Pierre-Marie d’Abzac
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Château de Limeyrat (Périgord, Royaume de France)
Versailles (Royaume de France)
| Nom de naissance | Pierre-Marie d’Abzac |
|---|---|
| Naissance |
Château de Limeyrat (Périgord, Royaume de France) |
| Décès |
(à 87 ans) Versailles (Royaume de France) |
| Nationalité | Française |
| Activité principale |
Écuyer du roi |

Pierre-Marie d’Abzac, vicomte d’Abzac (né le au château de Limeyrat ; mort le à Versailles), est un écuyer français de la Grande Écurie du roi, actif sous l'Ancien Régime puis sous la Restauration. Il occupe plusieurs charges au manège de Versailles et est cité par des historiens de l'équitation comme l’un des acteurs de la continuité de l’école versaillaise entre le XVIIIe et le début du XIXe siècle[1],[2].
Il est le frère aîné de Jean-François d’Abzac (1747–1831), écuyer du roi puis administrateur des haras, avec lequel il est parfois associé dans l’historiographie équestre sous l’expression des « frères d’Abzac »[3].
Origines
Pierre-Marie d’Abzac naît le au château familial de Limeyrat, en Périgord, au sein de la famille d'Abzac[1].
Formation à la Grande Écurie
Il est admis comme page de la Grande Écurie du roi à Versailles en 1756. Cette formation, réservée à la noblesse de service, comprend l’apprentissage du manège, des usages de cour et des principes de l’équitation savante[4]. D'abord destiné par sa famille à l'état militaire, il s'oriente finalement vers la carrière équestre, ses chefs lui ayant reconnu des aptitudes particulières pour le cheval. Il se distingue parmi les pages et obtient le rang de premier page, avant de renoncer à la carrière des armes au profit du manège[5].
Carrière équestre sous l’Ancien Régime
Le , Pierre-Marie d’Abzac est nommé écuyer cavalcadour de la Grande Écurie. Il exerce cette fonction jusqu’en juin 1770, date à laquelle il devient écuyer ordinaire de la Grande Écurie, charge qu’il occupe jusqu’en 1781[4],[6]. L'intensité de cette vie de manège altère prématurément sa santé et le conduit à demander sa retraite. Il se retire alors en 1782 au château de Limeyrac[5].
Les ouvrages consacrés à l’histoire de l’équitation française le situent parmi les écuyers attachés au manège de Versailles, héritiers de la tradition académique issue de François Robichon de La Guérinière[2].
Il donne des leçons d'équitation à Louis XVI et au comte d'Artois (le futur Charles X). Le , le roi lui accorde le brevet d'une pension de 20 000 livres sur le trésor royal, sans retenue, à titre de retraite, comme écuyer commandant du manège de la Grande Écurie[7].
Révolution française et émigration
Au début de la Révolution française, Pierre-Marie d’Abzac quitte la France. Des sources historiques du XIXe siècle indiquent qu’il appartient aux milieux de l’émigration monarchiste. Une mention éditée dans la correspondance générale d’Alexandre Dumas signale qu’il fut écuyer auprès du duc d’Enghien durant l’émigration, sans fournir davantage de détails sur ses activités militaires[8]. Après avoir quitté la France, il séjourne à Hambourg, où il donne des leçons d'équitation. Des propositions lui sont alors faites pour prendre la direction d'un manège, projet auquel il renonce dans l'espoir d'un retour en France. Il séjourne ensuite en Prusse et assiste souvent aux exercices du manège royal de Berlin[5]. Durant son séjour en Allemagne, il se voit offrir, selon Charles-Maurice de Vaux, la direction des haras par le roi de Prusse, offre qu'il refuse[9].
Il rentre en France après le décret d'amnistie de 1802 et se retire alors en Périgord, à Sarrazac, où il vit jusqu'en 1814[5].
Versailles après la Révolution
La présence des chevaux et des personnels équestres à Versailles ne s’interrompt pas avec le départ de la famille royale le . Malgré la dissolution de nombreuses institutions de l’Ancien Régime, la cavalerie est maintenue, comptant encore 114 chevaux en 1792[10].
Sous le Directoire, une École nationale d’équitation est créée à Versailles en 1796, avant d’être supprimée en 1810 au profit de l’École spéciale de cavalerie, transférée à Saumur. Après la chute de l’Empire, le manège de Versailles est rouvert en 1814 sous la direction des deux frères d’Abzac, anciens écuyers ayant servi sous Louis XV et Louis XVI[10].
Le comte d’Aure, ancien élève du manège de Versailles, évoque dans son Cours d’équitation l’enseignement reçu auprès des frères d’Abzac, qu’il présente comme les dépositaires d’une tradition issue de l’École de Versailles après la Révolution[11].
Restauration et fin de carrière
Les Bourbons, à leur retour en France, replacent le vicomte d’Abzac à la tête de l’équitation. Selon Charles-Maurice de Vaux, son enseignement bénéficie alors de l'expérience acquise pendant l'émigration, au contact notamment de l'équitation allemande[9]. Il est rappelé par Louis XVIII au commandement du manège de Versailles après la première Restauration[5]. Malgré son âge et ses infirmités, il continue d'assister aux exercices du manège, où il intervient par ses conseils, ses encouragements et ses remarques[5]. Son enseignement repose sur une méthode personnelle, difficile à formaliser dans un traité écrit[5]. Les éditions successives de l’Almanach royal le mentionnent comme « vicomte d'Abzac, écuyer en chef du Manège », fonction qu’il conserve jusqu’à sa mort en 1827[12].
Les historiens de l’équitation du XIXe siècle soulignent que, sous son autorité, le manège de Versailles demeure l’un des derniers foyers de l’équitation académique classique, avant le développement d’une équitation plus militaire et sportive au cours du XIXe siècle[3].
Dans une analyse contemporaine, André Monteilhet confirme que les frères d’Abzac n’ont laissé aucun traité théorique, leur enseignement relevant essentiellement de la transmission orale au sein du manège[13].
Mort
Pierre-Marie d’Abzac meurt à Versailles le . Il commande encore le manège la veille de sa mort. Selon les recueils nobiliaires, il décède en charge et ne laisse pas de descendance directe[5],[1].