Pierre-Lucien Fontaine
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(à 85 ans) Chartres |
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Pierre-Lucien Fontaine (né le à Courcelles-sur-Viosne en Seine-et-Oise et mort le à Chartres[1]) est un inventeur et industriel français. Fondateur des Ateliers de constructions mécaniques de Chartres (1839), il est pionnier dans le développement des turbines réglables.
Fils d'agriculteurs, Fontaine fut apprenti chez Louis-Désiré Baron, menuisier à Pontoise travaillant pour les céréaliers du Vexin, puis travailla à Pontoise tout en suivant les cours du Conservatoire national des arts et métiers[2]. En 1836, chargé d'une commande de fabrication de meules à l'anglaise pour un client du plateau de Saint-Prest, près de Chartres, il prit conscience de l'importance du marché des moulins à eau installés le long de la vallée de l'Eure et crée ses propres ateliers à Chartres (1839).
Pierre-Lucien Fontaine est l'inventeur d'une roue hydraulique qui, par sa polyvalence et sa relative simplicité, connut un grand succès dans la seconde moitié du XIXe siècle. Sous l'impulsion de Poncelet et de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, l'énergie hydraulique bénéficiait depuis les années 1820 d'une réelle avance en France, où les turbines avaient trouvé leurs premières véritables applications industrielles. Si la roue à godets de Claude Burdin (1788-1873) n'eut qu'un succès d'estime, la turbine de son disciple, Benoît Fourneyron (1802-1867), donna naissance à ce qu'on a appelé le moteur hydraulique[3]. Au cours des 30 années qui suivent, ce concept original de Fourneyron connut une multitude d'améliorations, tant en matière de stabilité que de rendement ou de débit.
La turbine de Fontaine est destinée à conserver un rendement à peu près constant malgré des différences de charge variables : l'idée consiste à emmagasiner l'eau du débit d'entrée dans un réservoir dont la hauteur par rapport à l'axe de la turbine était réglable ; le réglage nécessite l'intervention manuelle d'un ouvrier. Fontaine s'associe avec son ancien patron, Baron, et ensemble ils équipent de cette turbine un premier moulin à farine hydraulique. L'axe de la turbine est un arbre en acier portant deux contrepoids. La hauteur du coursier d'entrée est réglée par des engrenages à pas hélicoïdal. Fontaine estime le rendement de sa turbine à 75 % environ[4],[5] ; un rapport de l'Exposition universelle de 1900 estime, lui[6], le rendement à 70 %.