Pierre-Albert Clément

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Pierre-Albert Clément
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Biographie
Naissance
Décès
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AlèsVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Distinctions
Prix de littérature régionaliste (d) ()
Médaille du Club cévenol ()
Membre non résidant de l'Académie de NîmesVoir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Les Chemins à travers les âges
En Cévennes avec les bergers

Pierre-Albert Clément est un écrivain français, historien du Languedoc, né à Nîmes le [1], et décédé le à Alès.

1924-1944 : un jeune studieux

Né à Nîmes en 1924[2], Pierre-Albert Clément passe son enfance à Canaules dans le Gard où son père est instituteur.

De 1934 à 1942, Pierre-Albert est élève au lycée Jean-Baptiste-Dumas d’Alès où dit-il « je n’ai jamais eu de notes fabuleuses en dissertation. Toutefois j’ai accumulé un très riche vocabulaire car j’ai dévoré quantité de romans et de récits historiques »[3].

Plus tard, entre octobre 1942 et mai 1944, il fait Maths Sup au lycée de garçons de Nîmes, puis en prépa H.E.C. à Montpellier ; début mai il passe l’écrit du tronc commune H.E.C. – Saint-Cyr. Il n’y aura pas d’oral pour cause de Libération.

1944 : Le maquis, l’expérience militaire et politique

En 1944 (de juin à septembre), il s'attache à atteindre le maquis F.T.P.F. (Francs Tireurs Partisans Français) du Bougès à partir de Saint-Frézal-de-Ventalon (48), où il est est affecté au camp de Champ-Domergue, 7206e compagnie.

Son arrivée au maquis (juin, date non précisée) est marquée par l’opération « dynamite » (19- au Collet-de-Dèze) et le barrage de la Croix de Berguerolles pour contrer le retrait de l’armée allemande, le , durant laquelle il a le bras droit fracassé par une balle explosive. Il publiera trois récits à ce sujet[4]. En , il est affecté à l’hebdomadaire Le Volontaire des F.T.P., et y rédige ses premiers articles. Sa carrière se poursuit au journal L’Assaut qui lui succède, jusqu’en .

Il reçoit la Légion d’honneur (D.P.L.V.) pour actes au péril de sa vie et la médaille de la Libération.

1944-1961 : La vie civile, la thèse et l’« Olympia des Cévennes »

De novembre 1944 à , il étudie pour les concours de Saint-Cyr et de H.E.C., pour lesquels il est reçu 5e, et il intègre H.E.C à Paris, poursuivant en même temps une licence de lettres à l’Institut de Géographie.

De 1947 à 1948, il est inscrit à la faculté de droit de Montpellier ; sous la direction des professeurs Jules Milhau et Paul Marres, il prépare une thèse en Sciences économiques sur Le Salavès, étude monographique du canton de Sauve,  qu’il soutient en 1952. « L’information est précise, et tirée autant de l’observation « sur le terrain » que de dépouillement d’archives  […] Enfin, de l’analyse du passé et du présent, P.C. a dégagé quelques vues d’avenir, susceptibles de guider l’action administrative et les efforts privés »[5].

Plus tard, entre 1961 et 1975, il organise les « Fêtes de la pleine lune » à Canaules. La première manifestation a lieu le avec le gala de Johnny Hallyday. Bientôt surnommée l' « Olympia des Cévennes », l'évènement accueille (notamment), Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Jacques Brel, Claude François, Françoise Hardy, Mouloudji, Michel Sardou, Mireille Mathieu, Serge Lama, Hervé Vilard, Daniel Guichard[6],[7],[8].

1956-1981 : vie professionnelle et défense du patrimoine

Entre 1956 et 1981, il vit à Saint-Ambroix et travaille aux usines GARD à Potelières (30). « Une entreprise familiale spécialisée dans la conception d’outils pour le travail du sol. Depuis 1875 avec la création de la charrue vigneronne[9] ». Directeur commercial, « il a sillonné pour vendre la charrue vigneronne l’Espagne et l’Italie où il a été frappé de voir le parti que ces pays tirent de leurs richesses archéologiques[10] ». Il est licencié à la suite d'un plan social de restructuration.

Depuis les années 1960 jusqu’à son décès, il reste président du Club de football de Canaules, et s’investit dans la défense « du patrimoine du bas Languedoc et des Cévennes qui pourrait servir de base pour faire prospérer la région et faire un tourisme intelligent ». Il pourfend les gaspillages pécuniaires des communes, les amitiés entre politiques qui se renvoient l’ascenseur, le mépris du patrimoine local tant petit que grand et les promesses non tenues pour la préservation du patrimoine.

1983-2005 : l’Histoire et ses retentissements

« Rien ne semblait, a priori, annoncer une telle carrière de découvreur d’un monde oublié. […] La richesse de ses découvertes dépassa ses espérances. Elle le conduisit à travers les Cévennes, vers tous les horizons du Languedoc ? Il y fut capté pour la vie. »

 Max Rouquette[11]


C'est entre 1983 et 1999 qu'il publie ses trois premiers ouvrages d’envergure :

  • Les chemins à travers les âges,
  • En Cévennes avec les bergers,
  • Foires et marchés d’Occitanie,

Ils connaissent tous plusieurs rééditions. Selon Pierre-Albert, leur succès est dû à « [S]on principe majeur, [qui] est d’utiliser un vocabulaire à la portée de chacun en ne faisant pas étalage d’un jargon scientifique […] je peux dire que je suis un autodidacte en histoire de l’art, en viographie, en nundinologie[12], d’où des termes et des expressions que tout le monde peut comprendre »[3].

Au cours de ces mêmes années, il mène plusieurs projets professionnels de front :

  • 1988 : Il est élu comme membre non résidant de l’Académie de Nîmes.
  • 1990 : Après le décès de Jean Pellet, son fondateur, il est élu rédacteur en chef du Lien des Chercheurs Cévenols, dont il devient le président de 2002 à 2012. Durant ses mandats de rédacteur en chef, il a contribué à faire passer cette revue au stade grand public avec de nombreux auteurs.
  • 1991 : Il devient résident de l’association L’Air du Pays, pour la défense du patrimoine gardois, il fait barrage à un projet de construction près du temple de Diane à Nîmes qui a démoli un portique du Ier siècle, plus vieux monument de Nîmes[13]. L’association distribuait des « truelles d’or » pour ceux qui respectaient et soignaient le patrimoine et des « Pitié pour le Gard » aux bétonneurs…
  • 1992 : Il est coopté comme chercheur associé au CNRS, rattaché au G.D.R. 926 (Université de Besançon) sur « les paysages antiques et l’atlas des cadastres de Gaule ». Son ouvrage sur « Les Chemins » est cité en référence bibliographique par de nombreux auteurs qui ont travaillé sur la thématique des paysages antiques.
  • 1992 : Il lance la fête de la transhumance à l’Espérou. Son ouvrage « En Cévennes avec les bergers », s’est vendu à 40 000 exemplaires.
  • 1992-2004 : Il mène des démarches pour l’inscription de la ville de Nîmes au patrimoine mondial de l’UNESCO.

2004 à 2014 : Nouveaux intérêts, nouveaux ouvrages

En 2004, il met au net le tracé de la Voie Domitienne à travers Montpellier.

De 2005 à 2008, il s'engage dans la publication d'une deuxième brassée d’ouvrages 

  • Via Domitia des Pyrénées aux Alpes, qu’il a fait classer comme monument historique avec l’aide de Philippe Lamour.
  • Loys Bastide et sa Chaline (roman), les aventures d’un muletier au XVIe siècle.
  • Sainte-Resquille (chronique clochemerlesque d’un bourg cévenol) dont les lecteurs ont reconnu, sans difficulté, un village de la plaine gardoise.
  • L’Olympia des Cévennes (Les fêtes de la Pleine Lune à Canaules de 1950 à 1975).

En 2008, il commence la rédaction de son nouvel ouvrage sur le département de Sauve, quoique ne trouvant pas d'éditeur pour celui-ci à ce moment.

Retour à la langue d’oc 

« Pour bien comprendre, cependant cet univers perdu aux dérives du temps, et pour mieux l’appréhender, pour le réintégrer dans son vrai patrimoine, celui de l’Occitanie, Pierre Clément savait qu’il fallait en passer par la langue. Alors tranquillement, en plus des travaux qu’il ajoutait à son quotidien vital, il approfondit ce qu’il pouvait en connaître déjà. »

 Max Rouquette

  • 2012, mai : il inaugure la stèle consacrée au maquisards à Champ-Domergue.
  •  :

« Pierre-Albert Clément est parti pour sa dernière transhumance. Mais, il a laissé des traces indélébiles auprès de ceux qui ont partagé son pas assuré et généreux sur le chemin hasardeux des hommes. »

 Donato Pelayo et Tristan Cuche

Publications

Notes et références

Voir aussi

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