et le bien, entre le fort et le faible, quels qu’ils fussent. Il était encore garibaldien, en un mot, et son internationalisme ne l’empêchait pas de ressentir très fortement l’amour pour l’Italie, pour sa propre nation ! »[1]
Plus loin, il tente de clarifier la notion d'internationalisme, ce dernier « voulait-il peut-être signifier que les prolétaires devaient s’unir indépendamment du lieu où ils étaient nés, avaient vécu, avaient souffert, espéré et lutté pour le racheter et pour se racheter eux-mêmes ? Ou ne signifiait-il pas plutôt que chaque prolétariat devait être libre et racheté dans sa patrie et avec sa patrie, pour s’unir avec tous les autres, libres et rachetés, face à l’empire du Capital, comme face à l’empire de n’importe quel nationalisme, tous égaux dans l’aspiration de racheter le monde du Travail ? »[1]. Se référant à Carlo Pisacane et au garibaldisme, le socialisme de Domenichelli s'identifiait désormais à ces volontaires qui, selon lui, « ne pensait ni ne prétendait protester au nom de la « lutte des classes », au nom d’un socialisme « scientifique » ou de n’importe quel socialisme pacifiste, neutraliste, antinational ou antipatriote »[1]. Juste avant la conclusion de sa lettre, il écrivait :
« L’Allemand est aujourd'hui à nos portes ! Et au nom de quoi osera-t-on donc condamner notre socialisme qui ne fait plus qu’un avec la patrie, avec son salut, avec sa justice ? Au nom de l’Internationale ? Allons donc ! Quelle Internationale ? Celle noyée dans le sang fratricide par les socialistes allemands ? Celle qui, si l’on n’avait pas répondu à la guerre par la guerre, se trouverait constituée de nations maîtresses et de nations serves ? De nations « capitalistes » et de nations « prolétaires » ? Celle qui ne serait, en un mot, pas internationale ? »[1].
Publiciste fasciste
Après avoir rejoint le mouvement fasciste, il commence la publication d'un grand nombres d'écrits de propagande destinés à la jeunesse, notamment en dirigeant la collection Quaderni fascisti. Ses textes scolaires (La promessa, L’adunata, etc.) ont connu plusieurs éditions et ont servi à la formation de générations d’élèves italiens[1]. Il collabore également à plusieurs journaux et revues comme La Stirpe, dans laquelle il publie par exemple une élégie en l'honneur de Filippo Corridoni, figure qu'il mobilise dans All’osteria del camminante (1927).
Dans son livre La promessa (cours de lecture pour les écoles primaires), on retrouve l'influence de Mazzini sur Domenichelli. En effet, dans la revue Conciliation internationale, un rédacteur note que l'on trouve dans le livre « une page débordante de reconnaissance et d'amour pour Mazzini, qui est le guide spirituel de l'auteur »[2] ; aussi, le rédacteur de la recension écrit que « la bonté et la noblesse morale parlent à chacune des pages de ce livre. La pensée de Mazzini en inspire les conceptions sociales (idée de collaboration, de justice, de solidarité), ainsi que les idées patriotiques (il faut servir la patrie par notre vertu et notre travail désintéressé) et humanitaires (compréhension de tous les hommes, justice pour tous les hommes) »[2].
Domenichelli est encore actif en 1943[3].
Publications
- Nomadi per la vita: Versi liberi, Firenze, R. Bemporad e Figlio, 1913 (Arezzo, E. Sinatti).
- Dal rogo: liriche, Città di Castello, Leonardo da Vinci, 1918.
- La Guerra: Lettere di un Socialista ai suoi figli, Città di Castello, Soc. Tip. Leonardo da Vinci, 1918.
- Pagine perdute, Firenze, R. Bemporad & Figlio, 1922 (Arezzo, Tip. E. Sinatti 1922).
- Racconti civili, Firenze, R. Bemporad e Figlio, 1924 (Prato, Giachetti, Figlio e C.).
- Il piccolo fabbro, Firenze, R. Bemporad e Figlio, 1926 (Carpigiani e Zipoli).
- Due bimbi e un passero (ossia La storia di Occhineri, Occhiazzurri e Cio-Cip), Firenze, R. Bemporad e Figlio, 1926.
- All’osteria del camminante, Firenze, R. Bemporad & Figlio, 1927.
- Diario della volontà tratto dagli scritti (di B. Mussolini), a cura di P. Domenichelli, Firenze, R. Bemporad e Figlio, 1927 (Prato, Giachetti Figlio e C.), (dans la collection Quaderni fascisti).
- Sillabario moderno e piccole letture: con un’Appendice di tavole per l’insegnamento pratico dell’aritmetica, Firenze, R. Bemporad e Figlio Edit. Tip., 1927.
- L’adunata. Corso di letture per le scuole elementari, Firenze, Bemporad, 1929 (plusieurs volumes pour différentes classes ; éditions avec illustrations de Baldo).
- L’adunata: nuovo Corso di letture per le scuole elementari. Libro per la IV (e) V classe maschile e femminile, a cura di P. Domenichelli. Illustrazioni di Baldo, Firenze, R. Bemporad e Figlio, 1929 (Tip. Scolastica, F. Ciuffi).
- Libro di lettura classe 2, “L'adunata”, Firenze, Edit. Bemporad, 1929.
- La promessa. Corso di letture per le scuole maschili e femminili: Il sole è sorto: libro per la terza classe, a cura di P. Domenichelli, Firenze, R. Bemporad e Figlio Edit. Tip., 1929-1930 (avec dessins d’Adelina Zandrino).
- La promessa: libro per la terza classe maschile e femminile. Con disegni originaux di Adelina Zandrino e riproduzioni d’arte, Firenze, R. Bemporad e Figlio, 1929 (Tip. Scolastica, F. Ciuffi).
- La promessa: libro per la quarta classe maschile e femminile, a cura di P. Domenichelli, con dessins originaux d’Adelina Zandrino et quatre planches en photolithographie, Firenze, R. Bemporad e Figlio, 1929 (Tip. Scolastica, F. Ciuffi).
- La vita di Mazzini narrata ai giovani fascisti, in « Il Bargello », Firenze, 20 aprile 1930 (également développé dans la collection Quaderni fascisti / propaganda nationale dirigée par Domenichelli, Bemporad, vers 1930).
- Vita fascista: volume I. Per i balilla e le piccole italiane. Con illustrazioni di Baldo e copertina di R. Sgrilli, Firenze, R. Bemporad e Figlio Edit. Tip., 1933.
- Vita fascista (volume pour les Avanguardie et Giovani Italiane), Firenze, Bemporad, 1933.
- Il mio libro di preparazione agli esami di ammissione alla 1. classe delle scuole medie, a cura di L. Adami e P. Domenichelli, Firenze, Vallecchi, 1935.
- Il nuovo libro di preparazione per gli esami di ammissione alle scuole medie: secondo i programmi ministeriali del 10 giugno 1937, a cura di L. Adami e P. Domenichelli, Firenze, Vallecchi, 1939.
- Lo sfacelo della famiglia in Russia, Roma, Ed. Antibolscevismo C.A.U.R., ca. 1939.
- Il bolscevismo contro la civiltà, Roma, Ed. Antibolscevismo C.A.U.R., ca. 1939 (Tip. F. Canella).
- Aneddoti ed episodi nella vita del re soldato, Firenze, Arti grafiche Cianferoni, 1941.
- C’era una volta un gallo, Illustrazioni di S. Ragazzini, Firenze, Fontelucente di A. Vallecchi, 1950.