Dalle funéraire de l'évêque Pierre-Marie Puech visible dans le chœur de la cathédrale Saint-Michel.
Né en à Mazamet, une ville qui est alors un centre industriel de premier plan dans le Tarn, Pierre Marie Joseph Puech est ordonné prêtre à 24 ans, le , pour le diocèse d'Albi[1] par Pierre-Célestin Cézerac.
Nommé supérieur du petit séminaire de Castres, l'abbé Puech rallie Jean-Joseph Moussaron, nommé archevêque d'Albi le , dans son mouvement de protestation contre la déportation des juifs. Dès , il accueille et cache sous de faux noms cinq professeurs recherchés par diverses polices, dont un Bavarois et un Alsacien, déserteurs de la Wehrmacht, et deux jeunes hommes de 21 ans, réfractaires au STO[2]. Le cinquième, Marcel Bernfeld, est juif, et échappe ainsi à la déportation[3]. Selon le témoignage de ce dernier, l'abbé Puech aurait également accueilli avec chaleur d'autres professeurs et élèves juifs, leur témoignant à tous sa bienveillance et sa compréhension et respectant leur foi personnelle[3].
Puech est nommé évêque de Carcassonne par PieXII le , à l'âge de 46 ans. C'est comme tel qu'il participe aux quatre sessions du concile Vatican II, auquel il est invité par une lettre du . Réputé «conservateur», il se contente dans sa réponse de réclamer une «réforme radicale de la Curie romaine», montrant néanmoins des vues plus larges que ce que lui impose la seule gestion de son diocèse[4],[5],[6].
Dans les années , bien qu'ayant accepté largement les innovations du concile, il se montre néanmoins prudent et équilibré dans son application. Ainsi, il n'hésite pas à prendre position et à se montrer ferme à l'encontre d'une émission de Jean-François Delassus intitulée «Prêtre, pour quoi faire?» et diffusée le à la télévision. Y apercevant notamment des séminaristes de Lille critiques et même railleurs à l'encontre de l'Église et de sa doctrine[7], il affirme dans un éditorial publié au bulletin diocésain le suivant: «Je le dis tout net, à des candidats au sacerdoce qui leur ressembleraient, je refuserais d’imposer les mains»[8]. Cette protestation oblige Adrien Gand, évêque de Lille, à réagir le pour soutenir ses séminaristes et leur accorder sa confiance[8].
↑ Jean d'Atax, «Lettre de Toulouse. Son excellence Mgr. Puech 85éme évêque de Carcassonne», Le Courrier de la Cité & le cri de Castelnaudary & du Lauragais, , Une de l'hebdomadaire et p.4
↑ A.C, «L'Intronisation de son Exc. Mgr Puech», Le Courrier de la Cité & le cri de Castelnaudary & du Lauragais, , Une de l'hebdomadaire et p.2