Pierre Amrouche

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Pierre Amrouche (né le à Paris) est un écrivain, photographe et expert français, spécialiste en art africain, art primitif et art populaire[1].

Enfance et jeunesse

Pierre Amrouche, expert international en art d’Afrique, d’Océanie et d’Amérique du Nord, photographe et écrivain, est né à Paris le . Fils de Jean Amrouche, poète kabyle, critique littéraire, essayiste et journaliste, et de Suzanne Maria Virginie Molbert, professeur agrégé de lettres classiques, issue d’une vieille famille française d’Algérie.

Fortement marqué par la dualité culturelle de son père, et voulant garder la marque de sa filiation, il conserve aujourd’hui deux nationalités, française et algérienne[2].

Dans son enfance, un récit ethnologique de Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, et un livre photographique de Dominique Darbois, Parana, le petit indien, exerceront sur lui la même fascination que ces objets trouvés au hasard de ses déplacements. Son père, qui reçut les ouvrages dédicacés des auteurs, lui en fit cadeau, scellant définitivement un destin de voyageur et de découvreur.

Ses études secondaires le mènent de Paris à l’Afrique sub-saharienne (Bangui), en passant par le Moyen-Orient (Beyrouth), définissant, dès son adolescence, son goût et son intérêt pour le voyage, pour le continent africain et pour les objets.

« Mon grand-père maternel fut en Algérie mon initiateur, ingénieur en chef de la ville d’Alger, il avait pour violon d’Ingres l’archéologie et la préhistoire et dès que j’ai pu l’accompagner il m’a entraîné à sa suite sur ses chantiers à la recherche de vestiges archéologiques, romains en particulier, qui sortaient de terre à chaque coup de pioche ; nous allions aussi dans le lit des oueds après les pluies d’hiver à la quête des pierres taillées affleurant des rives, pointes de flèches ou coups de poing. Il y avait du magique et du rêve dans ces pérégrinations, elles ont laissé une empreinte profonde sur les premières années de ma vie. »

 In Area revue, n°8, hiver 2004, Scènes primitives

« En 1965 je suis parti vivre en Centre Afrique, là j’ai commencé à chercher des objets sur le terrain, pendant un an j’ai sillonné les pistes du pays, le sud du Tchad et le nord Cameroun. Ensuite j’ai passé une année au Moyen-Orient où mon penchant pour l’archéologie m’a repris, les souks de Beyrouth et de Damas n’avaient pas de secret pour moi. Ce goût de la collection m’a accompagné tout au long de mon enfance et de mon adolescence. »

 In Area revue, n°8, hiver 2004, Scènes primitives

De même, sa famille tunisienne habitant Carthage, lui envoyait de petits objets archéologiques.

Après son baccalauréat, il opte pour des études d’histoire de l’art, se spécialisant dans l’épigraphie égyptienne. Ultérieurement, il décide de s’inscrire à l’Institut des langues orientales pour apprendre la langue de toute la lignée paternelle, le berbère de Kabylie.

« Mon père a aussi sa part dans ma vocation, il avait gardé de son enfance tunisienne le goût oriental pour le souk et ses marchandages, un de ses plaisirs était d’aller chiner au marché aux puces de Saint-Ouen et de m’y emmener, là j’ai découvert le monde des antiquaires et des collectionneurs… »

 In Area revue, n°8, hiver 2004, Scènes primitives

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L'expert

C’est en 1970 qu’il s’installe à Paris comme « brocanteur ambulant », selon sa patente. À partir de 1975, il devient antiquaire spécialisé, privilégiant la vente d’objets d'art primitif et de curiosités, fidèle à l’esprit des antres parisiennes du début du siècle telle l’enseigne « Au Vieux Rouet », où les collectionneurs de l’avant-garde et les peintres se rendaient pour dénicher et acheter l’objet rare.

Trouver de tels objets nécessitant un vaste terrain de recherches et d’études, Pierre Amrouche arpente sur plusieurs décennies la RCA et Tchad, Cameroun, Gabon, Congo, Zaïre, Sénégal, Mali, Burkina-Faso, R.C.I., Ghana, Togo, Bénin, Nigeria, Moyen-Orient, Polynésie, Inde.

Connaissances approfondies des Arts Premiers et conseils avisés lui donnent accès au statut d’expert en 1981 (Compagnie Nationale des experts), puis expert de la Compagnie des Commissaires-priseurs de Paris. Sa rencontre avec le commissaire-priseur Guy Loudmer sera décisive, il en sera l’expert de 1984 à 1997. Également expert consultant du C.I.C.I.B.A de Libreville (1984), expert près la Cour d'appel de Lomé (1998), expert consultant de Christie's Londres International (2002-2003 ; 2010-2019)[3].

À ce titre, Pierre Amrouche est l’auteur de nombreux catalogues des plus prestigieuses ventes publiques de collections d’art lointains (cf. bibliographie), contribuant ainsi à faire de Paris la première place mondiale pour le marché des ventes publiques d’art africain et océanien.

Parallèlement à cette spécialité, il affirme avec autant de pertinence sa maîtrise de la connaissance et de l’expertise des arts populaires, de la franc-maçonnerie[4] et du compagnonnage, devenant aussi spécialiste dans ces deux domaines (1981 et 1985) et menant, à intervalle régulier, entre 1981 et 1997, de belles ventes dans ces domaines spécifiques, telle la vente de la collection Baylot en 1984. Dans ces mêmes années, il est aussi expert du Musée de la Grande Loge de France.

Le poète

À l’image de son père, Pierre Amrouche se vit « citoyen du monde ». Il se nourrit de ses voyages, de ses rencontres, de ses lectures et se porte, dès 1966, vers la création littéraire, et plus particulièrement la poésie qui lui permet de brider par une ascèse d’écriture la violence d’une sensualité très intériorisée.

L’Afrique de l’Ouest - et plus particulièrement le Togo, le Bénin - constitue une source continuelle d’inspiration.

Le photographe

Autre expression de la forme poétique, la photographie, à laquelle Pierre Amrouche, formé par sa mère, s’attache très tôt, ayant perçu l’adéquation entre cet outil d’expression et le foisonnement de sa propre intériorité.

La photographie vient alors compléter l’expression poétique par une dimension visuelle, s’imposant comme aussi nécessaire que nourricière.

Un bon nombre de publications, citées dans la bibliographie, nous donne à voir le travail du photographe Amrouche, « minimaliste, sobre et efficace d’un grand pouvoir d’évocation…une ascèse qui n’a rien de forcé, ne doit rien à des manipulations techniques mais tout à l’œil, à la rapidité de la saisie… » (Michel Bohbot dans Pierre Amrouche, Le Jour d’avant, Bruxelles, 2013).

Aujourd’hui, Pierre Amrouche continue à dispenser son expertise dans les domaines qui sont les siens et travaille sans relâche à la création de nouveaux textes et de nouvelles photographies, consubstantiels à sa nature complexe et riche d’humanité.

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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